‹ Discours fait à l'Assemblée législative sur les finances de la province [microforme]Chapitre 6 sur 7 · LE CONTRAT AVEC LE URÉDIT LYONNAIS · texte numérisé non relu

LE CONTRAT AVEC LE URÉDIT LYONNAIS

L'’emprunt à New-York étant définitivement manqué, il fallait bien s’adlresser ailleurs. On s’est hâté de conclure la transaction avec le Crédit Lyoi.nais Cette fois du moins on traitait avec des gens sérieux, très capables de remplir les obligations qu ils >ontracteraient,

Mais les directeurs da cette puissante |

institution connaissaient le fiasco des négociations à New-York. Ils savai-nt que le gouvernement était accu'é dans une impasse très difficile, et qu’il considérerait comme des sauveurs ceux qui viendraient à sa rescousse. On en a profité pour obtenir d1 gouvernement des conditions pli ,'avantageuses pour les actionnaires du Créait Lyonnais. Je ne blâme pas ceux qui administrent les grandes aftaires de cette institution. [ls ont fait le meilleur marché possible

| dans les circonstances. Ils n’ont que | rempli leur devoir.

Quoique l’honorable trésorier ait dit | contre le système de l’adiudication des titres aux plus hauts enchérisseurs, ja | prétends que le ministère n'aurait pas dû vendre les obligations de la province à prix fixe au Crédit Lyonnais ; qu’il aurait dû, au contraire, lui faire placer ces titres sur le marché à un minimum | déterminé, qui pouvait fort bien être fixé à 99,en se réservant le droit de faire profiter la province de la compétition de ceux à la recherche d’un placement de première classe, au taux d'intérêt | relativement élevé pour 2ux de quatre | pour cent. Coïncidence assez curieuse, vendrei, le jour même où l’honorable trésorier se prononçait dans cette chambre contre les emprunts publics par adju'iication, le gouvernement fédéral em- | ployait avec le plus grandi succès ce système pour l'emprunt canadien de $20,000,000.

| Lancé sur le marché ‘'e Londres à 3 pour cent d'intérêt et au minimum de 021, cet empruat a été souscrit trois fois, et par ‘a compétition das acheteurs les offre acceptées dépassent la moyenne de 9% Dos cette manière, le profit da 24 pour cent et plus réalisé par la hausse nroduite par la course aux valeurs si sûres que le Canadx offrait aux prêtenrs, va à la caisse fédérale, au lieu que daus le cas de l’emprunt de Québec, le profit a 6t6 ‘pour le Crédit Lyonnais, l'heureux RÉROOUIeUE. etn à pour le trésor provincial. Les 24 eb 172 pour cent de prime au- del à du minimum de 921 fixé pour le récent emprunt édéral, c’est un profit de $510,0 )) pour les vingt millions de titres, réalisé por le ministère d'Ottawa au moyen du système de latjulication que l’hon, trésorier ici trouve si peu favorable.

Vendus auCrédit Lyonnais au prix fixe de 99, et net de 964, nos titres à 4 pour cent étaient lanc':s au pair sur les marchés de Lonlres et de Paris par cette inst'tution le 14 janvier 183% Le Créuit Lyonnais fixait ainsi à 100 pou cent le minimum auquel nos titres auraient pu être placés à l'enchère sur le marché, C'était un gain de !| pour cant, puisq'r’il les avait achetés à 99.

J'ai été b'en étonné de la candeur avec laquelle l'hnorable trésorier nous \a donné, pourse justifier d'avoir fait

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l'emprunt à prix fixe, certaines informations sur la manière dont le Crédit Lyonnais a conduit, à son profit, le placement des titres sur le marché. ]Jl nous a dit qu’un syndicat intéressé largement dans l'institution, avait enlevé la première souscription des titres, pour les lancer à Ja hausse et leur faire une excellente situatio'. sur le marché, 11 :. ajouté, de plus, que le Crédit Lyonnais avait encore la plus grande partie de ces obligations en portefeuille.

