DUCREST
entendu par la Commission.
Clavel,
entendu par la
Commission.
J"ai la conviction que si l'administration de (lavaillon n'avait pas été sympathique à l'émeute, aucun désordre n'aurait pu se produire ; c'est à peine si les émeutiers étaient au nombre de loO ou 200 personnes.
J'ai assisté aux scènes de Cavaillon. Je crois avoir remarqué M. de Bonadona excitant les perturl)ateurs.
Un M. Piron, qui était plus tard avec moi, disait : « Ce qui me fait le plus de peine, c'est de voir le maire à In tête de tous ces voyous. »
J'étais à Cavaillon, à la sortie de laréimion ; je fus bousculé et injurié par l'agent de police Pépin, qui me provoquait et me huait.
Le 17 février, au passage du train de deux heures, M. Lamy (adjoint au maire du Thor) demanda à Crest, le lutteur, qui était dans le train : « Comment cela va-t-il? » Crest répondit : « Tout va bien; les omnibus sont partis; l'organisation est complète. » M. Lamy lui serra les mains et lui dit : << Bonne chance et bonne soirée ! »
J'étais à Cavaillon le 17. J'ai vu dans les groupes de siffleurs M. le maire Chauvin, MM. Oranger et Roubaud.
J'assistai à la réunion. A la sortie, les siffleurs passaient la tête entre les gendarmes e t nous sifflaient, ils appuyaient leurs sifflets sur les épaules des gendarmes, qui riaient.
17 p"f:VRIER 1HT6.
AFFIRMATIVE
NOMS
DEPOSITIONS
38 , Les gendarmes étaient impassibles aumilieu Terrasse, de ce tumulte,, ils se promenaient devant
avoué, riiotel, et, sous leurs yeux, on se précipitait
entendu par la contre les portes qu'on cherchait à enfoncer. Commission.
39 Xa gendarmerie et la police assistaient im- Jacquet, I passibles à ces scènes de désordre.
avoué, I Une poussée violente était exercée contre
entendu par la l:i porte de la remise ; ou voj^ait cette porte Commission, subir des oscillations marquées, on cherchait à l'enfoncer, et, si on y était parvenu, qui peut dire ce qui se serait passé? La gendarmerie était présente, son rôle a été purement passif.
40 Sous la fenêtre de M. Gambetta, à 10 ou 15 AcHARD, pas de l'hôtel, se trouvait M. le maire de Ca-
avocat, vaillon, la cigarette à la bouche et l'air pro-
entendu par la \ vocateur. Derrière lui étaient, sur une double Commission, rangée, une douzaine de gendarmes; le commissaire de police, aussi, était là. Tout autour du groupe formé par ces messiem-s, on sifflait et on huait sans que maire, gendarmes, agents de police, sortissent de l'impassibilité la plus complète.
Régnier, commissaire central de police à Avignon, Commission.
M. LE PRÉSIDENT. — Et le préfet, que vous avez averti de leur départ (départ des hommes tarés partis en omnibus pour Ca vaillon), ne vous a pas chargé de surveiller leur retour?
M. Régnier. — Non.
M. LE PRÉSIDENT. — 11 ne VOUS
demandé un rapport?
M. Régnier. — Non.
M. LE PRÉSIDENT. — Mais le lendemain?
pas
EMEUTE DE UAVAILLON.
AFFIRMATIVE
NOMS
DliS TÉMOINS.
DEPOSITIONS
M. Régnier. — Le lendemain le chef du |)arquet ne rendait sur les lieux, je n'avais pas à aller sur ses brisées.
M. LE PRESIDENT. — Mais VOUS avez vu le préfet plusieurs fuis. Ne vous a-t-il pas charg-é de suivre cette affaire et de le renseigner?
M. Régnier. — Il ne m'(jn a pas ouvert la l)ouche.
M. LE PRESIDENT. — Eu résuiué, VOUS n'avez été chargé d'aucune enquête sur les faits de Cavaillon, en tant qu'ils auraient été préparés à Avignon?
M. Régnier. — Je n'ai été chargé de rien du tout.
M. LE PRÉSIDENT. — Et VOUS u'avez fait spontanément aucune démarche pour savoir la vérité?
M. Regnii;r. — Non. L'enquête judiciaire m'interdisait de m'informer , et je n'avais reçu aucun ordre du préfet. Si j'avais reçu des instructions, je les aurais exécutées.
M. LE PRÉSIDENT. — Et, le 18, VOUS n'en avez pas parlé avec M. le préfet?
M. Régnier. — Non. Le chef du parquet était sur les lieux. Si le chef du parquet m'avait chargé de savoir quelles étaient les personnes d'Avignon qui étaient allées à Cavaillon , je connais mon personnel , je n'aurais pas été embarrassé pour le savoir.
17 KPJVRIER 1876.
NEGATIVE
NOMS
DES TÉMOINS
DEPOSITIONS
1 J'arrivai sur la place de la Couronne, en
De Bonadona, face de l'hôtel de la Pomme-d'Or, tenu par maire M. Béridot, et, en présence de l'exaltation de
de Cavailion, la foule, je me concertai avec M. le maréchalentendu par la des-logis de gendarmerie, pour savoir si nous Commission, ue pourrions pas faire évacuer la place.
Je ne supposais aucune préméditation, aucune disposition hostile dans cette foule, aucun projet hostile. Je jugeai qu'il serait im- • prudent de vouloir faire évacuer la place, ce
i qui n'aurait pu se faire qu'en employant les I armes.
j Je parcourus moi-même les groupes, cherchant à calmer les esprits. Je me bornai, ainsi que les agents placés sous mes ordres, à éviter j énergiquement toute voie de fait afin de protéger les personnes. J'affirme que je n'ai pas sifflé, que je ne suis entré dans aucune auberge où étaient attablés, dit-on un certain nombre de siffleurs venus d'Avignon, et j'oppose à cet égard le démenti le plus formel aux allégations du rapport déposé i)arun électeur d'Avignon, M. Achard, rapport déposé à la questure et dont j'ai eu communication. Ma présence dans la foule n'avait donc pas d'autre but que de maintenir l'ordre; et ma conduite a toujours été celle d'un magistrat quia souci de sa dignité.
