LE TRAITÉ DE BERLIN
Nous empruntons à la République française du 7 juillet 1878 Je compte rendu suivant :
« Le correspondant du Times écrit à ce journal qu'au cours d'une conversation qu'il eut dernièrement avec M.Gambetta, il lui demanda s'il était réellement l'un des adversaires acharnés du traité de Berjin et s'il désapprouvait l'œuvre du congrès.
« M. Gambetta lui répondit en ces termes :
« Je ne saurais être l'adversaire absolu du traité de Berlin, car, quels que soient ses défauts, il a procuré à l'Europe en général et à la France en particulier ce grand bien auquel nous aspirons tous, la paix. Ce résultat est si considérable qu'il fait disparaître les défauts que l'on peut remarquer dans certaines parties du traité. Ainsi que bien d'autres, j'ai pu regretter certaines concessions qui me paraissent contraires à la base sur laquelle repose le droit international européen. Mais j'avais prévu dès l'abord les difficultés de l'œuvre entreprise par le congrès, et je pensais bien qu'il ne pouvait l'accomplir d'une manière absolument satisfaisante. Je considère toutefois que la Russie a rendu un grand hommage au droit public européen quand elle a consenti, malgré l'état de désunion où se trouvait alors l'Europe, à soumettre l'intégrité du traité de San-Stefano à l'appréciation des puissances.
« Aujourd'hui que la paix est faite et que l'Europe