‹ Discours parlementairesChapitre 3 sur 57 · NOTICE BIOGRAPHIE U · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGRAPHIE U

presque entièrement composé «le candidats officiels, ils trouvaient un puissant appui dans le pays qui soutenait et acclamait le groupe Cinq dans sa lutte glorieuse contre le pouvoir absolu et ses courtisans. U s'agissait surtout de semer pour l'avenir. Et STOC quel zèle infatigable, ;i\ee qurl saint enthousiasme, Jules Eavre répandait à pleines mains relie semence be'nie qui levait insensiblcmeut «t qui fructifie merveilleusement à l'heure où nous sommes! En vain l'Empire essayait de l'étouffer , en interdisant d'abord la publicité des débats et en ne laissant au Corps législatif que le OÎr dérisoire d'enregistrer ses luis après des discussions trop souvent entravées par la tyrannie de la majorité. La semence imperceptible est devenue un arbre magnifique, à l'ombre duquel la nation prospère et se perfectionne.

Il ne nous reste des deux premières années de la législature de Jules Favre que deux discours sur l'expédition d'Italie. Mais, à part tous ceux qu'il a prononcés pour demander les libertés intérieures, combien de Fois il a élevé la voix pour les nations oppri- Notlfl u hésitons pas à publier tous ces beaux plaidoyers en faveur du droit des nations, car ce sont des leçons magistrales d'histoire »•[ de haute philosophie. Quelquefois sa parole est prophétique : * Les gouvernements périssent par leurs propres fautes, et » Dieu, qui compte leurs heures dans les secrets de sa sagesse, sait

préparer à ceux qui méconnaissent ses éternelles lois des cataphes imprévues, bien autrement terribles que l'explosion d'une » machine de mort imaginée par des conspirateurs '. « Et ailleurs, lorsqu'il reproche au gouvernement impérial de s'être départi de la généreuse politique de protection à l'égard des petits Etats et •I avoir laissé écraser le Danemark : « Qui peut contester que nous « sommes en lie.- d'une puissance ambitieuse dont les secrets des- » seins soient de dominer un jour l'Allemagne entière ? On l'a dit

«Luis une précédente discussion, elle se recommande à l'Europe • par des qualités exceptionnelles. Sa population est brave, indus-

' Déferue d'Omni, tus.

X NOTICE BIO'.H AIIIIQCI.

i (rieuse; elle a des vertus civiques qui lonl loin «l'être à dédaigner.

Mais f il même temps, au finul du cnuir de chacun 1 1 < ■ leeoOBci-

■ toyene, couve a secrel wvthnenl qui s'y est développé avec le

u culte de la patrie, avec l< s souvenus historiques, et qui la pousse

- forcément vers la conquête. In jour, peut-être, n tir nation sera » appelée, non plus seulement dans les conseils, mais sur les

- champs de bataille, à devenir notre rival»-'. * Avec quelle merveilleuse sagacité il prédit le sur! funeste de I * 1 1 1 !"• 1 1 * t n ■ i • : Maximilieu qui s'était laissé séduire par l'appât d'un trône sur la terre étran-

et qui voulait s'y mainte nir sans l'assentiment de la nation vaincue, forcé*1 d'accepter ce souverain de la main de son vainqueur! Avec quelle admirable constance il plaide la cause de l'unité Je l'Italie, dont une politique étroite \oulait perpétuer les divisions, pour qu'elle ne devint point pour la France une voisine l'doutable!

Dans cette période de douze années, Jules Favre, toujours prêt à la lutte, conserva entière et calme la confiance la plus absolue dans le triomphe définitif des idées libérales. « Soutenu par sa foi

■ indomptable dans la justice cl la Illicite, il était convaincu qu'en i avançant d'un pas Orme et . -untiuu dans les voies légales, en y » emportant successivement la restitution de chacune des libertés

« publiques mraeheei per lécrânc de Deux-Décembre, le groupe

u des Cinq, qui s'accroissait chaque jour, obligerait F Empire à dis- » paraitre, et qu'une évolution pacifiquement accomplie rendrait à » la France sa grandeur «t sa prospérité, sans l'exposer aux périls * d'une COmmetion violent-

Mais la France «levait payer cher sa servile complaisance pour le despotisme. Il fallait de terribles béons pour lui ouvrir les yeux et lui Pendra II forci nécessaire pour se ressaisir elle-même. Dans l'épouvantable tourmente de l'invasion que la folie de l' Empire avait déchaînée sur le pays, les députés de l'opposition Comten érent seuls le sang-froid Indispensable à conjurer le danger, ou du moins à en

* Qmttion d'Allemagne, MM

NOTICE BlUGRAI'IJIQllE.

allumer l«'S déplorables effets, k Tous ces nombreux champions de l.i dynastie dont 00 faisait tant de bruit, tous ces fonctionnaires

* obéissants, tous ces serviteurs depuis longtt nq » tseouplffl, s'effa-

• fièrent comme par enchantement, sans qu'aucun 8' 6UX songeât à

* risquer un acte île fidélité et de dévouement.

