AU PALAIS-BOURBON
(paris)
Nous reproduisons, d'après la République française^ le compte rendu suivant :
Dimanche, à dix heures du matin, M. Je président de la Chambre des députés a reçu, dans son cabinet, au Palais- Bourbon, une députation de l'ancien comité électoral du vingtième arrondissement dont M. Gambetta représente les intérêts & la Chambre.
Cette députation avait à sa tête les conseillers municipaux de l'arrondissement, MM. Sick, Charles Quentin et Métivier. M. Braleret, indisposé, s'était fait excuser.
1. La presse réactionnaire protesta assez vivement contre l'installation immédiate du nouveau président de la Chambre des députés au Palais -Bourbon, à Paris. La Chambre tient ses séances à Versailles, disaient le Français^ VUnion^ le Pays, etc. M. Gambetta n'a pas le droit de résider officiellement à Paris, dans un palais national. La République française répondit que Tarticle 9 de la loi constitutionnelle du 25 février 1875 ne pouvait obliger le président de la Chambre, puisqu'il n'obligeait ni le président de la République, ni les ministres qui résidaient officiellement à Paris.
L'article 9 de la loi du 25 février 1875 ne fut abrogé que cinq mois plus tard, dans la séance de l'Assemblée nationale du 19 juin, sur la proposition de M. Le Royer, garde des sceaux, à la majorité de 52o voix contre 24 i.
La commission de l'Assemblée, qui approuva le projet du gouvernement, était composée de MM. Gambetta, président, Jules Simon, rapporteur, Philippoteaux, Bertauld, Feray, Leblond, Méline, Henri Brisson, Louis Blanc, Jules Favre. Ferrouillat, Bernard- Lavergne, Peyrat, Senard et Eugène Spuller.
Âa nom des électears da vingtième arrondissement, M. le docteur Mélivier a donné lecture de Tadresse suivante :
Monsieur le président et cher député^
Les membres de l'ancien comité électoral républicain du vingtième arrondissement ont Thonneur de vous présenter leurs félicitations cordiales et respectueuses. •
A des titres divers, nous sommes, vous et nous, les coopérateurs de la même œuvre, |l savoir : la fondation de la République et son développement progressif dans le sens démocratique par les voies légales et constitutionnelles.
A ce titre, nous venons constater que la première partie de lobjectif est réalisée, que la République est le fait, de même qu'elle a toujours été le droit, et nous ajoutons qu'une part considérable peut, sans injustice pour personne, vous être attribuée dans ce résultat. '■'-
Nous avons été particulièrement émus et, permettez-moi d'ajouter, glorieux que notre député ait été, par le libre choix des représentants de la France, élevé à une situation qui est la seconde de TÉtat.
L'honneur qui vous est fait, bien qu'il ne soit pas hors de proportion avec les services rendus, est gi*and assurément; mais ce qui nous touche surtout, c'est la possibilité qui vous est offerte, par cette haule distinction, de rendre à la République et à la France des services nouveaux et d'une nature différente.
Vous vous êtes, jusqu'à présent, acquitté avec succès de la tâche de discipliner l'armée républicaine, pour la conduire victorîeusement au combat. >■ -
Aujourd'hui nous avons à assurer nos conquêtes, à nous mettre en garde contre les retours olTensifs, à marcher d'un pas prudent, ferme et sûr, dans la voie du progrès politique et social, intellectuel et moral, qui est la conséquence nécessaire de rétablissement de la République.
C'est à cette seconde partie de la tâche qu'il vous faudra consacrer vos éminentes facultés.
Vous aurez besoin, dans cette période nouvelle et tout organique de l'évolution républicaine, de qualités d'un ordre diiférent et en apparence opposées à celles qui ont marqué jusqu'à ce jour votre vie politique. . - . ^ .