Mais comment se fait.il donc que l’honorable trésorier ne se soit pas aperçu qu'il donnait là les meilleures raisons possibles de le désapprouver d’avoir vendu les titres de l'emprunt provincial à p'ix fixe? Si j'avais eu des doutes auparavant, il m'aurait sans doute convaincu pour un qu'il avait eu tort.

Mais que sigrifient l'acte de ce syndicat, qui aurait souscrit à une prime considérable pour l'institution elle-même qui plaçait les titres sur le marché, et le fait que bien qu’ils soient maintenant cotés jusqu’à 1U4, le Crédit Lyonnais garde encore ces titres en portefeuille, sinon que les possesseurs actuels de nos obligations savent bien qu'ils ont des valeurs qui seront, de jour en jour, de plus en plus appréciées sur le marché. Vous ne sauriez prétendre que le Crédit Lyonnaïis garde les titres de la province en portefeuille, parce qu’il ne peut pas leur trouver d'acheteurs. Le Crédit Lyonnais, dont les ressources de crédit sont très grandes, ne s’est pas hâté de disposer de nos titres, parce qu’il savait fort bien que, poussés à la hausse par le développement du crédit publie qui a été la consé juencs immédiate de la converson de la dette anglaise, par les succès des opérations considérables que le gouvernement canadien et la compagnie du Pacifique devaientbientôt faire à Londres, il peut, en attendant encore, réalisé un profit plus grand que celui actuellement possible.

Aujourd'hui le Crédit Lyonnais peut vendre ces titres à 104, C’est un profit de 5 pour cent sur le prix qu'ila payé. Cinq pour cent pour trois millions et demi, c'est un gain net d’une somme de $175,000, dont le Crédit Lyonnais est assuré, mais que la province perd incontestablement par cette transaction. Et le Crédit Lyonnais n'est pas satisfait de

cela, parce qu'il prévoit qu'il pourra faire plus très prochainem.nt, et il |attend. J'avoue ma surprise de ce que | l'hon. trésorier lui-même ait eu la complaisance de nous le dire, parce que | c'est un fait dont assurément il n’a pas lieu de se féliciter.

L'honorable trésorier a fait des cal- | culs pour nous prouver que, comparé jaux cours de nos 5 pour cent sur le | marché, le prix de 964 net réalisé des titres de notre emprunt à 4 pour.

cent, représente la valeur réelle de | cette nouvelle classe de nos oblisations | provinciales. Mais il a oublié un point | essentiel, et c’est pourquoi, n'ayant pas | de base solide, sa comparaison tombe du coup. Il y a bien, en eftet, une cer- | taine parits dans les cours, si l’on ne tient compte que de la différence du taux de l'intérêt. Mais l'honorable tré- | sorier doit savoir que la durée de l’exis- |tence d'un titre de première classe | comme les nôtres sur le marché, entre | pour beaucoup dans l'évaluation que le | public acheteur en fait. Les nouvelles | obligations de la provinee à 4 pour cent sont à quarante ans, tandis que nos 5 | pour cent écherront, par parties, dans | 16 ans, dans 18, 20 et 4 ans, Le titre à | 4 pour cent payable dans 40 ans, vaut | proportionneliement beaucoup plus que | celui du même pays à à pour cent,mais | à une échéance de 20 anus. Il est si vrai | que la durée y est pour beaucoup dans | les appréciations des valeurs sur le mar.

ché, que nos: titres À 5 pour cent,et dont

l'échéance estpluséloignée,sonttoujours cotés plus haut que ceux dont l’échéance est plus prochaine, Ily a souvent une différence de 14 à 2 pour cent entre les cours de ceux payables en 1904, et ceux qui ne le seront qu’en 1912, L'hoaorable trésorier à fait de longs calculs pour démontrer que son emprunt a été fair à de meilleures conditions q.'e les précdents, Cette comparaison L.ainqus absolument de base, Vous ne pouvez pas raisonablement comparer les résultats de ces opfrations, sans comparer aussi les situati ns aux époques diverses où elles ont été faites.

