AVRIL
guidé les premiers pas. Tel était celui que nous avons perdu, grand ami, grand citoyen! Pourquoi insisterais-je? Sa vie se résume dans ces deux mots : la Patrie. Il est mort succombant à l'excès du travail et à la douleur d'avoir vu la patrie abaissée. {Vive la République/)
Messieurs, je vous en conjure, restons tous sous l'impression des graves pensées qui naissent dans ce cimetière. Songeons qu'il était la sagesse et la réserve en môme temps qu'il était la conscience et la constance inébranlables.
Mais il y a un mot... {Nouveau mouvement,) Vous l'avez prononcé, ne le répétez pas... il sortira toujours des portes entr'ouvertes de ce tombeau! c'est pour elle qu'il est mort! Mais, comme Moïse, — permettezmoi cette image, — il n'a pu que saluer de loin la terre promise. Il y aura un jour, nous en avons tous le ferme espoir, pour la reconnaissance nationale; et, ce jour-là, le peuple, la France tout entière portera au Panthéon cette pure gloire que vous avez vue naître sous vos yeux et au milieu de vous et qui restera impérissable comme la République à laquelle il avait attaché sa fortune et son nom , et dévoué tous les siens.
Ah! cher ami, si grand dans ta noble simplicité, homme modeste, dont la modestie, parure de tes vertus, accroissait l'autorité, nous sommes ici tes disciples fidèles et tes amis reconnaissants ; et nous prêtons, sur ta tombe, le serment que tu aurais aimé à nous entendre prêter, c'est de rester toujours inflexibles dans cette politique sévère et douce, modérée et ferme, forte et sage,dont tu attendais le salut de ton pays et la régénération de la France. [Profonde sensation.)
Une dernière parole, Messieurs, cette tombe doit rester, dans le souvenir de tous ceux qui assistent à ces grandes funérailles, un perpétuel enseignement de sagesse et de concorde, de dévouement et de patriotisme. {Ouif oui! — Vive la République!)