PONT-L'ÉVÊQUE
que c*est avec un profond sentiment de joie que je viens au milieu de vous ; et je n^oublie pas que j'y viens au lendemain d'une victoire qui vous a coûté de longs efforts , mais qui n*en est que plus glorieuse et plus fructueuse. En venant ici, vous savez que je viens pour m'enquérir de vos intérêts et pour prendre une part aussi active que possible au développement de votre prospérité économique.
Tout à l'heure, j'espère avoir le plaisir de voir de plus près ces produits magnifiques que vous avez ajoutés à la fortune de la France. [Vifs applaudissements. — Cris de : Vive la République! Vive Gambetta!)
Un enfant, s'avançant vers M. Gambetla, le complimente et lui offre, au nom des écoles, un superbe bouquet. M. Gambetta dit à cet enfant :
Mon cher enfant, je vous remercie d'avoir pensé à moi; je vous remercie de m'offrir ces fleurs. Je les accepte comme une marque de votre jeune patriotisme.
Je o'aime pas beaucoup qu'on parle politique avant l'Age ; mais quand on parle de l'avenir de la France , j'applaudis, car c'est là une pensée qui ne saurait trop enthousiasmer les jeunes cœurs. C'est la jeunesse qui est, en effet, l'avenir de ce pays; mais eHe ne pourra le réaliser complètement que si elle est ardente au travail, appliquée à Tétude et soucieuse de ses devoirs. Par la manière dont vous avez exprimé vos sentiments, je vois que dans ces écoles dont vous parliez tout à l'heure vous avez véritablement reçu les bons principes.
Je vous remercie. Rien ne me touche davantage que les manifestations de la jeunesse; et vous ne pouviez pas choisir de symbole qui vous ressemble plus que ces fleurs, car vous êtes le printemps de la France. [Applaudissements prolongés et acclamations.)
A deux heures, le (président de la Chambre a visité le
concours de juments poulinières organisé par M. Perrine, administrateur des courses de Pont-1'Évêqne.
Un banquet de trois cents couverts a réuni le soir, à rhôtel de ville de Pont-rÉvéque, M. Gambetta, M. Courejolles, représentant le ministre de la marine, MM. Spuller, d'Osmoy, Duchesne, Mauger, Henry, députés; le préfet et les sous-préfets du Calvados, les maires de Gaen, de Lisieux et de Hontleur, .les principaux éleveurs de la région, M. Popoff, commissaire des haras russes, etc.
Le préfet porte la santé du président de la République; M. Henry, député de Gaen, et M. Jullien, maire de PontrÉvêque, portent la santé de M. Gambetta.
M. Gambetta prononce le discours suivant :
Messieurs, je suis très touché des divers toasts que Ton veut bien porter à ma santé et je suis tout prêt à y répondre.
Cependant, je veux faire observer à nos amis qui ont eu la première idée de cette réunion, que ce n'était pas tout à fait sous cette forme que nous Tavions comprise, car la fête d'aujourd'hui est une fête à laquelle on avait songé depuis déjà longtemps; si je ne me trompe, Tidée en remonte à trois ou quatre années en arrière.
11 aurait peut-être été plus fructueux de reproduire exactement notre première réunion... {Sourires,) Mais puisqu'un nouveau dîner, en petit comité, n'a pas paru possible, il ne faut pas nous en plaindre, mais il nous faut certainement changer le caractère de la cérémonie. {Rires.)
En effet, Messieurs, il y a de cela trois ans, des hommes dévoués, — les mêmes qui sont ici, — m'ont entretenu assez longuement de cette grande et belle industrie normande de l'élevage du cheval français, et j'ai pu, dans une certaine mesure, comprendre leurs visées, m'associer à leurs efforts, et les aider dans la poursuite du but qu'ils ont si pleinement et si complètement atteint aujourd'hui. Je leur dis alors : Si