PRÉSENTÉES PAR M. FÉLIX FAURE
Dans la séance du ii février 1 882
EXPOSÉ DES MOTIFS
Messieurs,
Parmi les questions qui, à juste titre, préoccupent les philanthropes et les économistes, une des premières, à coup sûr, a traitià la situation faite aux ouvriers et à leurs familles par les accidents auxquels le travail les expose.
Le recensement de 1876, le dernier que nous ayons sous les yeux, établit pour l'industrie minière, usinière et manufacturière, une population de 1,382,301 employés, ouvriers et journaliers, des deux sexes. La population ouvrière, classée dans la petite industrie s'élève à 1 ,960,878 employés, ouvriers et journaliers, hommes et femmes.
L'étude à laquelle nous nous livrons intéresse donc 3,343,177 individus qui, vivant de leur salaire, en font vivre également les membres de leur famille, 4,c84,398 personnes à ajouter au premier chiffre, soit un total de
11 FEVRIER 188t. 451
7,927,575 hommes, femmes et enfants, représentant, pour rindustrie seulement, la population ouvrière.
Si à ce nombre on ajoute celui des ouvriers de Tagricultnre pour lesquels les risques augmentent à mesure qui* se généralise remploi des machines agricoles, on appréciera rintérél que comporte Fétude des mesures à prendre pour atténuer, dans une mesure qui sera toujours trop limitée, les résultats des accidents qui frappent une si importante fraction de la famille française.
Nous ne possédons pas en France de statistique complète sur le nombre des travailleurs tués ou blessés chaque année, mais il est possible cependant de Tévaluer approximativement.
L'annuaire du ministère des travaux publics de 1879 indique pour les industries extracti?es les chiffres suivants :