DISCOURS AUX DÉLÉGUÉS DE LA GIRONDE
Messieurs,
Je vous remercie de votre présence ici, du Joi si beau que vous vous files chargés de me remeltrf et surtout des sentiments dont vous m*apportez Te! pression. Ces sentiments, je voudrais les avoir mérita tout entiers ; je crois néanmoins, par mon dévou< ment, en avoir mérité une partie, et j& suis charmé< pouvoir parler avec cette confiance devant von représentants de la Gironde, au milieu desquels j reçu le pouvoir, et en présence desquels j'en ai fait premier usage. C'est vous que j*aime à prendre po témoins, et que je suis heureux d'avoir pour jug sur cette journée du 24 mai 1873.
Certes, lorsqu'il y a un an, TAssemblée national usant de son droit, se séparait de moi, on ne pouvi pas, en présence du pays apaisé, de Tordre rétab du crédit soudainement relevé, du territoire libé par mes efforts et ceux de mes dignes collègues, i ne pouvait pas dire que j'avais mal usé du pouvc qu'on m'avait confié. Mais on m'adressait un reproch< c'était de n'avoir pas su ou voulu ramener le pa; dans les voies de la monarchie.
Eh bien, Messieurs, vous avez tout vu, et je voi le demande, à Bordeaux, au milieu de votre nob ci lé si animée alors, en présence de toutes ces popi lalions du Midi, confédérées pour la République, ( présence de Paris prêt à s'insurger et disposant (
io MARS 1874. 637
foret's iimucnsos, pouvions-nous jM'oclamcr la nionarcliie ?
lN)ii\ions-nousnu>mc nous saisir du gouverncoient el faire reconnaître l'autorité de rAssenibléc, si nous avions annoncé qu'elle venait j)Our abolir la République? QueUju'un, d'ailleurs, l'a-t-il proposé alors? Sans d()ut(^ j'ai entendu ])lus d'un honorable député exprimer le re^n*et (|ue la chose ne fût |)as possible, mais je n'ai entendu personne en faire la proposition.
Et un mois après, lorsque, arrivés aux portes de Paris qu'il fallait arracher à l'anarchie, nous étions obligés de déclarer, au nom de TAssemblée ellemême, que c'était non pour la monarchie, mais pour Tordre social en péril <pie nous combattions, aurionsnous pu tout à coup proclamer la monarchie? Et. si nous n'osions |)as le faire en présence du danger, aurions-nous pu, nous démentant impudemment, faire le lentlemain le contraire de ce que nous avions annoncé la veille? Quelqu'un a-t-il osé le |)roposer? Et un mois après, lorsjpie nous étions obligés de demander à la Banque le pain de chaque jour, lorsqu'il fallait trouver tout d'un coup 500 millions pour éloigner les Prussiens seideinent à quelques lieues de Paris, est-ce en causant au pays l'émotion que n'aurait pas manqué «le produire l'abolition de la Itépublique que nous aurions pu obtenir ce subit apaise* ment de deux années qui nous a permis d'exécuter dfs euqirunts prodigieux, de racheter le territoire
638 DISCOURS AUX DËLËGUÊS département par département, et dans l'estime des nations, en r^ rimnimisité de ses ressources? ' bliquc, en son nom, avec Tapais acceptation produisait dans les que nous avons pu obtenir deu:
ineBpéi*é, et réaliser les faits qi qualifier aujourd'hui en tcrmei dutis ces faits, où il entrait peut d'exécution, savez-vous quel a mes collègues et à moi? C'est claire de la situation, c'est d'avo l'état présent du pays, la répui forme possible de gouvernemer raison dont je parlais il y a qi qu'il faut accomplir si l'on veut la sécurilé, et, avec la sécurité, I l'entrain des affaires. Et d'uillei nenmnts nous fournissent euxjduâ complète de ce que j'avane Les liommes qui m'ont succé cédé pour faire la monarchie q l'oiit-ils faite? Ils ont eu, pour 1 dounoi', une aimée tout entière matérielle, raulorité do l'Asseml sans ménagements ; ont-ils ré Personne, assurément, n'oserail kiont pas, et si, le voulant, ils n< qu'apparemment ils ne le pouvai
Ce sont les partis, dira-t-on, qui ont été l'obstacle ! Mais ces partis, on les retrouvera devant soi le lendemain, comme on les a trouvés la veille. Et d'ailleurs, qui sont-ils, ces partis? Ce sont les masses populaires profondément attachées à la forme républicaine», ce sont les partis monarchiques eux-mêmes, voulant la monarchie, mais ne voulant pas la même, et toujours prêts à se coaliser contre celle des trois dynasties à laquelh» on donnerait la préférence.
C'est là , Messieurs , renseignement qu'il faut tirer de cette date du 1h mai; n'accusons pas les hommes, ne les irritons pas en les accusant, et cherchons dans les derniers événements, non pas une occasion de récrin)ination, mais un enseignement.
L'ensci^'nement est celui-ci : les hommes qui ni'accusaient de n'avoir pas rendu la monarchie à la France ont eu en main, pendant une année, le pouvoir, la force matérie!h\ une majorité monarchi4|ue, et cette monanhie, ils iio l'ont pas rétablie, uniquement parce qu'ils ne le pouvaient pas. Celte lerini, le pays en a prolité, et il le fait voir avec une étonnante persévérance toutes les fois qu'il a un député à élire. Il a ccmipris <|ue, pour n'avoir pas la {guerre civile, pour arriver au calme, au travail fécondant, il faut accepter le p)uvernen)ent qui confondra tous les partis en un seul, *conq>osé de l'universalité des bons citoyens unis, (pielles que soient leur orijrine et leurs opinions, pour réorganiser la France et la conduire ainsi ù un nieilleur avenir, et ce gouvernement, il n'y