MOI
ouvert rillant, eureux
1s des
Lo
occupations auxquelles je me sens propre.
Mais cette carrière attrayante elle m'est trmée. Initié aux beautés de la littérare grecque et romaine ; familiarisé avec les grandes renommées du monde moderne, j'avais préparé mon cœur aux srandes émotions du forum ou de la tribune, ou aux jouissances plus douces, mais non moins vives du cabinet ; mais me faut refouler ces aspirations chéries au fond de mon cœur, et me résigner à une vie qui ne m'oflre que dégoût et amertune. Adieu, mon père, puisqu'il le faut ; mais vos sacrifices n'ont fait que me creuser une souree inépuisable de regrets ”...… et de remords et de honte peut-être, jeune homme, ajouteral-je, Si ton bon ange ne veille sans cesse sur toi.
Combien ne pourrais-je pas vous citer d'hommes, occupant, ici et ailleurs, des positions sociales honorables dans là société, qui tromblent encore au souvenir
me 100:
des dangers qu'ils ont courus au début de leur carrière, faute d’un peu d’assis-
tance. D’autres ont complètement pekdu
leur avenir, par l'obligation où ils ont été d'embrasser un état auquel ils n'étaient pas propres. D'autres enfin y ont tout perdu, bien-être, honneur, caractère et réputation.
Ce sont là des dangers auxquels, sous notre système, l'Etat devra soustraire les jeunes gens lettrés pauvres. Il y aura pour lui, à cet égard, charge d’âmes, outre la considération de l'intérêt public qu'il y aura à faciliter le développement et l'exercice de toutes les carrières qui constituent une civilisation avancée.
Personne ne contestera cette proposition que, toutes choses égales d’ailleurs entre deux peuples, celui-là surpassera l’autre en prospérité, en grandeur, qui mettra le mieux en action l'intelligence qu'il
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possède. Quelqu'un prétendait un jour
qu'à Elizabeth, après tout, ne devait revenir qu'une bien petite part de la uloire qui avait illustré son règne ; car, disait-il, elle n'avait eu que le mérite de choisir des hommes d’un grand mérite. “ Eh! ne comptez-vous pour rien le mérite de bien choisir, ” répartit un des interlocuteurs ? Tous les grands rèones, toutes les grandes époques sont dus au nombre des grandes intelligences, qui ont été appelées à y jouer un rôle.
Et le plan que je propose se réduit, en dernière analyse, à régler, à généraliser, à normaliser, pour ainsi dire, d’accord avec la nature, ce qui, dans tous les temps et sous toutes les latitudes, a fait la force, la gloire et la prospérité des nations.
Que n’aurait-on pas droit d'attendre d’un peuple qui mettrait en scène, non pas seulement une petite partie de ses
vrandes intelligences, comme on l’a fait
jusqu’à présent, mais toutes les fortes intelligences que forme la nature dans son sein ! La première grande nation qui le fera, en sera recompensée par l'empire du monde entier ; et les petites qui le feront, deviendront, par cela seul et en peu de temps, de grandes nations.
Ces légions de médiocrités qui, grâce aux vieux systèmes, encombrent et embarrassent toutes les carrières élevées.
constituent à mes veux le plus grand obstacle au progrès des peuples, Mais le temps arrivera : que dis-je ? le temps est arrivé où les intellisgenees seront casées selon leur grandeur: et cela se fera, non seulement par des considérations tirées de l'ordre moral, mais par des considérations purement économiques, lesquelles malheureusement ont souvent plus de poids que les autres C’est main-
tenant de peuple à peuple que se fait la
fortes ‘e dans ion qui empire qui le let en
, LTACE et em- ‘levées, grand Mais le temps seront cela se sidérapar des niques, ouvent mainfait la
concurrence de l'industrie ; et chacun sentira la nécessité d'amener en lice les plus forts et les plus habiles champions, et en aussi grand nombre que possible.
Pour cela, je ne connais pas d'autres moyens que celui que je propose.
Vous venez de voir les champions industriels de toutes les nations, réunis en champ clos, dans le fameux Palais de Cristal de Londres.
seulement Paris, Vienne, Berlin, Lyon, Lowell, contre Londres, Birmingham.
Ce n'étaient pax
Sheffield, mais l'Angleterre, la France.
l'Allemagne, les Etate-Unis et tous les pays du monde, s'envoyant et acceptant un noble cartel, qui demandera, pour être honorablement soutenu, toutes les ressources intellectuelles de chaque nation.
