TOAST DE M. GRÉVY
Je remercie le maire de Cherbourg, dont j'apprécie infiniment le caractère, l'honorabilité et les précieuses qua- * lités, do la réception si belle, si touchante et si chaleureuse qu'il nous a préparée.
Transmettez aux populations que vous représentez l'expression de nos sentiments de reconnaissance. (Applmtâissements,)
TOAST DE M. LENOEL
Je [crois répondre aux sentiments de nos populations maritimes en remerciant le président de la République et MM. les présidents des deux Chambres d'avoir bien voulu visiter nos marins de la flotte, « ces chers enfants de mer », comme les appelait un des vôtres, messieurs les amiraux, à la tribune de T Assemblée nationale, où il était notre collègue. L'armée navale n'est pas organisée comme l'armée de terre par corps et par régiments; elle n'a donc pu venir à la fête du 14 juillet et recevoir les drapeaux que vous avez remis à nos soldats comme des témoins de leur bravoures de leur fidélité au devoir et de leur dévouement à la patrie. Ils n'ont pu aller à vous, vous êtes venus à eux. Nous vous en remercions.
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Ce témoignage de voire intérêt et de votre sollicitade leur était bien dû. Vous avez dit, monsieur le président de la République, dans ce noble langage dont tous avez le secret, que la nation donne à Tarmée ce qu'elle a de plus eber et de plus précieux : sa jeunesse.
Le marin, lui, donne sa vie tout entière à la patrie jusqu'à Tftge du déclin. Marié et père de famille, il quitte tout pour répondre à Pappel du pays, soit quHl faille défendre pied à pied le territoire, comme nous Tavons vu dans la dernière guerre, soit qu'il faille faire respecter sur les mers rbonneur du pavillon.
Le pavillon! Pour celui qui Ta vu flotter sur les mers lointaines, il est plus que le symbole, il est Timage même de la patrie absente. Aussi ai-je entendu regretter qu*à la fête du 14 juillet chaque vaisseau n*ait pas, comme chaque régiment, reçu de vos mains le drapeau qu'il devait porter.
Ce vœu ne pouvait être accompli.
Le régiment, lui, ne meurt jamais. Les générations s'y succèdent comme dans la vie, mais il subsiste toujours. Le , vaisseau, au contraire, n'a qu'une existence limitée, comme toutes les œuvres matérielles des hommes.
Vous ne pouviez remettre un drapeau à qui n*est pas toujours vivant, pour le défendre, et le vaisseau, s'appelâtil le Vengeur, s'engloutit et disparaît, ne laissant que son nom impérissable, comme souvenir de sa gloire ; mais le pavillon, tant qu'ils peuvent le porter, nos vaisseaux ne l'amènent jamais, et c'est aux cris de : Vive la France! Vive la République ! qu'ils savent toujours le défendre.