Il y a une bien grande différence entre les conditions générales du crédit public aujourd’hui, et celles de 1874, l’année | de notre premier emprunt provincial, | Alors le gouvernement canadien obte.

inait à peine 90 pour cent pour ses

titres à 4 d'intérêt. Vendredi dernier, il négociait à 95 1720 un emprunt à 3 pour cent; c'est une hausse moyenne de 30 pour cent de notre crédit fédéral depuis 1874 La féconde politique de progrès des gouvernements conservateurs depuis la confédération à Québec comme à Ottawa,a beaucoup développ£ notre crédit provincial par la confiance dans notre av-nir qu’elle 4 inspirée aux capitalistes à la recherche de placements sûrs et avantageux. C’est grâce à cette patriotique et intelligente poli tique que le gouvernement actuel a pu négocier avec le Crédit Lyonnais aux conditions que l’on sait, et qui ne sont cependant pas, comme je l’ai démontré, les meilleures qu'il pouvait ‘teair dans les circonstances, avec la situation à cette époque de notre credit publie et cctle du marché aux capitaux.

L'honorable trésorier s'est donc mis en |

frais inutiles de comparaisons. Il aurait |

dû comprendre q'e la véritable question à juger, était s’il avait bien r ellement fait la transaction la plus avantageuse alors possible. De ce qne les propositions qui lui étaient faites étaient, pour les raisons que je viens d’expli-

quer,plus favorables que celles obtenues | en 1874, 1876, 1878, etc., il ne s’en suit |

pas qu'il était justifiable de faire uu

contrat d’après un principe qui a occa- |

sionné une perte cousidérable à la province, à l'avantage de ceux avec qui il négociait.

Le malheureux empressement du ministère à contracter un emprunt dont il n'avait pas un besoin immédiat, a aussi fait perdre à la province les avantages qu’elle pourrait actuellement retirer, et ceux plus considérabies dans un avenir prochain, d’une opération sur le marché monétaire,--si elle état d:venue nécessaire dans l'intérêt public, —à cause des conditions nouvelles du marché créées par l4 conversion de la dette

anglaise et les transactions si brillantes |

du gouvernement f'déral et de la com-

agnie du Pacifique. Trente-cinq milfon pour ces deux emprunts étaient demandés, et deux cent dix millions ont été pour ainsi dire spontanément offerts aux taux les plus favorables,

Je désapprouve aussi la manière dont l'emprunt a été fait, pour cette autre raison que j'aurais préféré l'émission d’annuités rachetables, capital et intérêts, en 30, 40 ou 50 ans, au lieu de

l'émission de titres au terme de 40 ans qui a eu lieu. Pour le gouvernement fédéral, pour les colonies aust:aliennes, et, en général,pour tous les pays qui ont à faire encore beaucoup de travaux au compte du capital, je conçois que le plus important n’est pas de s'occuper du rachat rapide de la dette publique, mais bien de pouvoir obtenir aux m-illeures conditions possibles les capitaux nécessaires à l'exécution des grandes améliorations d'utilité générale. Mais je crois qu'au point où nous en sommes rendus dans notre province, la meilleure politiqe financière à suivre est de commencer à pourvoir au rachat, lens, si vous le vou'ez, mais graduel, de nos obligations provinciales, C’est pourquoi j'aurais été favorable à l'emploi du système des annuités terminables pour le nouvel emprunt, étant donnée la nécessité de le contracter, ce que je pense avoir contesté avec succès.

L'EXERCIOE EN COURS— 1887-88.