Belle et heureuse idée ! guerre bienfaisante, qui va faire remplacer le génie des combats sanglants par le œénie
te
de lJ'mdustrie; les orands capitaines, par les grands industriels, et amener le développement universel, l'émancipation complète de l'intelligence. A la médiocrité les humbles occupations ; portes ouvertes au génie dans toutes les carrières, altolile portas, principes, vestras. Chacun à sa place; c'est le vœu de la nature, c'est l'intérêt des peuples, et par-dessus tout, Dieu le veut.
Et s’il est un peuple au monde à qui sa position fasse une loi de faire ressortir, d'organiser, d'utiliser tous ses talents, afin de résister à l’action dissolvante de son entourage, ce peuple c’est nous. En füt-1l jamais un plus menacé dans son existence nationale ? Au lieu de nous décourager, cependant, sachons profiter des dons intellectuels que la nature nous
départit ; compensons le nombre par
l'organisation et la discipline, et fions-
LCIpa-
À la
sortir, lents, te de
S SON nous ofiter nous par ions-
nous sans crainte à la Providence, dont nous seconderons par là les vues et les desseins. Le cancer qui ronge le sein de l'Europe, notre mère, le partage excessivement inégal des richesses d'un côté, et l’extrème pauvreté de l’autre, ne nous ont pas encore gravement atteints, et ne pourront par conséquent opposer une résistance sérieuse au régime rénovateur et préventif que je propose. Sur votre bannière nationale, en forme de couronne audessus de la croix de saint Jean-Baptiste, écrivez : Rècne de l'intelligence. Et je ne crains pas de vous répéter la prédiction faite à celui que l’on regarde comme le vrai fondateur de l’ancien empire français, à Clovis I; Zn hoc signo vinces.”
Et nous aurons été alors les dignes
enfants de ces hommes énergiques et dévoués, qui, les premiers, enseignèrent sans doute pour qu'ils ne fussent pas oubliés, les accents de notre belle langue
ie
aux échos du Saint-Laurent et du Mis- SISSIPPI.
I y en a, je le sais, parmi nous, qui désespèrent de notre nationalité, et qui sont prêts à mettre bas les armes devant une nationalité rivale. Ce sont, comme il y en a dans tous les camps, des Tâches, qui s'avouent vaincus méme avant d'avoir combattu. Pour moi, quand je vois une poignée d'hommes, comme étaient nos pères, tenir en échec Îles nombreuses, riches et populeuses colonies qui les avoisinaient ; quand, abandonnés par Ja fortune et leur ancienne mèrepatrie, je les vois résister au coup de la conquête d'abord, et ensuite à la compression semi-séculaire d'un 2ouvernément local hostile et jaloux, je me dis: un pareil peuple s'il meurt, c’est
que les enfants seront indignes de leurs
pères. Vous désespéreriez de notre natio-
ivant id je min c les onies nnés nérele la comrné-
me c’est eurs
atio-
nalité, vous, hommes de la jeune g'énération, tandis que ceux qui vous ont précédés n’en ont pas désespéré ! Cependant, ils n'avaient pas, comme vous.
à leur disposition et en abondance.
les richesses littéraires et scientifiques de Ja vieille France. Je ne suis pas encore bien avancé en âge, mais j'ai vu le temps où l'arrivée, dans notre bonne ville de Québec, d'un ouvrage français contemporain, était presque un événement ; et bienheureux s’estimait celui qui pouvait en avoir la lecture. Je pourrais vous citer de mes amis de jeunesse, qui ont copié à la main des ouvrages français qu'on ne pouvait se procurer qu'à un prix eXxorbitant. Nous n'avions alors qu'un petit journal hebdomadaire, vivant au jour le jour, ayant même souvent des syncopes plus ou moins longues, causées par le
wianque de nourriture. Aujourd'hui il \
a abondance de journaux français, non-
ie
seulernent parmi nous, mais même chez nos voisins des Etats-Unis, où le français semble avoir la prétention de devenir, ce qu'il est en Europe, le langage des salons et de la bonne société. Tous ceux qui ont voyagé aux Etats-Unis savent qu'il n’y faut pas tenir des propos lécers en français, car on court partout Le risque de voir de beaux sourcils se froncer à ses côtés. Eh! encore une fois, vous déses-
péreriez, quand vos pères ont espéré !
