Même discours
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travail fut analogue : assouplir les qualités qu'il avait reçues de la nature, les discipliner, les orienter vers Tordre, la mesure et l'harmonie. D'autres, depuis Démosthène jusqu'à Jules Favre, avaient commencé par lutter contre les difficultés d'une éiocution pénible : Gambetta dut commencer par livrer bataille à une facilité, à une exubérance périlleuses. S'il plaida très peu pendant les huit années qu'il passa au barreau avant d'entrer au Corps législatif, ce fut pour cette cause. Ses débuts, qui avaient excité une vive attention, l'avaient effrayé au lieu de l'éblouir. Il reconnut que la pente était glissante, et ce jeune homme enthousiaste, cet homme de grande et forte vie s'arrêta, se cramponna, résista à des sollicitations nombreuses.
Étudier les maîtres de son art fut dès lors une de ses principales occupations, d'abord ceux qui régnaient à la tribune et à la barre, Thiers, Jules Favre, Grémieux, Lachaud, et celui qu'avec raison il admirait comme le plus grand de tous, Berryer; puis, surtout, les anciens, les orateurs de la Révolution et ceux de la monarchie parlementaire, qu'il lut et relut au Moniteur de la première à la dernière ligne, les prédicateurs de la chaire, et enfin, dans le texte original, Cicéron et Démosthène. Il se nourrit ainsi, pendant plusieurs années, « du lait pur et substantiel de la sainte antiquité * ». Seulement, de temps à autre, il s'échappait, et dans quelque harangue éclatante, à la cour d'assises, dans les conférences du stage, à la conférence Mole, dans les réunions publiques, il ouvrait une écluse aux pensées qui bouillonnaient en lui ; ces manifestations d'une force oratoire impétueuse et déjà invincible remplissaient ses auditeurs d'étonnement; mais elles ne marquaient pour lui que l'étiage de son progrès.
Des études superficielles conduisent à l'imitation