Après nous avoir fait un bien sombre tableau de la situation à son avenement au pouvoir et des oprations de l’année terminée le 30 juin 1887, l’hon. trésorier est tout à coup devenu radieux lorsqu'il a abordé le sujet des opérations de l’exercice en cours, Quel est le secret de ce changement de ton ? C’est que pour l'année courante, le ministère actuel sera seul responsable da la gestion deg finances de la province. L'hon. trésorier comprend que le rôle du'pessimiste est fini, et qu’il est temps, pour la popularité du gouvernement, de commencer à peindre les choses sous les couleurs les plus brillantes et même les plus exagérées. Vraiment, je suis presque tenté de le féliciter de la souplesse avec laquelle il à fait cette difficile transition. Il est soudainement pessé du découragement en apparence le plus complet, aux illusions les plus enivrantes sur le présent qu'il prétend avoir fait si heureux, et sur les perspectives de l'avenir prospère qu'il s’attribue le mérite d'avoir assuré à la province.

J'ai personnellement beaucour d’estime pour l’hanorable trésorier, et je ne voudrais pas lui causer le moindre déplaisir. Mais j'ai un devoir public à accomplir, et jo veux croire qu’il ne m'en voudra pas si je prends la légitime liberté de faire une trouée un

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peu large dans les illusions qu'il me paraît tant aflectionner. Il m'y a obligé par les eflorts qu’il a tentés pour le:

faire partager par mes honorables coilègues et par le public généralement.

Parlant de l'exercice en cours, l’ho norable trésorier nous a dit :

‘“ Il est impossible d'indiquer d’une “manière précise le résultat de cet ‘“ exercice ; mais l’état des recettes et # des paiements, jusqu'au ler avril 1888, { fait voir que pour ces neuf mois les ‘“ recettes ordinaires on été de $3,024,- 4 981.65 et les dépenses ordinaires de 4 $2,259,960.14, ce qui laisse un surplus “de $765,021.51. Li est probable que “ ce surplus ne sera pas sensiblement # diminué à la fin de l'exercice, si nous

‘“ percevons tout ce que nous espérons |

‘“ percevoir.”

mant pour le gouvernement et pour lui-même le mérite d’avoir si bien ad-

cement de l’année, que l'exercice se terminera par un surplus d'environ trois quarts de million. Les chiftres qui précèdent, sans lss commentaires qu’ils provaquent, sont de nature à induire la Chambre et le public en er.

reur, L’hon. trésorier aurait dû dire |

que le revenu qui lui permet de compter sur le surplus inliqué pour la fin de l’année, se compose de perceptions d’arrérages afférentes à plusieurs années antérieures. Il a reçu $ 100,000 d'Ontario, mais $70,000 de ce montant étaient dues pour les deux ainées précédentes.

Le gouvernement d’Ontario en avait sans raison refusé le paiement,

Le 31 mars 1888, la somme de $557,-

165 avait déjà été perçue pour arrérages | des impôts sur les corporations com-

merciales, en vertu du jugement du Conseil Privé rendu l'été dernier. La part régulière de revenu pour l'exercice en cours dans le montant qui sera reçu de cette source, est d'environ $125,00), la balance étant pour les années antérieures. Considérer toutes ces sommes comme revenu régulier, ordinaire de 1837-88, c'est fabriquer à peu de frais un surplus énorme pour la fin de l’année. Je n’ai pas besoin d’insister davantage sur ce point, parce que la Chambre et la province comprendront tout de suite que le revenu de l'exercice en cours est beaucoup augmenté

de recettes extraordinaires qui ne se renouveleront pas une autre année,

LES DÉPENSES DU GOUVERNEMENT ACTUEL, Le ministère actuel s’'efforce-t:il de

mettre en pratique au pouvoir le régime d'économie qu'il a si souvent et si for-

| tement réclamé et promis dans l’oppo-

sition ? C’est la partie de la question financière qu’il importe le plus d’étudier maintenant avec soin.

