BANQUET DES OUVRIERS DU PORT
eh bien I elle a été concédée en ce qu*elle a d'immédiatement pratique ; on a reconnu qu'il fallait que les ouvriers et les patrons pussent s'associer entre eux ou séparément, qu'il était juste et pratique de leur reconnaître la personnalité civile, le droit d'acquérir, de posséder^ de transmettre, enfin que cette association fût établie aussi bien pour l'épargne que pour la production ; et c'est là ce que l'on appelle le régime des syndicats libres, des syndicats professionnels.
Je sais bien que cette loi attend à la porte du Sénat. Messieurs, je ne suis pas, vous le savez bien, l'ennemi du Sénat : je le crois nécessaire ; mais je suis, en revanche, l'ennemi des résistances inutiles ou offensantes pour la nation, et je ne crois pas à leur durée. {Applaudissements prolongés,)
Voilà, Messieurs, dans quelle voie nous nous sommes engagés sagement mais fermement. L'heure n'est pas aux discours ; nous allons nous séparer : le temps presse, mais vous pouvez être assurés, et en garder fidèlement le souvenir, qu'en ce qui touche à tous ces intérêts qui ne sont pas des intérêts de classe, — je proleste contre ce mot, — qui sont les intérêts de la démocratie républicaine, qui est aujourd'hui toute la nation, il pourra y avoir des esprits plus heureux, des intelligences plus fortes : il n'y aura jamais de cœur plus sincère et de foi plus loyale dans vos destinées et dans l'avenir de la patrie républicaine. {Salve d applaudissements. — Acclamations prolongées. — Cris de : Vive la République f Vive Gambetta!)
A la sortie du banquet, M. Gambetta est monté en voiture pour se rendre à la gare. Sur le parcours, les ouvriers du port lui ont fait une ovation enthousiaste et ont voulu dételer et traîner sa voiture. M. Gambetta s'est énergiquement opposé à cette manifestation, disant : « Les chevaux sont faits pour traîner et noii pas Jes hommes. » La foule a accompagné le président de la Chambre jusqu'à la gare et lui a fait une dernière et très chaleureuse ovation.
Prononcé le 7 septembre 1881 AU BANQUET DE PONT-L'EV£QUE
(calvados)
Pont-rÉvéque, 7 septembre.
(Compte rendu de la République française.)
A son arrivée à Pont-FÉvêque, M. Gambetta a été reçu par M. JuIlieD, maire, qai a prononcé le discours suivant :
a Monsieur le président, Monsieur le délégué du ministre de la marine, j'ai Thonneur de tous souhaiter, au nom de cette ville et du conseil municipal, nos souhaits de respectueuse bienvenue.
« Nous considérons ce voyage. Monsieur le président et Monsieur le délégué, comme la marque de [la plus haute sympathie que le gouvernement pouvait nous donner.
« En ce qui vous concerne plus particulièrement. Monsieur le président, pei*mettez-moi de vous rappeler qu'à une époque lugubre vous avez su comprendre que résister à l'ennemi, fût-il fort, c'était encore sauver la France. Et, au nom de notre ville, je vous exprîme nos sentiments de profonde gratitude pour avoir épargné au pays une troisième invasion. (Vives et nombreuses acclamations.)
a Vous trouverez ici. Monsieur le président, des cœurs fermes et dévoués qui depuis longtemps, avec des obstacles multiples, luttent pour le triomphe de la République. Satisfaits aujourd'hui du succès, nous conserverons de votre visite. Messieurs, un souvenir inaltérable. » (Bravos et applaudissements prolongés. — Cris : Vive la République I Vive Gambetta !)
M. Gambetta a répondu :
Monsieur le maire, Messieurs, vous pouvez croire