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Discours et plaidoyers politiques de Me [L] G

La mission de former une administration, après la chute du ministère Gambetla, avait été confiée par le président de la République à M. de Freycinet. Après quatre jours de négociations assez pénibles, les hommes politiques suivants acceptèrent d'entrer dans la nouvelle combinaison : MM. René Goblet (intérieur),*Léon Say (finances), Humbert (justice), Jules Ferry (instruction publique), Billot (guerre), Jauréguiberry (marine et colonies), Varroy (travaux publics), Tirard (commerce), de Mahy (agriculture) et Cochery (postes et télégraphes). M. de Freycinet s'était réservé, avec la présidence du conseil, le portefeuille des affaires étrangères.

Le cabinet du 30 janvier, qui débuta par l'ajournement du vote de re vision, était un ministère de réaction contre la politique suivie par M. Gambetta, pendant son court passage aux affaires. D'une part, au ministère des finances, M. Léon Say prenait pour devise la fameuse négation : « Ni émission, ni conversion, ni rachat, » et M. Goblet inaugurait, au ministère de l'intérieur, la politique de décentralisation et de déférence. M. de Freycinet, d'autre part, abandonnait dès le 2 février la diplomatie prévoyante et fière dont la note identique sur les affaires d'Egypte avait été la principale expression. (Conversation avec lord Lyons et dépêche à M. Challemel-Lacour.) — M. Jules Simon, peu suspect de partialité pour M. Gambetta, ne tarda pas à juger en ces termes sévères, mais justes, le ministère

du 30 janvier: « A. l'intérieur, pas de gouvernement ; à l'extérieur, pas de France 1 . »

Cependant la campagne de calomnies et d'outrages contre M. Gambetta suivait son cours. Comme le vote du 26 janvier avait produit dans la grande masse du parti républicain une impression de douloureuse surprise *, la coalition qui avait triomphé resta unie et redoubla de violence. Intransigeants, réactionnaires, néo-libéraux, tous emportés par une même haine contre le patriote renversé, le poursuivirent des plus cruelles injures avec un acharnement sans exemple. Les Actes des Apôtres furent le modèle de vingt journaux.

Que faire contre un pareil débordement d'ingratitude et de bas esprit? M. Gambetta pensa qu'il suffisait d'attendre avec sérénité que les événements justifiassent sa politique, et il attendit, dédaigneux, impassible, confiant dans l'équité de l'histoire. Il avait repris la direction de lai République fran-

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