‹ Discours et plaidoyers politiques de M. Gambetta; (volume 4)Chapitre 40 sur 50 · BONET · texte numérisé non relu

BONET

entendu par la Commission.

Béridot,

entendu par la

Commission.

Causan,

Commission.

Lavant-veille du 17 février, l'agent Pépin , de Cavaillon, vint au Thor avec un Monsieur à barbe noire, et, dès le soir de leur visite, le bruit courait qu'on empêcherait la réunion de Cavaillon.

Un Monsieur vint nous dire, avant la fin du dîner : « Dépêchez-vous; la réunion va avoir lieu; nous passerons prendre un verre au cercle et puis nous irons devant la réunion. »

Avant l'arrivée de M. Gambetta, M. le commissaire est venu me dire de faire mon possible pour éviter la réunion qui devait avoir lieu ; qu'il craignait que la maison ne fût envahie.

Après l'arrivée de M. Gambetta, il est revenu et m'a dit de prier M. Gambetta de ne pas faire de réunion, que sa vie en dépendait...

... Une troisième fois, M. le commissaire est revenu, il m'a dit : « Par humanité, dites à M. Gambetta de ne pas tenir de réunion. »

A ce moment, c'est-à-dire au moment où la réunion allait avoir lieu, la foule hostile s'est portée au-devant de la porte pour envahir la réunion.

AFFIRMATIVE

NOMS

DUS TÉMOINS

PEFOSITIONS.

RoUSSET,

entendu par la Commission.

Bon,

entendu par la

Commission.

Carbonnel,

entendu par la

Commission.

TOUREL,

entendu par la Commission.

Dans l'après-midi le commis.saire est venu dire à Béridot d'empêcher la réunion. A six heures moins quelques minutes il revint pour insister auprès de mon beau-frère afin que la réunion n'eut pas lieu.

Dans la soirée, j'ai vu les mêmes gens essayer de pénétrer de force dans la maison où se tenait la réunion.

Je n'ai pas assisté au banquet ni à la réunion, quoique j'eusse ma carte, à cause des troubles qui nous en fermèrent l'accès.

Le soir les siffleurs , non munis de cartes pour entrer à la réunion, essayaient de pénétrer de force dans le local; ils avaient écarté violemment les invités et ils se trouvaient seuls devant la porte qu'ils ébranlaient de toutes leurs forces. On a été obligé alors de renoncer à la réimion et ceux des invités qui étaient entrés ont du se retirer.

M. le commissaire de police monta dans la salle du banquet. Il s'adressa à M. Gambetta, en lui disant qu'au nom de l'humanité il le priait de ne pas donner suite à sa réunion, sans quoi il arriverait de grands malheurs.

.... M. le Maire entra dans la salle ; il s'adressa à M. Gambetta, gardant son chapeau sur sa tète, et lui demanda, lui aussi, de dissoudre la réunion. L'un comme l'autre dirent à M. Gambetta : « Nous ne répondons pas de l'ordre si la réunion a lieu. »

EMEUTK DE C.WAILLON.

AFFIRMATIVE

NOMS

DEPOSITIONS

AciIAKD,

entendu i)ar la Commission.

GOUBERT, D. C.

entendu par la Commission.

Mkvnard,

entendu \)av la

Commission.

MoNTET,

entendu par la Commission.

Tallet,

entendu par la

Commission.

Capeal',

Commission.

u Oui! Monsieur, s'écria le commissaire, c'est au nom de l'humanité et pour éviter de grands malheurs, que je vous demande de renoncer à votre réunion. »

J'avais une lettre personnelle pour la réunion, mais je n'ai pas pu entrer... J'en ai été empécht! j)ar une bande de perturbateurs.

Le commissaire entra. Il dit à M. Gambetta de ne pas tenir de réunion. M. Gambetta demanda s'il y avait quelque irrégularité ou illégalité commise. Le commissaire répondit : " Non, mais vous entendez ce bruit. Au nom de l'humanité, je vous prie de ne pas tenir la

réunion. » Un instant après le commissaire

revint et pressa encore M. Gambetta de dissoudre la réunion disant : « Je ne puis plus tenir ces gens-là. »

Après le souper, sur les huit heures, j'ai vu passer, à côté, M. le commissaire qui disait : ic II n'y aura pas de réunion ce soir. »

J'ai lu, dans le rapport de M. Claude, que M. le Maire de (Javaillon prétendait n'être pas maître delà situation, et ce|)eiidant je l'ai vu sortant de rh6tel,se plaçant (levant la foule des sit'Heurs, leur dire que la réunion n'aurait pas lieu. Il l'utapplaudi et le calme se rétablit subitement.