Il est évident que pour faire une juste

| comparaison des dépenses Au présent

cabinet et celles de son prédécesseur, il faudra mettre en présence les frais encourus par les deux pendant des années dont ils sont, l’un et l’autre, entièrement responsables. Mais à part cela, on peut aussi juger la politique finan-

L'hon, trésorier continue en récla.|Cière du gouvernement actuel, en com- | parant les budgets qu'il nous demande | de voter, avec les dépenses faites par le

ministré les finances depuis le commen- | Ministère précédent pendant sa der-

nière année complète d'administration,

| celle de 1*85-86.

L'année courante ne se terminera que le 30 juin, et nous n’aurons les comptes publics de cet exercice qu’à la prochaine session, Mais je puis dès maintenant faire une intéressante comparaison,

| parce que nous avons des états partiels

exactement pour la même période de 1886-37 principalement sous le gouvernement précédent, et de 1837-88 sous le présent cabinet.

Comparons les dépenses des mêmes services ordinaires pour les neuf premiers mois de ces deux exercices.

Du ler juillet 1887 au 31 mars

1838, sous le régime actuel,

les dépenses ordinaires ont

ÊLÉ A6... ver ocnsoosossssecoes coco » D 2 200,653 Pour la même période en 1886-

#7, sous l’ancien régime,

elles ont été pour les mêmes

services de .......,.ssossse 2,137,490 Augmentation en neuf mois

sous le régime actuel.......$ 113,163

Je puis en toute sûreté calculer cette augmentation à plus de $150,009, parce que l’état de 1886-87 contient les $50,- 461 déboursées pour les dernières élections générales,

Comparons maintenant les frais de

quelques-uns des divers services pendant la même période de neuf mois des

deux années.

Gouvernement civil en 1887-88.#158,780 do do Augmentation, 8 13,014 Administration de la justice, 1887-88... sssesssssss es B328,870 Administration de la justice, 1986-97. ssscve sonne vocosoooceeesss 804,921

Augmentation. ….....$ 23,949

Instruction publique, 1887-88. $337,010 do do 1886-87 322,235 Augmentation...…......$ 14,775 Travaux et édifices publics 1887-88 cesse se vocsooossse$ 94,411 Travaux et édifices publics, 57,844

LOS Titres CERENTIEREELLILEEEELLET)

Augmentation..........$ 36,567

Divers, 1887-88......,............$ 27,469 | DE HN 4 actuel, à $3,350,000, en supposant que

Augmentation ss. $ 10,620

do LABO BTE rides are eee

Département des Terres de la Couronne, 1887-8%......,.....

Département des Terres de la Couronne, 1886 87......ssereoues

Augmentation..........$ 14,050 |

Comme on le voit, il ya une augmen:-

tation considérable dans tous les servi-|

ces où les dépenses sont le plus facile-|

ment contrôlables. On ne saurait donc

y trouver les preuves de l’économie |

tant promise,

L'hon, trésorier ne nous a donné que |

peu de renseignements sur l'exercice en cours et sur les résultats probables à la fin de l’année. C'est une réserve de sa part qui ne manquait pas de pru-

dence, parce qu’il avait intérêt à ne | X7 : moins $500,000 en dix-sept mois de

pas provoquer la discussion sur ce point.

Je cède cependant au désir d’en parler |

encore un peu. À la date actuelle et avec les documents officiels que nous avons, nous pouvons calculer d’une manière assez approv“imative le mon-

tant que les dépenses ordinaires de l’année courante atteindront,.

Nous venons de voir que pour les neuf mois terminés le 31 mars dernier, elles s'élevaient déjà à $2,250,653, Il me paraît bien certain que le 30 juin courant, elles atteindront $3,350,000,.

