ALLOCUTION
Prononcée le 8 novembre 1878 EN RÉPONSE A LA DÉLÉGATION OUVRIÈRE DE L'AVEYRON
Nous empruntons au XIXe Siècle du 0 novembre 1878 le compte rendu suivant :
« M. Joseph Fabre, professeur de philosophie à Paris, se conformant au désir de ses compatriotes, a présenté jeudi, à neuf heures, les délégués ouvriers de l'Aveyron, qui étaient au nombre d'environ soixante, à M. Gambetta, à qui il a adressé une petite allocution dont voici le résumé :
« J'ai l'honneur de vous présenter les délégués ouvriers des cinq arrondissements de l'Aveyron. Ces délégués ouvriers appartiennent à un département où jusqu'ici le cléricalisme et le bonapartisme ont exploité à leur profit les sentiments religieux et conservateurs du grand nombre ; mais ils savent que c'est le rôle des travailleurs des villes d'être les éclaireurs des travailleurs des champs, et ils s'appliquent de plus en plus à multiplier les sociétés d'instruction républicaine dans les campagnes du Rouergue, où l'ignorance a accrédité toute sorte de légendes mensongères sur les hommes et sur les choses de la République.
« Ils ont tenu à vous voir pour se retremper par l'aspect de l'homme d'État qui, par son ardent patriotisme, par son infatigable dévouement à l'éducation graduelle du suffrage universel, par sa prudente habitude de poursuivre toujours ce qui doit être en n'entreprenant chaque jour que ce qui peut être, a mérité la reconnaissance de tous les amis delà dignité, de la liberté et de la sécurité publiques, désormais incompatibles avec tout autre régime que le régime républicain.
« Quoiqu'ils aient à cœur de ne pas tomber dans cette espèce d'idolâtrie politique qui met les hommes avant les