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par ces fiévreuses anxiétés qui empoisonnent le présent, par ces sombres incertitudes qui obscurcissent l'avenir.
Devant un spectacle aussi découraseant, les uns prêchent le culte des idées surannées, et veulent nous refouler vers un passé impossible : les autres veulent faire halte au milieu de Ia confusion universelle, ou espèrent endormir une société fiévreuse dans une politique d'expédient et du jour au jour ; d’autres enfin, l'imagination échauflée d'espérances insensées, nous poussent vers un avenir irréalisable ; un petit nombre se dégageant de tout préjugé, de toute préoccupation irrationnelle, de tout motif retréci, consentent à considérer la situation des yeux de la raison et de la conscience. Ces derniers ne s'effraient pas outre mesure des symptômes menaçants que présente le monde social. Dans
le malaise du temps, ils voient une de
ces grandes crises, dont l'histoire offre E
plusieurs exemples, et qui, lorsque les »
in£avaises passions des hommes ou leur !
aveuglement n'y ont mis obstacle, ont # toujours fait faire un pas à l'humanité dans la voie du progrès indéfini et indé- !
finissable, dans laquelle il est de notre | nature, de notre destinée et de notre |
devoir de marcher sans cesse en avant.
C’est de l'oubli ou du mépris de cette !
loi, ou de quelque autre grande loi de »
notre nature, que découlent les maux et |
les calamités de nos sociétés.
Les lois sont de deux espèces: lois M d'ordre et de conservation d'un côté, lois k de réforme et de progrès de l’autre. On #
pèche “contre les premières, lorsqu'on porte la main sur des institutions qui, quoique imparfaites sous certains rap-
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ports, comme le sont toutes les choses !
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humaines, sont en harmonie avec l’état moral ou intellectuel des peuples qu'elles régissent. On pèche également contre les secondes, lorsqu'on rpousse ou qu'on néglige les changements ou les perfectionnements que demande un état social plus avancé, C’est contre ces dernières que péchèrent les courtisans et les flatteurs commencement de l'ère C'est contre les pre-
des rois, au d'émancipation.
mières que pèchent les démagogues et les flatteurs des peuples, en leur prêchant une liberté outrée, incompatible avec
l’état social et la nature humaine.
C'est une étrange erreur que de chercher dans la société une liberté pleine et entière. Cette liberté ne se trouve que dans l’état de nature, dans la barbarie.
Votre homme parfaitement libre se trouve dans les bois, et nulle part ailleurs ; et c'est-là que vous conduiraient
DE
vos folles idées de liberté. Là, je j'avoue, 8
vous disposeriez à votre guise de vo:Ë personnes, de vos biens, sauf pourtant les !
accidents d’une rencontre avec d’autres 1
hommes libres, plus forts ou plus rusés | que vous. Mais cet homme libre, est-ce À un homme ? est-ce l'être créé à l’image de Dieu, être moral perfectible, travail- N lant à se rapprocher de son divin modèle ? j Non, ce n'est que l'ébauche d'un homme | qui ne deviendra véritablement homme 4 qu'en passant par les mains de la société, qu'il rend dépositaire de sa liberté natu- À elle, et qui lui en rend la part dont elle Maux ( peut se passer, ou dont il pourra faire L sont … 116 $S
un bon usage, un usage conforme à ses propres fins à elle, qui sontet ne peuvent légitimement être que l'avancement et le bonheur de l'espèce humaine, en tant qu'être collectif. Qu'on cesse donc de
prêcher aux hommes en société la doc- !
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trine d’une liberté illimitée L'homme
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