Le gouvernement a fait voter l’année dernière les somres suivantes :

Budget général ordinaire de 1887-88... oscsoroee 00050: 83,015,829

ler budget supplémentaire... 67,960 Mandats spéciaux jusqu’au 16

MAL sesserescsoesecssesessesrconses 180,003 Maintenant, il nous demande

un second budget supplé-

mentaire ordinaire de... 123,282 Et pour la codification des lois 45,000

Montant............83,431,574

Si la chambre vote le budget supplémentaire qni lui est soumis, des dépenses au montant de $3,431,573 auront

| été autorisées pour l’année courante. Je

n'exagère donc pas en disant que les dépenses réelles de l'exercice en cours seront portées, par le gouvernement

tous les crédits votés ne soient pas épuisés,

Comparons ces dépenses ordinaires de l’année courante avec celles de la dernière année complète de l'ancien régime :

Dépenses de 1887-88... $3,350,000 Dépenses de 1385-86... 2,961,563

aan ane + mes

Augmentation..…..$ 388,137

Cette comparaison fait donc ressortir une augmentation de près de quatre cent mille piastres. Est-ce ainsi que le gouvernement actuel prétend pratiquer l’économie en augmentant les dépenses de quatre cent mille piastres dans une

| seule année ? Il est aussi responsable | d'une augmentation de plus de $ 100,000

pendant les cinq derniers mois de 1886- X7 : soit une augmentation totale d'au

pouvoir. L'actif sur lequel la province devait compter pour payer les subven.tions aux chemins de fer, a été ainsi en grande partie absorbé par ces dépenses additionnelles d’un demi-million.

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ur leg rnier, D3. Il 0 juin 0,000, année

1ppléépenuront je, Je 1e les cours ment t que

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brtir atre e le uer une hble l'au de nce enen ses

L'EXEROIOE 1888-89,

Répondant, vendredi, à quelques re-

dont l’ancien gouvernement est seul et entièrement responsable.

marques de l’honorable chet de l’oppo- | Crédits demandés pour le

sition, l’hororable premier ministre a admis que les opérations fiuancières de

| gouvernement civil en 1388-89 ..... e.ssorssssesss B 219,776 00

l'année courante étaient en eftet peu | Ssmme dépen:ée pour la

satisfaisantes, Je lui tiens compte de la | franchise de l’aveu, mais il a eu le tort | d'essayer encore une, fois d'en rejeter, | au moins partiellement, la responsa-| bilité sur ses prédécesseurs. Mais le | ministère se propose-til de conduire les opératons de l’année prochaine d’une manière plus satisfaisante? Evidemment non, si l’on en juge parle budget général qu’il nous propose de voter, Il nous demande pour les dé-| penses ordinaires de 1888-89 des crédits au montant de $3,277,359, à laquelle somme il n’est que juste d’ajouter le

crédit spécial de $63,000 pour la codi |

fication des lois et les crédits, au montant de $17,900, pour divers travaux

publics imputables au revenu comme

par le passé, parce que les frais de ces travaux et ceux de la codification des lois ont toujours été comptés dans les dépenses ordinaires de l’année.

L'addition de ces crédits porte le total des dépenses ordinaires que le gouvernement se propose de faire l’année prochaine à $3,358,259. Ce n'est pas tout. On sait fort bien que le ministère rous demandera de voter un premier budget supplémentaire avant la fin de cette session, et un second budget supplémentaire à la session prochaine, toujours pour l'exercice

18#8-89. Je n’exagère pas en por-|

tant ces budgets supplémentaires au total de $150,000, ce qui élèvera les dépenses ordinaires de 1888-89 au mon tant relativement énorme de $3,500,00) en chiffres ronds, soit une augmentation de $540,000 sur celles de 1885-86 dont l’ancien gouvernement est seul respon:

sable. Nous ne sommes donc pas entrés dans un règne de rigoureuse économie,

mais bien plutôt dans une ère de dépen-

ses rapidement croissantes,

Comparons maintenant les crédits demandés par le gouvernement actuel pour quelques-uns àäes services publics, dans son budget général des depenses de l’année financière 1888-89, avec les sommes dépensées pour les mêmes fins pendant l’année 1385-36, la dernière

même fin en 1885-86... 183,675 41

Augmentation...……$ 36,100 59

es me

Département des Terres de la Couronne, 188%-89.....$175,200 00 Somme dépensie pour la même fin en 1885-86... 130,000 00

Augmentation... $ 45,200 00

| Administration de la justice, 1888-89... sessscosonser 8 400,038 98 Somme dépensée pour la même fin en 1885-86... 478,505 75

ee

Augmentation... 8 17,433 23

| Additionnons ces augmentations de dépenses en 1883-89.

