‹ Discours et plaidoyers politiques de M. Gambetta; (volume 5)Chapitre 66 sur 68 · LETTRE AU DIRECTEUR DES DEBATS · texte numérisé non relu

LETTRE AU DIRECTEUR DES DEBATS

d'entrelenir des rapports personnels avec M. Gambetta, même à l'occasion de la candidature de M. Prévost-Paradol à Paris. Il la soutenait auprès de ses amis, tandis que je la recommandais aux miens, sans avoir réussi à obtenir du Journal des Débats un concours tant soit peu efficace pour l'un de ses rédacteurs trouvé alors trop compromettant. D'entrevue personnelle entre M. Gambetta et moi, il n'y en a jamais eu à cette époque ni depuis. Je n'ai pas davantage porté chez lui le moindre argent pour le succès d'une candidature ouvrière.

« Promoteur de l'Union libérale, j'ai dû avoir pendant l'empire, j'ai eu en efl'et, et j'ai encore le plaisir d'entretenir aujourd'hui des relations courtoises et même amicales avec beaucoup de républicains ; mais il ne m'a pas été donné d'en avoir aucune avec les personnes que vous avez nommées, et les deux faits que vous citez comme preuves incontestables de mes rapports personnels avec M. Gambetta n'ont jamais eu lieu.

« Veuillez agréer, etc.

« D'Haussonville. »

La République française du 14 novembre publia l'article suivant :

« M. Gambetta, à raison du caractère particulier de ce débat que son témoignage seul pouvait éclaircir, a cru devoir se départir de son habitude constante de ne point discuter les écrits qui le mettent en scène; il a adressé au Journal des Débats la lettre que voici :

Monsieur le directeur,

Je prends la liberté de relever l'erreur contenue dans la lettre que M. le comte d'Haussonville vient de vons adresser et que plusieurs journaux publient par anticipation.

En 1863, M. Prévost-Paradol posait une candidature libérale dans le quartier des Ecoles. Nous étions, à celte époque, un groupe déjeunes gens déjà fort préoccupés de politique et tout disposés à soutenir de nos suffrages et de notre action la politique nettement

opposante de ce brillant et noble esprit qu'une heure de faiblesse a enlevé à la France. J'eus l'honneur, à cette occasion, d'entrer en rapports avec M. le comte d'Haussonville, qui paraît l'avoir oublié. Je me permets de lui rappeler trois faits :

1° Nous avons rédigé et signé un appel aux électeurs. J'ai même souvenance d'avoir sollicité et obtenu de M. d'Haussonville la modification d'un passage de cette circulaire, relatif à l'Italie, qui me paraissait devoir soulever les protestations d'un certain nombre de nos amis.

2° Nous avons organisé et tenu ensemble rue Mazarine, une réunion électorale où figurèrent M. Prévost- Paradol, notre candidat, M. d'Haussonville, son parrain, et votre serviteur. Je prononçai là un discours qui, à en juger par la passion qui animait à cette époque les hommes de mon âge, dut être assez vert. J'eus le plaisir de recevoir les félicitations chaleureuses et même les encouragements de M. le comte d'Haussonville.

3° C'est durant cette même période électorale de 1863, et pour subvenir aux frais d'une candidature nettement démocratique dans la lre circonscription de Paris, que M. d'Haussonville nous versa libéralement une somme de cinq cents francs.

Il est vrai que, depuis lors, je n'ai eu ni l'avantage ni l'honneur de rencontrer M. d'Haussonville, mais je peux vous assurer que le souvenir de ces courtes et significatives relations ne s'est pas affaibli dans mon esprit.

Veuillez agréer, etc.

Léon Gambetta.

Paris, 14 novembre 1878.

L'appel aux électeurs de la 6e circonscription à Paris, dont il est question dans la lettre de M. Gambetta, était conçu dans les termes suivantes :

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