• Et ce ne fut pas chez eux manque de courage, encore moins - défection calculée; ce fut le sentiment instinctif d'une force supé-

• rieureà laquelle il eût clé insensé il* s "opposer; cette hure n'était « antre que la eonseienee humaine, réveillée enfin par l'excès du » malheur et se manisfestantpar l'unanime réprobation de l'homme

Ofl on système qui avaient perdu la France, C'est la 08 qui explii que l'inertie des membres du Corps législatif. »

Au milieu de leurs hésitations, la foule en valût la salle en demandant la déchéance de l' empereur, et Jules Favre, ne songeant qu'à oir un coup de main qui aurait pu rendre une faction violente maîtresse du mouvement, va proclamer la République à l'Hôtel de ville, assisté de ses collègues MM. Picard, Gambetta, Jules Simon, Pclletan, Arago, Crénûcux. Il dctinii rire-président du gouvernement de la Défense nationale, qui. rallie sous sou drapeau tous loi patriotes, oubliant un instant leurs dissentiments politiques pour travailler au salut de la patrie envahie.

Nom ne rappellerons pas ici les tragiques événements qui ont signalé cette époque : la défense glorieuse de Paris , le courage inébranlable de ses héroïques habitants. Nous voudrions que tous lot Français lussent cette navrante mais sublime histoire dans le' Simple Récit d'un membre du gouvernement de la Défense nationale, récit où tontes les générations à venir pourront puiser le patriotisme. J'en emprunte quelques lignes pour faire connaître les sentiments qui agitaient Jules Favre au moment où il prit la résolution suprême de demander une entrevue à M. de Bismarck :

« Sans parler du supplice qu'une telle entreprise devait in'in- • fliger, elle pouvait m'exposer à une humiliation gratuite, compromettante pour le gouvernement, préjudiciable à la défense

« Je sentais ces dangers, et je ne m'y arrêtais pas, tant me parais-

XII NOTICE BIOGRAPIligUI.

« sait supérieur à tonte CQBwdélttiOD le devoir de tout risquer pour épargner à Paris Im borreun d'un ^î«*fr*'» pour sauver d'une mort

* certaine des milliers de créatures humaines que la guerre allait « immoler. . . Ma conscience criait trop haut, j'étais prêt à tout

• braver pour lui nlie'ir. »

Aux élections de février 1871, plusieurs départements élurent Jules Favre, qui opta pour Lyon. Lorsque l'Assemblée nationale, réunie à Rordeaux, «ni eonKé à M. Huns le pouvoir exécutif de la République, le chef del'Klat insista pour que le ministre des attires étrangères gardât son portefeuille, en lui disant que son concours lui était nécessaire pour terminer les négociations avec l'Allemagne. Et Jules Favre, ne voulant pas laisser à son successeur les embarras et les douleurs de ce cruel traité de paix, resta à son poste jusqu'à ce qu'il fut définitivement signé. Une se retira qu'après que la Chambre eut voté le renvoi au ministre des Affaires étrangères «l'une pétition m faveur du rétablissement du |K)nvoir temporel du Pape.

.Malgré Tanimosilé de la coalition monarchique, il faisait encore entendre sa puissante et sympathique wix pour détendre les convictions qui avaient été celles de forte sa vie. Rarement il prenait la parole dans les grandes discussions politiques, craignant que la défaveur dont l'honorait la droite île l'Assemblée ne compromit le triomphe d'une idée elièic à lui et à ses amis; mais il n'était pas gêné par ces considérations dans les débats sur des questions purement administratives ou juridiques. Il prit part , entre autres, à la délibération sur la surveillance de la haute (Milice, BUT le projet de loi relatif aux déportés à la Nouvelle-Calédonie, sur le gouvernement civil de l'Algérie.

En 1H7(>, Ifl département du Rhône lui offrit un siège au Séual, où il prononça, entre autres discours, un remarquable plaidoyer

< tie la peine de mort, et présenta plusieurs projets de loi dont

celui de la réforme judiciaire et la constitution des tutelles sont encore à l'étude dam les oommisaioDfl de Sénat

Lors du complot *\\i 1(> mai 1877, on le vit de nouveau sur la brèche où il porta haut et ferme l'étendard de la loi. Ses nobles et

NOTICE BlOGRAMIKji t.

Ml.

Iégalt

roiniie ae m résistance murage et l'espérante de ceux qui

vigoureuses protestations, au

et dans la presse, soutenaient craignaient pouf nus libertés.