Le 17, j'étais au banquet, et invité à la réunion, je n'ai pu y pénétrer, je suis rentré chez moi.

17 FKVKIKK 1870.

AFFIRMATIVE

NOMS

DKS TKMOINS.

DEPOSITIONS

Michel,

entendu par la

Commission.

DE BONADONA,

maire de Cavaillou.

J'avais une lettre personnelle pour entrer à la réunion, mais je me suis retiré devant l'attitude hostile de la foule.

Je venais d'être joint par M. le commissaire de i)olice, qui m'avait informé que, sur les observations qu'il avait cru devoir présenter à M. Gambetta, la réunion n'aurait pas lieu.

M. Gambetta avait compris, me disait M. le commissaire, qu'en présence de cette manifestation et des désordres graves qui pourraient en résulter, il ne fallait pas assumer la responsalnlité des événements.

J'attendais l'exécution de cette mesure prudente, mais elle n'arrivait pas. Au moment où les pierres furent lancées et provoquèrent cette agitation extrême, je pensai que je n'avais plus une minute à perdre, et je me décidai à intervenir.

.... Chemin faisant, M. Gambetta me dit : » M. le Maire, puisque vous avez une telle influence sur cette foule , comment n'avez-vous pas protégé plus efficacement ma réunion ? »

Je lui répondis ; « Monsieur, permettezmoi de vous faire observer que vous êtes venu vous poser ici en candidat de l'intimidation; et vous comprendrez toute la difficulté que j'éprouve à empêcher ces gens-là de vous prouver qu'ils n'ont pas peur. »

M. Gambetta monta sur la tribune.

Il dit » qu'en présence de cette manifestation dont les échos venaient troubler la séance, sur les observations qui lui avaient été pré-

KMEUTK I)K CAVAII.I.ON.

AFFIRMATIVE

NOMS

DKS TÉMOINS.

DEPOSITIONS

Robert, maréchal-des-

logis de

jifendarmerie,

entendu par la

Commission.

VlAU,

comissaire de

police,

entendu par la

Commission.

sentées, par le commissaire de police d'ahord, par l'honorable maire de la cité ensuite, il avait cru devoir renoncer à prendre la parole. . . »

.... J'arrivai sur lajdace de la Couronne, j'adressai à la foule quelques paroles d'apaisement et de conciliation , disant que la réunion, qui me semblait être la seule cause du tumulte, allait être dissoute, et que j'avais pris l'engagement formel de faire respecter les personnes durant l'évacuation.

Ces paroles furent couvertes d'applaudissements qui me rassurèrent complètement.

Quand la réunion a été dissoute, la foule s'est écoulée d'elle-même, lentement.

Sur la demande de M. le Président :

M. LE MAUÉCHAL-DES-LOGIS. — La foulc s'cst

écoulée d'elle-même quand la réunion a été dissoute, comme si elle avait trouvé une sorte de satisfaction dans cette dissolution; je le crois, du moins.

M. LE PRÉSIDENT. — Si la réunion n'avait pas été dissoute, que pensez-vous qu'il aurait pu se passer?

M. LE MARÉCHAL-DES-LOGis. — Je peiisequ'ily aurait eu rixe,conflit,et que nous aurions pu être forcés d'employer la force des armes; la foule était surexcitée à un point extraordinaire.

Je priai M. Gambetta de réfléchir à la responsabilité qu'il assumait. M. Gambetta me répondit que, devant une pareille éventualité, il consentait à dissoudre sa 7'éunion. Je sortis alors immédiatement afin d'annoncer à M. le maire cette nouvelle, qui était seule de nature à rétablir l'ordre.

AFFIRMATIVE

NOMS

DES TKMOINfS.

DEPOSITIONS

i)K Bannikrks

DE Salles,

entendu par la

(!oiiimission.

