CONCLUSION
Si j'ai cru de mon devoir de faire ressortir les nombreuses contradictioïs entre la conduite des honorables ministres au pouvoir, et les principes qu'ils ont professés dans l'opposition, ce n’est pas pour le vain plaisir d’en tirer un avantage ‘le parti, que l’on en soit bien convaincu. On constate que depuis qu’ils ont la responsabilité du pouvoir, nos adversaires commencent à juger les choses gouvernementales bien diftéremment. Je ne leur reprocherais pas leurs eoutradictions, pourvu qu’il: ad mettent qu'ils se trompaient autrefois. 11 peut y avoir honneur à se contredire, lorsqu'on | le fait d’après la consciencieuse inspiration d’un grand sens de son devoir envers s0n pays, mais pour en avoir le mérite, il ne faut pas hésiter à reconnaître l'erreur de ses anciennes opinions.
De notre côté aussi, les rôles sont changés. Nous sommes la loyale opposition de Sa Majesté. Pour remplir avec efficacité pour la province les obliga- | tions qui nous incombent, nous devons | comprendre que loin d'être un obstacle | à la vigoureuse administration de la | chose publique, l'opposition parlemen- |taire doit plutôt être un ressort puis- | sant qui lui communique une nouvelle impulsion, en stimulant davantage l’ar- | deur des gouvernants, par une critique
Vous vous vantez d’avoir rétabli la | éciairée, loyale, juste, et qui se ‘istin- | gue toujours par l'élévation des ilées et | le patriotisme des sentiments dont elle | est la fidèle expression.
Je souhaite que, de leur côté, nos |adversaires comprennent que dans la | position qui leur a été faite, ils doivent
position financière de la province sur des bases solides. Vous n’avez pas eu à remplir cette tâvhe, parce qu’elle
était toute accomplie lors de votre avè |
uement au pouvoir. Vous y êtes arri vés à temps pour profiter des patrioti-
lez gi
culez vous , pro- Est il ment
cesser de rejeter sur leurs devanciers la responsabilité de leurs actes. Le parti au pouvoir, pas plus que l’opposition, ne doit vivre de récriminations.
Les retours sur le passé peuvent avoir leur intérêt, lorsqu'on les faits pour y puiser d'’utiles enseignements, mais n'oublions pus que nous sommes ici surtout pour travailler à rendre l’avenir de notre population aussi prospère, aussi brillant, aussi heureux que possible.
C’est ce à quoi l'opposition veut travailler avec une constante énergie, et la
lus louable ambition de contribuer sa arge part à l'œuvre que ceite législature a pour mission d'accomplir.
Je suis certain d’être l'écho de mes honorables collègues en disant que nous devons tous désirer que de cette enceinte où nous délibérons, de ce sanctuaire de nos droits et de nos libertés, il
ne sorte que l'expression des senti.
ments du plus sincère patriotisme, pour
aller aux endroits les plus reculés et dans les plus humbles chaumières de la province, inspirer la confiance que, quelles que soient leurs divergences d'opinions et de principes, ceux qui la représentent dans cette chambre sont, par leur dévouement, à la hauteur de leur position, de leur devoir, et de leur responsabilité.
Je propose en amendement, secondé par l'honorable M. Taillon :
“Que tous les mots après “ Que ?”
soient retranchés et remplacés par les suivants :
“ Cette chambre est prête à voter les subsides à Sa Majesté, mais elle regrette qu'après avoir obtenu gain de cause contre les corporations commerciales par jugement du Conseil Privé, ce qui assurait au gouvernement une recette d'au moins sept cent mille piastres, après la perception des cent mille piastres reçues d'Ontario et des cent vingtcinq mille piastres reçues de la cité de Montréal, ces trois sommes formant un total de neuf cent vingt-cinq mille piastres, le gouvernement ait persisté à faire, sans nécessité, un emprunt au montant de trois millions et demi de piastres ;
“Que cette chambre regrette aussi que le gouvernement ait conduit d’une manière déplorable et nuisible au crédit de la province les négociations de l'emprunt qu’il a tenté, mais sans succès, de faire sur le marché de New- York, l’an dernier ;
‘“ Que cette chambre regretic de plus que le gouvernement ait fait perdre à
| la province une somme d’au moins cent
soixante-quinz: mille piastres en vendant les titres du dit emprunt à prix fixe, au lieu de les faire placer sur le marché en fixant le minimum du prix d'émission et en les offrant à la compétition du public, ?’ (Applaudissements prolongés).