Je pourrais encore pardonner à cette faiblesse, car il n'est pas donné à tous d'être forts; mais ce que je ne saurais pardonner, c'est que par esprit de parti, par une haine, inexplicable pour la suprématie britannique, par la sotte manie de dénigrer nos propres institutions, et de voir tout en beau chez nos voisins, sans se demander s1 l’état de choses qui existe
enez eux conviendrait à notre peuple,
chez
nçÇais “enir, e des ceux avent lécers 1sque ‘à ses déses-
ré !
\ cette L tous Lurais parti, upréle de et de is &( xXIste
uple,
l'on se montre disposé à faire bon marché de notre nationalité ; à troquer notre droit d’ainesse pour un plat de lentilles, plat fort problématique encore. De nos jours, l’on appelle cela du patriotisme !
Et l’on ose mettre cela en programme, pour l'édification des enfants et petitsenfants des héros de Carillon et de Chateauguay, et de maints autres glorieux champs de bataille, arrosés de leur sance pour le maintien du nom Canadien- Français. Et l’on ne craint pas que les ombres indisnées de ces héros ne sortent de leurs tombeaux, pour protester contre cette apostasienationale, et ne demandent qu'au moins l’on ajoute au programme.
un article concu en ces termes :
Translation des cendres de nos péres
sur une terre où l'on n'insuitera pas à
leur mémoire, ?
J'avais pensé d'abord à faire entrer dans mon plan une disposition expresse, pour assurer de l’encouragement, ou des secours, ‘aux hommes sans fortune qui.
par pur amour de la science, se voueut à
des études où à des recherches qui
peuvent tourner à l'utilité ou à la gloire de Jeur pays. Mais réflexion faite, je me sus dit que dans une société où règnerait l'intelligence, cet encouragement, ces
SeCOUrS ne malqueralent pas au besomm.
On à publié un ou deux voluines, qu'on aurait pu faire plus gros et plus nombreux, sur “ les Auteurs morts de fan.” On ne pouvait faire une plus sanglante critique de nos institutions sociales.
Parmi ces auteurs, il v en avait de médiocres, il est vrai, de mauvais même :
mais il y avait aussi des hommes d'un œrand mérite, de génie même, que l'indif-
lérence de leurs contemporains a laissés
entrer resse, ou des e qui, ueut à S qui gloire Je me nmerait y COS
esOIn.
qu'on noman.” ‘lante lales.
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d'un ndif-
ISSÉS
tre
en proie à la misère et au désespoir, ct dont plusieurs ont été apothéosés par la posterité. Combien d’autres moins couraeux ont, faute d’un encouragement assuré, laissé s’éteindre dans l'obscurité des intelligences faites pour iluminer le monde, ou le doter de découvertes d'un avantage incalculable ? Si Pancien régime a failli sous ce rapnort, avec ses ; nes et ses Princes protecteurs des lettres, que sera-ce sous le régime nouveau, où personne ne se croira obligé à cet égard, si FEtat ne prend latfaire en mains? Le peuple s'est collectivement plus où moins substitué aux rois et aux oœrands dans l'état: j'espere donc qu'il ne répudiera pas les obligations de «a nouvelle position, et que l’'encouragement des arts et des sciences sera assuré d'une manière encore plus large et plus œenéreuse que par le passé. Cest pour
lui le meilleur moven de prouver la
légitimité de la souveraineté dont on le gratifie, et de raffermir cette souveraineté, en se conciliant l'intelligence.
qui a toujours été et sera, plus que Jamais, la plus forte et la plus impérissable des
puissances humaines.
Mais il est temps d'en venir à l'article suivant de notre programme, sur lequel il n'y aura pas lieu à faire un très-lons commentaire. [l va s'agir tout simplement du mode d'immatriculation à suivre, pour constituer l’état, la qualité de Lettre.
ut. “on ART. 6.— I] sera, après examen public et chu de solennel, délivré aux élèves qui en SAP: auront été jugés dignes, des diplomes PRO constatant les degrés auxquels ils ble des seront parvenus ; et ceux qui auront obtenu ces diplômes formeront dans article la société une classe distincte, sous le lequel nom de ‘“Lettrés,” qui jouiront des -lons | droits et priviléges ci-haut énoncés et imple- autres qui pourront leur être accordés ion à ci-après.
jualité
C'e sera certes un orand et un beau jour pour nos jeunes candidats et pour leurs familles, que celui où ils seront admis dans le corps gouvernant, jour tout aussi mémorable pour eux que celui où le jeune Romain recevait la toge, et le preux du moyen-âge, l'ordre de chevalerie. Ce sera un Jour de réjouissance pour l'Etat aussi bien que pour la famille. et se renouvelant à des époques
fixes, il sera les grandes fêtes de l'intellience triomphante, élevées alors aux proportions de fêtes nationales. Rien douc ne sera oublié pour rendre ces fètes
aussi brillantes que possible.