Sarnette,

entenilu par la

Commission.

Je me suis retiré quand M. le Maire de Cavaillon a dit que la réunion allait se dissoudre; il n'y avait plus rien à entendre, plus rien à voir; je m'en suis allé tranquillement.

Le lendemain (du 17), à Eyguières, j'étais chez M. Monier, et là, M. Seguin, parent d'un légitimiste de Cavaillon, dit devant M. Monier, qui est conseiller général, qu'on avait décidé d'empêcher la réunion, par tous les moyens.

Violences commises par les perturbateurs de Cavaillon.

AFFIRMATIVE

NOMS

UES TKMOINS.

DEI'OSITION.S.

Edmond Adam sénateur.

Un dîner avait été préparé. Ceux de nos amis qui, pour y venir, s'étaient risqués à traverser la place, avaient été coudoyés, injuriés, bousculés. Heureusement, aucun d'eux n'avait perdu patience. Mais les récits qu'ils nous firent de ce qu'on voyait et de ce qu'on entendait, n'étaient pas rassurants

Mais à leur retour, après avoir hu, on pouvait de ces gens-là tout craindre. C'est ce que me dirent mes voisins, hommes du pays, très honorables, très courageux comme j'ai pu le voir , qui ne pensaient qu'à une chose, à leur responsabilité, aux vifs reproches qui leur seraient adressés pour avoir amené Gambetta dans un semblable guet-apens. Ils me parlaient sans cesse du maréchal Brune ; ils m'en avaient parlé dei)uis le commencement. Le souvenir était peut-être un peu gros ; mais enfin Gambetta était là , présent, on l'avait pi-esque dans la main, et cela pouvait tenter les gens de sac et de corde ameutés contre nous. Bref, je finis par concevoir quelque inquiétude

.... Nous étions encore à table, lorsque les manifestants revinrent. Ils étaient fort animés, comme on l'avait prévu, et le tapage

17 l'KVniKR 187(;

AFFIRMATIVE

NOMS

DKPOSITIONS.

redoubla. Des pierres furent lancées contre nos fenêtres, dont les persiennes avaient été fermées; les portes de l'hôtel furent violemment éljranlées, et les cris s'accentuèrent. Les choses prenaient un aspect vraiment tragique et un assaut semblait imminent, quand, tout à coup, entra dans notre salle un homme effaré. C'était le commissaire de police de Cavaillon.

Il nous conjura, au nom de l'humanité, de nous séparer et de ne pas tenir la réunion projetée. « Au nom de l'humanité, » disait-il toujours

. . . Une heure environ après avoir dissous la réunion, nous montions dans une voiture découverte... Nous entendîmes bientôt courir et vociférer derrière nous. Au bout de la ville, nous fûmes accueillis par une grêle de pierres , et plusieurs jeunes gens qui nous attendaient essayèrent d'envahir notre voiture. Je fus obligé de les menacer de ma canne

. . . Au moment oii notre voiture a failli être envahie, j'ai entendu derrière nous le fameux zou!... zou'.... avignonnais. C'est au cri de zou!... zou!... que le maréchal Brune a été assassiné. Ce doit être la reproduction du mot français : sui^! sus!

M. LE PRÉSIDENT. — Quelle est l'impression que vous ont laissée ces événements?

M. Edmond Adam. — Tout d'abord la manifestation dont nous avons été l'objet m'a plutôt amusé qu'ému. J'ai refusé longtemps de partager les alarmes de nos amis de la localité. Dans le Nord , des manifestations de ce genre ne tournent pas d'ordinaire au tra-

ÉMEUTE DE CAVAILLON

AFFIRMATIVE

NOMS

DES TÉMOINS

DKrOSITK^NS.

BÉRIDOT,

entendu j)ar la Commission.

Sarnette,

ententlu par la

Commission.

Raveau,

entendu par la

gique. Cependant, en voyant des hommes que je savais très braves insister à ce point sur le danger auquel la vie de Gamhetta était exposée, j'ai fini par m'émouvoir à mon tour. J'ai craint une catastrophe. Quant à un dessein réfléchi, délibéré, arrêté, de tuer Gambetta, je n'y crois pas, je ne veux pas y croire. Mais la vérité est que, prémédité ou non, grâce au personnel qu'on avait choisi et chauffé à blanc, un assassinat a été sur le point d'être commis.

