‹ Discours et plaidoyers politiques, publChapitre 34 sur 101 · MAT · texte numérisé non relu

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sition, ce que M. Gambetta et ses amis, en Tappajant, avaient la clairement dans l'avenir, sans que Tombre d'un souci personnel ait jamais passé dans leur préoccupation. Voilà pourquoi ils combattireut avec tant d'ardeur pour le scrutin de liste, faisant de cette réforme leur pensée dominante, défiant par elle les accusations les plus dangereuses et les oatrages les plus perfldes, prodiguant la logique et l'éloquence pour convaincre leurs adversaires, sentant bien que de la solution adoptée dépendrait pour longtemps l'avenir, glorieux ou triste, de la République, comprenant encore qu'il y avait là un moment presque unique à saisir... Quant au cabinet, il n'était pas moins divisé que la Gbambre et que la presse. MM. Cazot, Constans et le général Farre étaient résolument partisans du scrutin de liste. MM. Barthélémy Saint-Hilaire et Sadi Carnot tenaient avec M. Jules Ferry pour le scrutin d'arrondissement. Les autres ministres étaient hésitants, mais plutôt favorables à la réforme électorale. On décida en fin de compte que le ministère resterait neutre, et le président du conseil en fit la déclaration formelle à la commission chargée d'examiner la proposition de M. Bardoux (23 mars). « Le président du conseil, dit M. Jules Ferry, voudrait pouvoir remplir le rôle de médiateur avant et après. C'est pourquoi il ne prend pas parti. 11 veut l'apaisement, il veut ne pas aggraver le conflit. Il a donc pour devoir de ne pas se prononcer. » C'était assurément comprendre d'une façon nouvelle le rôle du gouvernement, comme c'était aussi frapper d'un coup décisif la légende de l'aveugle obéissance du cabinet au pouvoir occulte. Du reste, la neutralité fut mal observée; MM. Barthélémy Saint-Hilaire et Wilson, l'un sous-secrétaire d'État aux finances, Tautre ministre des affaires étrangères, continuèrent à faire dans les couloirs de la Chambre la propagande la plus active contre la proposition de réforme électorale.

Le 16 mai, M. Boysset, rapporteur de la commission*, déposa sur la tribune de la Chambre le pamphlet suivant :

« Messieurs, « Une loi électorale a été votée en 1875, presque immédia-

1. La commission nommée dans les bureaux comptait huit adversaires contre trois partisans de la proposition Baitiouz.

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