FIN DU TOME IV
je suis convaincu que le sol d'Afrique est le sol des plus belles parties de l'Espagne et de l'Italie, qu'avec du travail et du temps vous pourrez en tirer tous les fruits possibles. Je dis avec du travail et du temps, car il n'est pas donné à la paresse et à l'incertitude de produire quelque chose. Cela n'appartient qu'à une volonté énergique et persévérante. {Très bien! très bien!)
Quant à la position, comment des hommes éclairés peuvent-ils dire que celle de l'Afrique est nulle dans nos affaires? Vous croyez que l'Afrique nous affaiblit; eh bien, moi. Messieurs, à qui vous avez confié l'insigne honneur de veiller aux intérêts du pays, je dis que cela n'est pas. Vous croyez que c'est là notre faiblesse : je dis et je sens que c'est là notre force. (Mouvement.) La position est considérable.
Vous dites qu'il n'y a pas de port. Sachez que, dans ce moment, on développe celui d'Alger, et qu'il y a certitude qu'on pourra réunir à Alger, sous un canon invincible, trente vaisseaux de ligne dans le même mouillage. Ce n'est pas un rêve. Messieurs, c'est un fait vérifié : les jetées sont commencées, et chaque mètre de travail ajoute à la sûreté du mouillage. Ce ne sont pas des chimères, ce sont des certitudes.
Or je prétends qu'avoir en face de vos rivages, à 170 lieues de Toulon, un port capable de contenir trente vaisseaux de ligne, ce n'est pas là une chose à mépriser, une chose à appeler calamité. Parler ainsi,