NOTICE BIOGRAPHIQUE
âme droite qui n'avait jamais eu l'idée de ce crime audacieux, mais dont rien ne pouvait ébranler la foi et le courage. I II fit partie du « comité de résistance qui resta en permanence pendant quatre «jours, changeant sans cesse île résidence pour déjouer lu police « qui le traquait, continuant de répandre dans la \illc ses pmcla-
• mations et ses ordres, signés de chacun de ses membres, heureux ■ de braver jusqu'à la fin l'insolence de la fortune qui se prostituait
* au parjure. ■ A l'heure où ce comité dut se dissoudre D€ trouvant plus de gîte, .Iules Favre dit à ses amis qui jurèrent de quitter le pays et de n" \ rentrer qu'après la ehule du pouvoir qui ie déshonorait : ■ Je vous admire, mais je ne puis \ous imiter, le n'abandonnerai jamais mon pays, et j'y demeurerai pour consacrer tout Ce que j'ai de forces à combattre le despotisme abject qui triomphe aujourd'hui. ■
Pendant sept ans, il se donna tout entier au barreau; mais dans les nombreux procès politiques qu'il plaida à Paris et en province, il fut fidèle à sa promesse il M M lassa jamais de réseiller dans le cœur de la nation la passion de la liberté dont lui-même était consumé. En 1857, la démocratie lyonnaise soutint inutilement sa candidature dans la deuxième circonscription du Rhône. Kn 1858, Paris, électrisé par sa belle défense d'Orsini, lui offrit un siège au Corps législatif, mi il devint le chef du vaillant groupe des Cinq, dont il |M»rtait toutes les nobles aspirations à la tribune, sans se laisser décourager par les voles invariables de 254 contre 5, signalés par les rires bruyants de la majorité.
Elu en 1869 par Paris et Lyon, il opta pour sa ville natale. Aux élections de 18(>9, un parti démagogique ayant prétendu lui imposer une profession de foi athée, il renonça à sa candidature à Lyon, et fut élu à Paris.
C'est dans la période de 1858 à 1870 que son immense talent brilla avec le plusd 'éclat. Toutes les libertés étaient à revendiquer. et tous les libéraux étaient unis dans un même sentiment de haine contre le despotisme, dans une commune aspiration à des jours meilleurs. S'ils étaient peu nombreux au Corps législatif qui était