‹ Discours et plaidoyers politiques de Me [L] G.; (volume 5)Chapitre 57 sur 102 · Aucun candidat réactionnaire n'a passé dans les cinquante · texte numérisé non relu

Aucun candidat réactionnaire n'a passé dans les cinquante

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partiste et cléricale ii*a conservé qu*tin seul siège. Avec le scrutin de liste, il est clair comme le jour que la République reprenait tout entiers ces dix-neuf départements (Ardennes, Aveyron, Corse, Dordog-ne, Gard, Gironde, Landes, Loiret, Lot-et-Garonne, Mayenne, Oise, Orne, Basses-Pyrénées, Haulcs-P> rénées, Seine-Inférieure, Deux- Sèvres, Somme, Tarn, et Tarn-et-Garonne). Il y a ensuite neuf départements où la réaction n*a conservé que deux sièges sur quatre, cinq, six, sept ou dix circonscriptions. Additionnez, dans ces départements, d*une part les vofx obtenues par les républicains et de Tautre les voix réactionnaires, abstraction faite de quelques influences d'arrondissement, et vous constaterez aussitôt que la République remportait également sur toute la ligne de bataille dans le Calvados, l'Eure, le Gers, I Ile-et-Vilaine, la Haute- Loire, la Manche, la Nièvre, le Pas-de-Calais et la Sarthe. Mêmes résultats pour la Vienne où nous avons la moitié des sièges ; pour le Finistère, qui donne sept républicains sur dix députés ; pour le Lot où nous avons une majorité d*un quart environ ; pour la Charente-Inférieure, où quatre républicains ont été élus contre trois bonapartistes, et pour le Nord, où nous avons treize députés contre cinq. Même résultat enOn pour la Charente, où deux républicains sont élus contre quatre bonapartistes, mais où nous ayons près de mille voix de majorité relative dans tout le département et où il faut tenir un compte sérieux de certaines grandes influences locales et traditionnelles que la liste eût terriblement amoindries.

« Restent donc pour la réaction les Côtes-du-Nord, le Maine-et-Loire, la Loire-Inférieure, le Morbihan et la Vendée. Nous ne chicanerons pas sur le succès remporté dans ces cinq départements par le parti clérical. Nous ferons observer seulement que les villes principales de cette

départements suivants : Ain, Aisne, Allier, Basses-Alpes, Hautes- Alpes, Alpes-Maritimes, Ardèche, Anège, Aube, Aude, Belfort, Bouches-du-Rhône, Cantal, Cher, Corrèze, Côte-d'Or, Creuse, Doubs, Drôme, Eure-et-Loir, Haute-Garonne, Hérault, Indi'e-et- Loire , Isère, Jura , Loir-et-Cher , Loire , Lozère , Marne , Hante- Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Puy-de-Dôme, Pyrénées- Orientales, Rhône, Haute-Saône, Saône-et-Loire, Savoie, Haute- Savoie, Seine, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise, Var, Vaucluse, Haute- Vienne, Vosges, Yonne, Alger, Constanline, Oran.

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terre classique de la chouannerie sont, d'ores et déjà, pleinement acquises à la République. Dans les Côtes-du-Nord, Saint-Urieuc et [.annion ont nommé des députés républicains, et nous ne sommes baltui à Loudéac, à Dinan et à Guingamp que par une centaine de voix. Dans la Loire- Inférieure, Nantes et Saint-Nazaire sont républicains. Dans Maine-et-Loire, nous tenons Sauraur^ Angers (2<> circonscription) et Beaugé, la ville de Segré et celle de Cholet, et l'on n'a pas oublié que le scrutin de liste, dès 1874, avait su déplacer en notre faveur les quelques voix qui nous manquent aujourd'hui*. Dans notre intime conviction, le scrutin de liste pouvait gagner ces départements. Seuls, le Morbihan et la Vendée seraient restés momentanément inféodés à la bannière et à la croix : puis quatre années do bonne administration et d'instruction obligatoire les eussent ramenés, nous ne disons pas seulement à la République, mais à la France.

« Et ce n'est pas tout, car si le scrutin de liste n'eût laissé à la droite que cinq départements au maximum, il enlevait à l'intransigeance tous ses sièges sans une seule exception. Non seulement, les voix intransigeantes de Belley, de Saint- Étienne et de Perpignan eussent disparu dans les grandes majorités républicaines de l'Ain, de la Loire, et des Pyrénées-Orientales ; mais la Seine, le Rhône, les Bouchesdu-Rhône et la Haute-Garonne eussent frappé d'une condamnation éclatante la coalition honteuse que le scrutin d'arrondissement a partout favorisée entre les partis extrêmes. Il suffit, pour en être convaincu, d'étudier de près les scrutins de Paris*, de Lyon, de Marseille et de Toulouse. Avec le scrutin d'arrondissement, nos amis étaient à demi désarmés, et cependant ils ont triomphé dans les trois quarts des circonscriptions.

c( Tel est le gain matériel que le scrutin de liste eût apporté à la République, car nous ne supposons pas qu'on veuille nous opposer sérieusement la fameuse théorie orléaniste de la représentation des minorités. Quant au profit moral, il n'eût pas été moindre. La majorité républicaine n'eût pas

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