‹ Discours et plaidoyers politiques de M. Gambetta (volume 3)Chapitre 91 sur 93 · AU CIMETIÈRE DU PÈRE LA CHAISE · texte numérisé non relu

AU CIMETIÈRE DU PÈRE LA CHAISE

(obsèques de dorian) *

Que dire, Messieurs, quelles paroles rencontrer qui soient clignes d'une telle mort, d'une telle cause et d'un tel lieu? Aussi, permettez-moi cet aveu, si je m'approche de ce caveau qui va enfermer les derniers restes du grand citoyen, de l'ami fidèle, du patriote inébranlable que vous avez tous connu, tous aimé et que vous n'oublierez jamais, c'est pour céder à une prière dont je me sens d'ailleurs absolument incapable de réaliser les espérances.

Oui, Messieurs, que pourrai-je vous dire, après tout, sur la tombe de cet homme que vous avez tous vu aux prises avec les plus affreuses et les plus effroyables difficultés, que vous avez appris à connaître, pendant le siège, dans cette noble ville attaquée, au moment où tant de cœurs battaient à l'unisson du sien, et où c'était encore le sien qui réglait les battements des vôtres, car lui seul peutêtre était à la hauteur de toutes les difficultés. Si bien, Messieurs, que l'on peut affirmer que, si grande qu'ait été la tâche, l'homme s'est montré supérieur à elle.

1. Pierre Dorian, né le 24 février 1814, mort le 14 avril 1873 ingénieur des mines, maître de forces à Unieux, député au Corps législatif pour la 2e circonscription de la Loire (1863 et 1869), ministre des travaux publics le 4 septembre 1870, représentant des départements de la Loire et de la Seine à l'Assemblée nationale. — C'est par suite d'une erreur que le discours prononcé par M. G-ambetta aux obsèques de Dorian n'a pas été publié à sa véritable place, au tome III des Discours et Plaidoijers politiques.

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