Le commissaire de police m'a dit de prier Gambetta de ne pas faire de réunion, que sa vie en dépendait; qu'il était venu des individus d'Avignon et que, lorsqu'ils auraient bti, il ne pourrait répondre de rien.

... M. le maire est arrivé au moment oii j'étais occupé à fermer les croisées contre lesquelles on lançait des pierres. M. le maire me dit : « On lance des pierres de dessus la toiture. » Je lui répondis que ce n'était pas possible... J'ajoutai : <i D'ailleurs, ma fille vient d'être blessée. »

... J'ai dit moi-même à M. le maire que, à cause de la foule et des dangers qu'il y avait, je ne voulais pas ouvrir.

J'ai aidé à étanconner les portes de l'hùtel avec des poutres de dix mètres de long et quarante centimètres de coté. C'était nécessaire pour qut' les portes ne fussent pas enfoncées.

J'ai entendu le bruit de vitres cassées par des pierres lancées contre l'hôtel.

La foule cherchait à enfoncer la porte de la remise où étaient les invités de la réunion privée.

AFFIRMATIVE

NOMS

DES TÉMOINS

DEPOSITIONS

A ce moment, c'est-à-dire au moment où la Calsan, réunion devait avoir lieu, la foule hostile s'est entendu par la portée au-devant de la porte pour envahir la Commission, réunion. J'ai vu dans cette foule un individu qui brandissait un revolver et qui disait : « Descends, Gambetta, ton affaire sera bientôt faite. »

6 Le soir, on sifflait, on huait, la foule criait RoussET, des injures : «■ Voleur, Prussien! c'est dans

entendu par la cette casserole que nous ferons cuire ton foie. » Commission. ••• M. le maire entra, il dit : « On a lancé des pierres de dessus la toiture. » Mon beaufrère lui a répondu que c'était impossible et que sa fille avait été blessée.

7 ... Ils ébranlaient la porte avec violence ; Bon, comme j'étais invité à la réunion, j'ai pu y

entendu parla entrer; et j'ai vu ainsi le spectacle de leur Commission, violence du dedans comme du dehors. Si la porte n'avait pas été arc-boutée par derrière, elle aurait certainement cédée sous les poussées qu'on lui imprimait.

8 Les siffleurs essayaient de pénétrer de Carbonnel, force; ils avaient écarté violemment les invi-

entendu par la i tés et ils se trouvaient seuls devant la porte Commission, qu'ils ébranlaient de toutes leurs forces.

9 1 En revenant de souper, nous assistâmes à GriBERT, l'assaut de l'hôtel Béridot par les émeutiers.

avoué, juge | Nous entendîmes tomber la pierre qui brisa suppléant. , la fenêtre et vint blesser la fille de l'hôtelier.

40 A notre retour devant l'hôtel Béridot..., les

Terrasse, gens venus d'Avignon criaient, vociféraient et

avoué, frappaient les portes à coups de canne et de

entendu par la bâton ; on jetait des pierres contre la maison.

Commission. Comme nous arrivions, les vitres d'une

EMEUTE DE CAVAILLON

AFFIRMATIVE

NOMS

DES TÉMOINS

Jacquet,

uvoué,

entendu par la

Commission.

BÉRARl),

ancien gendarme, entendu par la Commission.

DEPOSITIONS

fenêtre volèrent en éclats et la traverse en bois fut brisée par une pierre. On nous dit, quelque temps après, que la fille de M. Béridot avait été blessée à la main.

... On se précipitait contre les portes qu'on cherchait à enfoncer. Heureu.sement , elles avaient été fortement étaneonnées en dedans, car, si elles avaient été enfoncées, si rhùtel eût été envahi , de grands malheurs seraient certainement arrivés... car les perturbateurs étaient exaltés au plus haut degré.

Après le diner, revenus devant Thùtel Béridot, nous assistâmes à une scène extraordinairement violente. Des cris, des sifflets, des vociférations de tout genre, des coups violents frappés aux portes de l'hôtel, des i)ierres lancées contre les fenêtres. Une pierre brisa une vitre et le croisillon. J'ai appris plus tard que M"" Béridot avait été blessée au bras pj'.r cette pierre.

