‹ Discours et plaidoyers politiques de M. Gambetta; (volume 4)Chapitre 42 sur 50 · ROUSSET · texte numérisé non relu

ROUSSET

(Etienne),

ne faisaient rien pour arrêter le tumulte ni pour empêcher d'entrer dans riiùtel.

M. le maire de Bonadona était eu tète des siftleurs. Il avait une ci<.'arette d'uue main, et il la remi)laeait souvent par un sifflet qu'il portait à sa l)ou(die.

M. LE PRÉSIDENT. — La déelaratiou que vous faites est grave ; réfléchissez et recueillez vos souvenirs. Ktes-vous sûr d'avoir vu M. le maire siffler?

Le témoin. — Je comprends parfaitement la gravité de ma déposition, mais j'ai prêté le serment de dire la vérité, et je ne dirai que la vérité. Je suis très sûr d'avoir vu M. le maire siffler, j'ai vu aussi M. le commissaire Viau, M. Donat, adjoint, et M. Ravel, docteur en médecine, suppléant du juge de i)aix et conseiller municipal , siffler également. Je citerai encore M. de Crousuilhon, qui avait un sifflet. Je cite enfin MM. Granon père et fils, M. Bérard, lieutenant de la compagnie des pompiers, qui est un île ceux qui ont pris le l)lus de part à la manifestation.

On a fait une ovation à M. de Bonadona et à M. de Bannières qui l'ai-compagnait.

M. le maire entra, il dit : <i On a lancé des pierres de dessus la toiture. » Mon beau-frère (Béridotj lui a répondu que c'était impossible entendu par la et que sa fille avait été blessée Commission

J'étais à 6 heures sur la place de la Cou- Chevlan, ronne, j'entendis l'agent Pépin dire : « Nous entendu par la ! avons manqué notre coup, allez vite le cher- Commission. [ cher. »

17 FEVRIER 187li.

AFFIRMATIVE

NOMS

Di;s TEMOINS.

DEPOSITIONS

JoiJFFRET,

entendu par la Commission.

BÉRARU,

gendarme,

ToURKL,

entendu par la Commission.

J'ai vu M. Donat, adjoint, dire aux siftleurs : » Vous ne faites pas assez de l)ruit. » J'étais tout près, c'était près des Platanes.

Le brigadier de Cavaiiloa, Robert, nous a dit : « Sans doute, on sifflera, on criera, vous ne ferez rien. S'il y avait des coups portés, vous ari'éteriez ceux qui auront frappé. »

La foule assaillait la porte et la frappait de façon à la faire tomber. Je saisis un de ceux qui frappaient et je lui dis : <> Que faites- vous là? retirez-vous. » Alor.s le raaréchal-des-logis me tira ])ar derrière et me dit : « Laissez faire ! » Alors je m'écartai.

... M. le maire me dit : " Arrêtez ces deux hommes. » J'arrêtai les nommés Place et Fabre, lun me dit: « J"ai crié: Vive la République ! ')

Je dois ajouter que, sur la demande de mes chefs, j'ai nié avoir dit que Robert m'avait empêché d'arrêter un perturbateur. J'étais très embarrassé devant mon capitaine. On m'a fait signer une déclaration constatant ma dénégation. J'ai voulu la retirer le lendemain, mais je n'ai pas trouvé le capitaine.

Au moment où déboucha la voiture qui emportait M. Gambetta, je vis l'agent de police Pépin et le garde champêtre Lafond ramasser des pierres et les jeter sur la voiture.

13 Je m'approchai du groupe et je regardai

Maurel, [bien. Je vis que, toutes les trois ou quatre

entendu par la minutes, M. le maire, en se retournant ou en

Commission, se baissant, donnait un coup de sifflet. Ces

EMEUTE DE CAVAILLON

AFFIRMATIVE

NOMS

DES TÉMOINS

DEPOSITIONS

Bernier,

entendu par la

Commission.

GOUBERT D. C,

entendu par la Commission.

Valentin,

messieurs avaient des sifflets en hois. J"ai vu à M. Ravel un sifflet en argent.

J'ai vu plusieurs fois un monsieur, que j'ai reconnu plus tard être M. de Bannières, venir parler à M. le maire.

Au fort du tumulte, le nommé Etienne Sabatiers'avanca près du maire.lui parla à l'oreille...

M. le maire vint tout près de moi, il y avait le commissaire et un agent. liC maire roulait sa cigarette, il paraissait satisfait. Il y avait aussi le maire du Thor.

J"ai vu siffler M. le maire.

M. le président. — Etes -vous bien sur d'avoir vu siffler M. le maire?

GouBERT. — Oui, Monsieur, j'ai vu positivement M. le maire siffler. Il tenait un sifflet à la main droite , et de la main gauche il faisait des gestes comme un chef d'orchestre pour donner le signal. Je l'ai entendu aussi huer M. Gambetta.

En même temps que j'ai vu M. le maire, j'ai vu M. Donat, adjoint, sitfler... M. le commissaire de police , son fils et l'agent Pépin avaient chacun un sifflet, et ils s'en servaient. Les gendarmes riaient comme des bossus.

Au déj)art de M. Gambetta, j'ai vu un agent de police, Pépin, aller au cercle catholique et je l'ai entendu dire : « Descendez, il va partir. » Des pierres ont été lancées contre la voiture.

J'ai vu M. le maire du Thor, Chauvin, sur la porte du café Bertrand, qui disait aux siffleurs : << Voilà les fameux du Thor qui passent. X Et les sifflets ont recommencé plus fort.

AFFIRMATIVE

NOMS

DES TÉMOINS

DÉPOSITIONS

Meynard,

entendu par la

Commis.sion.

Creisson.

entendu par la

Commission.

Montes,

entendu par la

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