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466 BANQUET DU NEUBOURO.
loger pied à pied, et non pas follement lui donner la possibilité de vous surprendre et de vous détruire. {Applaudissemettts unanimes. — Adhésion générale,)
Je considère en un mot que le résultat de la dernière consultation nationale signifie nettement qu'il faut, maintenant que la République est assise, qu'elle soit réformatrice ; mais a réformatrice » ne veut pas dire a niveleuse, u topique ou chimérique ». « Réformatrice » veut dire qu'à force d'études, de compétence, à l'aide d'hommes comme celui qui vous parlait tout à rheure, dans un style plein de force et de sobriété, de la réorganisation judiciaire, il faut étudier les problèmes et les résoudre avec calme^ patiemment et graduellement, car ce que la France veut, ne le perdez pas de vue, c'est que vous lui assuriez la confiance et la sécurité dans l'avenir.
Ce qui a fait dans toutes les campagnes, du Nord au Midi, le succès du régime républicain, ce qui a amené l'adhésion, tous les jours grandissante, de ces masses rurales, de ces petits propriétaires, de ces bourgeois, de ces ouvj^iers sans lesquels vous ne pouvez vivre et gouverner, contre lesquels vous ne pouvez ni vivre ni gouverner, ce qui a fait naître leur confiance^ c'est que depuis dix ans Tordre a régné non seulement dans la rue, mais dans les esprits, qu'en même temps tous les horizons ont été ouverts, qu'on n'a jamais marché en arrière, que l'on a toujours marché en avant I
Eh bien, marchons en avant, mais marchons comme des hommes qui savent où ils vont, qui ont un but marqué, réalisable, qui ont un but tangible qu'ils puissent montrer tous les jours, parce qu'ils ont besoin véritablement, pour l'atteindre et, une fois atteint, pour s!y maintenir, de la confiance du pays, et qu'on ne gagne sa confiance qu'en lui procurant la sécurité. [Applaudissements.)
Je pense que c'est dans cet esprit que les représen-
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tants que la France vient de se donner se retrouveront au mois de novembre. Je pense que, quelle que soit Tétroitesse du mode de scrutin qui leur a donné naissance, ils trouveront en eux la quantité d'application, d'énergie et de volonté nécessaires pour donner exactement les mêmes résultats que s'ils étaient sortis de la consultation par le scrutin de liste. Et, à ce propos, je le dis bien haut pour répondre à certaines rêveries ou à certaines insinuations^ il ne serait pas politique, il ne serait pas sage de remettre en question la légis* lation nationale à la rentrée de cette Chambre. Non, Messieurs, la question du scrutin de liste, il ne faut pas y renoncer, mais il faut l'ajourner jusqu'à l'expiration des pouvoirs de cette Assemblée, ou à une rénovation constitutionnelle, si elle a lieu. (Applau* dmements,) Mais ce qui est certain, c'est qu'il serait tout à fait imprudent et, permettez-moi le mot, absolument puéril de demandera une Chambre issue hier du suffrage universel de réformer sa législation électorale et de réclamer une autre consultation ; quant à moi, qui ne fais que de la politique pratique, je trouverais ce procédé souverainement ridicule. (Trèf bien ! très bien I et applaudissements.)
Donc, assurée de son existence, et devant, par là même, beaucoup plus de sacrifices individuels, faisant taire les rivalités, les querelles personnelles, les ambitions même les plus légitimes (car les ambitions peuvent ne pas être illégitimes ; mais elles ont un devoir, c'est de s'éliminer toujours devant l'intérêt commun), faisant disparaître toutes les causes d'antagonisme et d'émiettement, la prochaine Chambre se devra à elle-même, devra au pays à qui elle I*a promis implicitement, de lui donner une majorité sérieuse, solide, stable, qui assure au gouvernement la même autorité qu'à la République elle-même. {Bravas et applaudissements unanimes.)
Et puis, Messieurs, la tâche commencera, et quant