M'adressant à M. Garabetta lui-même, je lui donnai l'assurance qu'il n'avait rien àcraindre, que je me mettais entièrement à sa disposition et que j'étais, dans tous les cas, prêt à partager tout danger avec lui, s'il y en avait eu réellement.
J'arrivai sur la place de la Couronne, j'adressai à la foule quelques paroles d'apai-
EMEUTK DE CAVAILLON.
NEGATIVE
NOMS
DES TÉMOINS
DEPOSITIONS
sèment et île conciliation, disant que la réunion, qui me semblait être la seule cause du tumulte, allait être dissoute et que j'avais pris l'engagement formel de faire respecter les personnes pendant l'évacuation.
Ces paroles furent couvertes d'applauilissements qui me rassurèrent complètement, je fis immédiatement faire une tranchée dans la foule en face de la porte de sortie. Les gendarmes se j)lacèrent de chaque côté de cette tranchée et je me plaçai moi-même au milieu, en renouvelant l'injonction formelle de laisser le i)assage entièrement lilire. Malheureusement, j'eus le regret de constater que la parole donnée n'était pas immédiatement suivie d'effet....
Je dus pénétrer une seconde fois dans l'hôtel, et, après quelques paroles énergiques de ma part, les portes s'ouvrirent enfin.
J'aifirme que pas un coup ne fut donné, pas une voie de fait ne fut commise à l'égard des personnes qui sortaient de l'hôtel, et il est bien impossible qu'on ait pu cracher sur ces personnes; je fais observer ici que, moi qui me trouvais au milieu de cette tranchée et qui y restai tout le temps, j'aurais été criblé de coups et de crachats. Je n'ai rien constaté de cela.
J'ai dû seulement remettre à la gendarmerie deux individus qui, malgré mes observations réitérées, persistèrent à pousser des cris provocateurs qui auraient pu amener une rixe générale.
NEGATIVE
NOMS
DES TÉMOINS
DEPOSITIONS
Robert, maréchal-des-
logis,
entendu par la
Commission.
VlAU,
commissaire de
police,
Quelques jeunes gens frappaient sur les planches, disant qu'ils voulaient entrer et qu'ils avaient des cartes. Je fis cesser le bruit et dis à ces jeunes gens de se mettre à la file et d'entrer avec ordre. Je fis cette même recommandation à une personne du Thor, M. Julien.
Au moment où les invités sont sortis, un gendarme vint me dire que M. le maire avait arrêté un individu et qu'il fallait le conduire à la chambre de sûreté, à la caserne. Je répondis : " Que le chef du groupe, le brigadier Hardouin, le conduise! » Au bout de deux ou trois cents mètres, la foule a crié : u II fallait les enlever; »il y avait en effet deux personnes arrêtées. Des pierres ayant été lancées, le brigadier Hardouin a mis le revolver à la main, et un peu plus loin, près de la caserne, a arrêté un individu qui avait crié après la gendarmerie : « Tas de lâches ! »
Il y a donc eu trois arrestations dans la soirée : deux sur la réquisition de M. le maire, et une en vertu de notre propre mouvement.
J'entrai pour faire remarquer à M. Gambetta que la nature de la réunion changeait ; je lui fis part aussi de l'exaspération de la fovUe, on entendait assez le tumulte du dehors. ^I. Gambetta me demanda si nous étions impuissants à maintenir l'ordre. Je répondis que nous le maintiendrions, mais qu'il faudrait peut-être recourir à la force. Je })riai M. Gambetta de réfléchir à la responsabilité qu'il assumait.
EMEUTK DE CAVAILLON.
NEGATIVE
NOMS
>K.S TKMOINS.
DEPOSITIONS
J'entrai dans 1 liolel et montai auprès de M. GamV)etta... des craintes furent exprimées sur la sûreté de M. Gambetta, et je déclarai à ces personnes que je le défendrais moimême.
Nous descendions (juand, arrivés sur le palier, nous rencontrâmes M. le maire. Je m'effaçai alors devant son autorité, supérieure à la mienne.
Le 13 février, n'ayant reçu aucun ordre sur la conduite à tenir, je me rendis auprès de M. le préfet et lui demandai des ordres. Il me dit de maintenir l'ordre... Et il ajouta : « Vous vous conformerez aux ré(juisitions de M. le maire. »
J'ai vu M. le maire de Cavaillon qui jia-
DE Bannières raissait faire tous ses efl'orts pour rétablir
DE Salles, l'ordre. Il n'avait pas l'air souriant qu'on lui
entendu par la a prêté, ni la cigarette à la bouche. Il n'a
Commission, pas réussi à faire taire les sifflets.
j Dans la soirée comme avant, l'attitude de
M. le maire de Cavaillon a été conciliante, et
il a toujours essayé de réprimer une scène
! qu'on a appelée une scène de désordre, et qui,
pour moi, n'était qu'un vaste charivari.
Chabas,
entendu par la
Commission.
Je n'ai pas vu siffler M. le maire.
Bresset, Il est notoire que le maire du Thor était
entendu par la venu à Cavaillon; or, ce ne pouvait pas être Commission, pour acclamer M. Gambetta, mais je ne l'ai pas remarqué se livrant à des manifestations.
Voici maintenant les conclusions du rapport de MM. Albert Joly et Henri Brisson :