Une poussée violente était exercée contre la porte de la remise ; ou voyait cette porte subir des oscillations marquées ; on cherchait à l'enfoncer, et, si on y était parvenu, qui jteut dire ce qui serait arrivé?

Le soir, les cris et le bruit ont été violents; et c'est pour cela que j'ai dit à Farnaud : « 11 s'est passé des choses ignobles. »

On criait : « Assassin ! à Cayenne ! Loii farein péta (Nous le ferons crever). Aouren soun ft't/é (Nous aurons son foie). »

Vers 8 ou 9 heures, j'étais près de la croisée ; on jeta des pierres contre l'hôtel.

Dix minutes après, la foule assaillait la porte et la frappait de façon à la faire tomber.

17 EEVRIER 1876.

AFFIRMATIVE

NOMS

DES TKMOtNS.

DEPOSITIONS

TOUREL,

entendu par la Commission,

Mavrel,

entendu par la

Commission.

Si les amis de M. Gambetta avaient été aussi excités que les autres, il en serait l'ésiilté quelque chose de bien mauvais.

De l'intérieur, on fut oblij,'é, pour empêcher que la porte ne cédiit, de rétancouner avec des poutres.

Les assistants sortirent au milieu d'une

haie formée par la foule. Plusieurs personnes reçurent des coups et d'autres des crachats.

Au moment où dél^oucha la voiture qui

emportait M. Gambetta, je vis Tatrent de police Pépin et le garde-champétre Lafond, ramasser des pierres et les jeter sur la voiture ; ils étaient suivis, dans leur course vers la voiture, par plusieurs autres personnes que je n'ai pas connues.

Je retournai à l'hôtel oii étaient restées les mallesdeMM. Gambetta et Adam, que je chargeai sur ma voiture. Pendant cette opération, je fus entouré par une trentaine de ces vauriens venus d'Avignon, que je connais de vue sans pouvoir les nommer, ils échangèrent les propos suivants : « Voilà une malle bien lourde ; elle contient sans doute les millions que ce scélérat nous a volés. C'est à l'abattoir qu'il faillirait le conduire. Il l'a échappé belle, et, si nous l'avons manqué ici, nous le retrouverons ailleurs. »

•T'ai vu le tumulte du soir; j'ai été insulté par Laurent qui me provoquait. On voulait nous faire sortir des gonds.

EMEUTE DE CAVAILLON

AFFIRMATIVE

NOMS

DÉPOSITIONS

Bkrnier,

«ntendu par la

Commission.

GOIUERT,

entendu par la Commission.

Valentin,

entendu par la

Commission.

Meyxard,

entendu par la

Commission.

Creisson,

Commission.

J'étais invité par lettre personnelle à la

réunion, je suis entré Je fis fermer les

portes et mettre deux pièces de bois pour les garantir... Je suis resté à la porte pour empêcher qu'on ne renfonçât... A la sortie, nous fûmes hués, je reçus des crachats.

Je disais plus haut que je n"ai pu entrer dans la réunion. J'en ai été empêché j)ar une l)ande de perturbateurs qui venaient de souper et nous ont injuriés violemment. J'ai cru prudent, devant leur attitude et leurs menaces, de me retirer. Ce n'était que ceux-ci qui criaient et qui faisaient du bruit. Ceux qui avaient des cartes étaient calmes. Un d'eux, bien mis, nous a conviés au calme. Les perturbateurs du cercle catholique ont alors crié : n Enlevezle, ce grand fainéant ! »

Quand nous sommes sortis de la réunion, on nous insultait ; et un jeune homme de Cavaillon me cracha à la figure. Je me contins, car M. Gambetta nous avait donne pour mot d'ordre de ne pas répondre aux provocations.

Les portes de l'hôtel étaient vivement

attaquées; on les barricada On frappait

sur les portes de l'hôtel, et, à entendre les coups, il semblait qu'on frappât avec des poutres.

Vers le moment du plus fort tumulte, la porte menaçait d'être enfoncée. On donnait des coups terribles dans la porte. Je dis à mon beau-père. « Je devrais sortir pour parler à ces gens-là. »

AFFIRMATIVE

NOMS

DES TÉMOINS

DEPOSITIONS

Page 1