A MARSEILLE
Affermir la République en l'entourant des institutions les plus libérales et les plus démocratiques et en donnant au pays une administration franchement républicaine; assurer à l'Exposition universelle un succès incontestable pour montrer aux peuples étrangers quelle a été, depuis 1871, l'énergie de l'effort national dans 1 œuvre du relèvement de la patrie : telle- était la double tàcbe qui s'imposait, après le 14 décembre, au parti républicain et dont l'accomplissement exigeait, avec beaucoup de résolution et de fermeté, beaucoup de modération et de prudence. Si les coalisés du 10 mai avaient subi au 1 i octobre une éclatante défaite, ils n'avaient pas désarmé; ils comptaient que Je parti républicain se diviserait et qu'en profitant de ses querelles intestines, ils pourraient prendre leur revanche aux élections sénatoriales du mois de janvier 1879. Ainsi, l'ère des périls n'était pas définitivement close, et l'ère des difficultés commençait déjà.
Le parti républicain, dans son grand ensemble, eut la sagesse de comprendre « quels écueils il lui restait encore à franchir et quels caps à doubler avant d'arriver au port1 ». Le comité des Dix-Huit se sépara, mais l'union des gauches resta pleine et entière : dans toutes les fractions du parti, on décida de soutenir résolument le cabinet présidé par M. Dufaure. On se rendit un compte très exact des diffi-
1. Discours de M. Léon Renault, en prenant possession de la présidence du centre gauche, 8 janvier 1878.