Nul plus qm lui ne s'est réjoui de l'établissement définitif de la République, objet constant de ses weux les plus cbers et de ses ' -I forts persévérants et désintéresses.

* Quoique mort, il parte encore ! « 11 nous dit de travailler . épanouissement de la démocratie « qui a été l'idéal de toute sa vie

- et qui est l'aurore dune ère nouvelle de progrès scientifique, de a résurrection moitié et de prospérité matérielle. Il nous rappelle

• sans cesse le but qui est assigné à l'humanité et qui n'est autre

- que l'égalité dos droits, la pleine possession de la liberté, t'appli-

• cation stricte de la justice. (1 est sur cet idéal que son regard a été a constamment fixé; la lutte, le labeur, les déceptions, ne Tout pas

- arrêté; soutenu par sa foi, il n'attendait d'autre récompense que

• celle du devoir accompli; Use consolait facilement des jugements

• injustes, en voyant triompher les idées qu'il défendait : il avait à ■ l'avance placé son âme plus haut que la fortune, et ne demandait

- d'antre faveur à Dieu que celle de servir, jusqu'à sa dernière

• heure, la cause de la vérité. »

En Hudnul les dîaeoars de Jules Pavre aux diverses époques de parlementaire, je me sois souvenue d'une œuvre de sa daas laquelle j* avais vu en ferme les pensées et les sentiqui ont été ceux de tout** «a rie. Hle me vuilde être la préface naloreDe de ses œuvres politiques. L'auteur avait iingl~nfjq ans lorsqu'il écrivit ces pages. (Tétait en 1834 ! Ceux qui avaient réré ym la France le régne de la liberté étaient déçus dans leurs nsWiinn i; et c'est sous cette impresskm que famé ardente de JvW Favre, après avoir contemplé avec amertnme les tristesses ■ai lemjn présent, se tourne pleine de foi vers l'avenir, ou rfcamaaôâé réalisera les sublimes prnmesft qui soutiennent les orars f*v- T^id. Passâonné pour b vérité. qu'A demande avec anxiété a b ntLtre , à b *eys*e, à rnktoîr*- , il comprend que [lien b révèle a cdiui çitftim*- : * llpotehauûmrlecflrardenMnmunne, Uplong»- - éaas «t« regard, zl rerseiUe se* v<apirt, i t'imprègne de se* sym- * neâns- * Pin sa grande v.cx iaîerpreîe ses souffrances, ses aiijnnmti, s» xev:cn*, ses démrs, se* affsratknts. Ue pramtar* amnfli ■ «mer» ,:•» les anus 4e fcre*. *.«.>-* les anfujlnt. ET> «'ibàjpe flHiftr* 1» tyrans qui enenanvex? les fessée»; eSe géai-ja î*- les «uorin»» : *-J* yA- • tant et fe» » en bhw 4\. 4r»«t

4 ANATUÈME.

nui nous a la vcriii'' sur tous ces | r Nous la

êmmnàMrnn* | limour, 100B poserons la main BUT le ctrur de l'humanité, nous plongerons dtUU Mm renard, nous recui-illcrons ses soupirs, uuus nous imprégnerons cl patines : et quand nous

l'aurons aimée, la vérité nous sera révélée. Kt noua pourrons nous -iT paisibles a l'ombre de nus e*pei au< os jusqu'au jour de l'éternelle consommation.

Le prêtre catholique nous i trtoé II vote Sa parole a retenti parce qu'il aimait. Jai vu pleurer mes frères; j'ai vu des petits enfants sécher sur le sein îles mères épuisées ; j'ai > u des ramilles entassée! au fond îles botté " où la vermine et l'humidité se disputaient

leurs membres; j'ai vo les cachots m d'hommes Porte qui

dédaignaient de se plaindre, comme d'antre* dédaignent de les soulager; j'ai* vu le pâté de ma ville rougi par le sanrj des femmes égorgées : et des Insensés bttCsJtm des mains en croyaut leurs rJchesaaa et leur sé( BUTées par ces abominations. El d'autres

insensés enfbtuuafenl la vengeance pour la déterrer quand l'heure du meurtre sonnera.

Et mon âme s'est troublée, de colère, d'indignation et de crainte.

ii crié rets le pouvoir sourd comme les palais où se partage entre ses courtisons le prix de nos sueurs. I i j'ai deviné sans peine que ces massacres et cet souffrances ne lui déplaisaient pas trop, ou qu'il n'y pouvait rien

Et je me suis tourné vers mes frères, j'ai dit : Voici mou cœur et ma pc mi- ma torturé de vos angoisses pour prendre la

parole au milieu de vils.

i routez dont

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