Gouvernement civil..........$ 36,109 59

Département des Terres de la Couronne... io de vec

| À duministration de la justice.

Montant... sassosessD 98,798. 182

| J’établis donc, en comparant le budget général ‘le 1388-89 avec les comptes publics de 1885-36, que pour les trois | services publics seulement que je viens | d’énumérer,le ministère actuel demande | à la Chambre de l’autoriser à dépenser | $9*,733.82 d- plus que le gouvernement | conservateur, On peut être certain que | les budgets supplémentaires porteront | cette augmentation au montant de cent ‘quarante à cent cinquante mille piastres.

L'honorable trésorier compte sur un revenu ordinaire de $3,345,672 l’année | prochaine, Je crois ses prévisions de |recottes assez justes dans l’ensemble, | Mais en supyosant mêmne qu’elles se réalisent complètement — et il faut | toujours prendre garde aux mécomptes —il me parait inévitable qu'au train ‘qu'il y va, le ministère puisse solder

les opérations de l'exercice 1888-89, autrement que par un déficit de cent à cent cinquante mille piastres. Nous retournons done trop sûrement à l’ère des déficits à laquelle le gouvernement précédent avait heureusement réussi à mettre fin.

Est-il possible de prouver plus clairement que je viens de le faire, que le gouvernement actuel n’a pas rempli les promesses si souvent et si solennelle.

ment faites par ceux qui en forment partie lorsqu'ils étaient dans l’opposition ?

Que l'honorable trésorier me permette de lui dire qu'il a été injuste envers ses adversaires, lorsqu'il a réclamé pour ses collègues et pour luimême tout le mérite de l’accroissement des sources du revenu de la province. Le développement du revenu pour l’année courante et pour les années futures, est presqu'entièrement l’œuvre des gouverne:

ments conservateurs qui ont aiïministré les affaires publiques depuis 1879. Il est bien étrange de vous entendre citer, par exemple, l'impôt sur les corporations commerciales comme une preuve de ce que vous avez fait pour augmenter le revenu, lorque tout le monde sait que tous ensemble vous avez énergiquement combattu cette mesure. Et votre prétendu surplus de trois quarts de million

pour l’année courante, ne se compose:t- |

il pas presqu'’en totalité de la perception des arrérages de ces impôts, accu-

mulés pendant que vos prédécesseurs |

luttaient avec courage pour faire décréter par les tribunaux que cette lég'slature avait le droit constitutionnel de prélever ces taxes.

Si vous voulez être traités avec la justice qui vous est due, et que nous n’entendons pas vous refuser, soyez-en certains, commencez donc enfin à vous montrer justes envers des adversaires que, trop longtemps, vous avez combattus avec les armes de l’espr » parti le plus déplorable et le plus .uisible aux intérêts publics.

ques travaux de ceux que vous aviez si injustement accusés,

Vos prédécesseurs avaient un budget ordinaire de recettes et de dépenses de trois millions de piastres en chiffres ronds. Vous prétendez que c'était une situation alarmante, Vous arrivez au pouvoir, et dans deux ans vous portez vos dépenses ordinaires à trois millions et demi, tandis que vous ne calculez votre revenu qu’à $3,345,672, et vous vous écriez que vous avez sauvé la province de la ruine qui la menaçait, Est il possible d'expliquer raisonnablement une aussi étrange prétention ?

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