Il sereit prématuré d'entrer dans aucuns détails sur les charges publiques auxquelles les différents degrés donneront droit de prétendre. [serait d'ailleurs difficile d'établir des règles sénérales à cet égard, applicables à tous les pays, ei ans tous les temps. Mais les rèslements devront être bien stricts et bien précis sur ce point; car 11 sera la pierre de touche du système. Ni on laissait une trop grande latitude à l'intrigue, aux caprices où à la faveur, on retomberuit bien vite dans le rèone de la médiocrité des temps passés. Les rois. les peuples -hoisiront, mais sans pouvoir sortir du
cerrle des capacités incontestables, Bien-
intelli- TS aux Rien
es fêtes
dans bliques donneulleurs rales à AVS, € ments précis ire de it une è, aux 1Lberait locrité euples tir du
Dien-
tot le peuple sera obligé de prendre pour maitres d'école des hommes munis d'un brevet de capacité ; qu'y aurait-il donc d'étrange à ce qu'on exigeàt la même earantie des hommes à qui l'on confie la législation, le gouvernement et l’admni-
nistration des affaires publiques ?
Que l'on ne conclue pas de ce rapprochement, que je mésestime la profession d'instituteur. Non, certes : et j'espère bien que sous le régime de l'intelligence, cette classe précieuse d'hommes obtiendra le rang: et Ia distinction qu'elle mérite ; qu'on en fera une des classes les plus honorables et les plus honorées. (est une honte pour nous que l’état d'abaissement où se trouvent encore les instituteurs de la jeunesse, mème dans nos sociétés les plus avancées, Ce devra donc ètre un des premiers soins du législateur.
sous notre système, que de laver cette
mi
tache. [l n'en saurait étre autrement.
d'ailleurs, sous un régime où léducation
doit jouer un si grand role.
Ar, 7.— Un bureau central Sera nommé à certaines époques fixes, pour surveiller l'exécution de Ia présente loi, d'abord par le pouvoir exécutif, et au bout d'un certain temps par le corps ou la classe des Lettrés : avec le droit de délécuer ses pouvoirs à des bureaux locaux, où à des agents ambulants dans les pariies éloignées du pays.
Des pouvoirs disciplinaires étendus
seront accordés à ce bureau.
Notre système demande lunité ei
l'uniformité d'action ; celle-ci demande la centralisation, qui produira l'énergie et l'efficacité. Le corps des Lettrés, dont
l’on fait une puissance sociale, doit avoir
Jen.
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Pays.
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dont
Voir
larégie de ses affaires ; mais, auparavant.
il faut que ce corps existe en réalité. Or il n'existera ainsi qu'après que notre système aura été en opération pendani une ou deux générations. En attendant, je ne vois que le pouvoir exécutif qui puisse bureau
convenablement composer le
central, chargé de l'exécution de ln
nouvelle loi.
Nos actes d'éducation et de municipalités sont là pour nous démontrer combien il est peu sage de confier directement aux administrés l'exécution des lois, même Jes plus favorables au peuple, lorsque ces peuples n'ont pas été préparés à l'exercice des pouvoirs qu'on leur confère, Les actes municipaux soit à peu près restés une lettre morte ; et si on n'avait pas donné aux municipalités rurales le produit des licences d'auberges, il n'aurait pas été plus question du
système municipal dans la plupart de nos paroisses ou comtés, qu'au Labrador ou à la Baie d'Hudson. Les actes d’éducation, par les résistances qu'ils ont rencontrées, sous un prétexte ou sous un autre, mais toutes provenant de l’incapacité des agents désignés, ont semé le trouble et la démoralisation sur plusieurs points du pays, sans avoir produit aucun bien visible et appréciable, depuis onze ans qu'ils coùtent des sommes considérables par année. C'est bien beau sur le papier ou dans une harangue, que le souvernement du peuple par le peuple :
mais cela n'est bon, en pratique, que
lorsque, le peuple a été graduellement
initié au gouvernement de ses affaires locales. [1 y a en cela deux écueils également à éviter : aller trop vite, et aller trop doucement. Il en est de certains peuples comme des enfants mineurs ; c'est vouloir leur ruine que de leur
art de brador d'éduls ont pus un ncapamé Je isleurs aucun
onze nsidésur le ue le ‘uple :
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leur