‹ Discours et plaidoyers politiques, publChapitre 74 sur 101 · BANQUET DE PONT-L'ÉVEQUE · texte numérisé non relu

BANQUET DE PONT-L'ÉVEQUE

rai pas en vous en entretenant ce soir, parce que vous êtes trop nombreux... {Parlez! parlez/) Si j'avais pu réaliser le plan que nous avions conçu, mon excellent ami M. Jullien et moi, si Ton avait organisé de petits groupes, j'aurais demandé à Tun ce qu'il pense des jumenteries, à l'autre du croisement qu'il emploie au point de vue du développement et de l'énergie des membres; à d'autres, j'aurais adressé des questions relatives au sang à donner aux chevaux et aux conséquences de l'emploi du pur sang; je leur aurais demandé s'il n'y avait pas lieu de se préoccuper de la force du support, de la solidité du dessous, de ce jarret que le poids du dessus et une puissance musculaire considérable peuvent compromettre.

Je n'insiste pas. Messieurs, vous me comprenez bien tous. (Rires et applaudissements,)

J'aurais pu causer aussi, avec les divers représentants des autres cantons ou des autres arrondissements, de cette belle production qui s'étend non seulement dans tout le département du Calvados, mais qui déborde sur l'Orne, sur la Manche...

M. d'Osmoy, député de CEure. — Et sur l'Eure.

M. Gambetta. — ... et sur l'Eure... J'allais le dire, mon cher d'Osmoy, car je ne puis pas oublier que vous représentez l'Eure. [Rire général et bravos.)

Et alors nous aurions pu agiter la question de savoir quel est le meilleur système, de la prime ou du pensionnement, ou s'il n'y aurait pas lieu de provoquer la création complémentaire ou supplémentaire d'un autre concours départemental.

Ce sont là des questions qui, toutes, vous intéressent, vous passionnent, et, permettez-moi de le dire, qui me passionnent aussi, car je crois qu'on peut très bien se passionner, à tour de rôle, pour tous les intérêts français, à mesure qu'on les rencontre sur les différents points du territoire. (Vive et unanime approbation, — Applaudissements prolongés,)

Je crois aussi que, à proprement parler, la fonction d*un homme politique n*est pas de substituer ses visées personnelles à celles des divers groupes intéressés, mais de s'en aller, comme je tâche de le faire à travers cet incomparable pays de France, dans ces voyages que j'ai entrepris il y a tantôt quinze ans, m'informant, m'instruisant ici des questions agricoles, là des besoins de Tindustrie; ici, des intérêts commerciaux et maritimes, et partout, Messieurs, des intérêts de ceux qui n'ont d'autres capitaux que leurs bras... [Bravos et applaudissements pf*olongés), interrogeant tour à tour ceux qui représentent toutes les branches de cette immense activité nationale et tâchant de revenir au centre, à Paris, chargé non pas d'honneurs et de flatteries, mais de renseignements, d'indications et de notes, comptant sur mon travail et sur la bonne volonté de tous pour en faire sortir une amélioration et un progrès. (Salves d'applaudissements. — Au moment où l'orateur va reprendre la parole, de longues acclamations se font entendre pendant quelques instants,)

Eh bien, Messieurs, aujourd'hui j'ai tenu à vous voir de près, et surtout à voir ces éleveurs, ces producteurs, ces hommes de patience qui ne reculent devant aucun effort, qui ont sacrifié bien de l'argent et qui ont, chose rare aussi, refusé d'en gagner en refusant de livrer à l'étranger des produits qui honoraient l'industrie française. {Bravos et applaudissements.)

Je les ai vus, j'ai tenu à m'approcher de chacun d'eux, à voir, à étudier de près, toujours avec le concours des hommes spéciaux que je remercie d'avoir bien voulu m'accompagner et m'apporter leurs lumières, à juger sur ce qui avait été fait. Or, je le déclare, ce qui a été fait est un résultat superbe, merveilleux, et je pense qu'il est temps, grand temps qu'on le reconnaisse en haut lieu et qu'une féconde initiative soit prise s'il y a quelque amélioration à apporter, quel-

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