A. HUG
Directeur de La Dépêche^ de Toulouse
LA LOI FALLOUX (Le CléHoalisme et l'Éoole)
Un volume de 350 pages Prix : 2 francs
A l'extrême gauche, — La censure !
M. LE Président. — Je ne puis laisser passer de pareilles paroles. Je rappelle M. le ministre des trâVaux publics à l'ordre.
M. Gustave Rouanbt, se* tournant vers le banc des ministres. — Défendez Allez et ses 143 falsifications ! {Bruit.)
M. LE Président. — Monsieur Kouanet, je vous rappelle à Tordre.
M. Jaurès! — M. le président de la Chambre me permettra de lui dire que ce n'est pas par des rappels à Tordre que doivent se régler de pareilles questions, et la Chambre me permettra de lui faire observer qu'elle prend une singpulière attitude en s'associant par des manifestations collectives a des incidents qui doivent se régler ailleurs. (Mouvements^ divers,)
Mais non ! vous savez bien que le mensonge, il n*est pas chez nous! {Applaudissements à V extrême gauche. — Vives protestations au Centre et à gauche,) Le mensonge, il est chez ceux qui se sentant menacés depuis quelques années dans leur pouvoir politique et dans leur influence sociale, essayent de jouer du patriotisme... {Nouvelles protestations sur un grand nombre de bancs, — Applaudissements à V extrême gauche,)
Voix nombreuses, — A Tordre! à Tordre!
M. DE La Batut. — Ce langage n'est pas étonnant de la part d'un homme qui n'a jamais été soldat !
M. LE Président. — Monsieur Jaurès, je ne puis pas vous 9
laisser adresser de pareilles paroles au gouvernement ( ïVé^ bien! très bienl)\]Q ne puis pas vous laisser dire que le gouvernement essaye de jouer du patriotisme. Veuillez retirer cette expression.
Sur plusieurs bancs. — La censure!
M. LE Président. — Autrement, je donnerai lecture à la Chambre de l'article du règlement qui me parait applicable. (Très bien! très bien!)
vertujonet Lafon de le représenter. Les témoins ont décidé qu'une rencontre au pistolet aurait lieu le lendemain 25 décembre. Deux balle» ont été échangées sans résultat.
M. Jaurks. — Monsieur le président, j*ai dit en mon âme et conscience... (Mouvements divers,)
M. Paschal GnoussET. — Nous le -répéterons tous avec vous ! [BruU,)
M. LE Président. — Veuillez faire silence, messieurs.
M. Jaurès a la parole pour s'expliquer.
M. Jaurès. — J'ai dit que ceux qui depuis deux ans, se sentant menacés par le mouvement socialiste croissant... (Rumeurs et interruptions au centre.)
M. LE Président. — Monsieur Jaurès, si vous ne déclarez pas que vous n'appliquez cette parole à personne dans celle enceinte, je serai obligé, je le répète, de donner lecture de Tarticle 124 du règlement.
M. Jaurès. — Le jugement que j'ai porté, s'appliquant à des partis, s'applique par conséquent à ceux qui sont à la tète de ces partis. [Vives réclamations à gauche^ au centre et sur divers bancs à droite, — Applaudissements à V extrême
Voix nombreuses, — La censure ! la censure !
MM. Vaillant, Marcel Sembat et plusieurs membres à V extrême gauche, — Nous sommes tous solidaires. M. Jaurès a parlé pour nous tous. (Bruit.)
La censure avec exclusion temporaire est prononcée contre M.Jaurès en vertu du paragraphe 4 de Tarlicle 124 du règlement qui vise « les injures, provocations ou menaces >» à un membre du gouvernement.
Cette mesure soulève d'énergiques protestations à Textréme gauche, que le procès-verbal officiel de la séance résume dans cette phrase : «« A re moment^ plusieurs députes descendent dans Vhémictjcle et se livrent à de vives altercations, — Tumulte, «
M. Jaurès se retire de la salle des séances entouré de ses amis du giioupe socialiste, et la séance est suspendue.
A la reprise de la séance, In question préalable, demandée parle gouvernement, est volée par 437 voix contre 85*.
i. Âpres cet incident, M. Millerand est venu à la tribune indiquer les raisons pour lesquelles il estimait qu'en vertu de l'article 16 du code pénal, le crime de trahison pouvait entraîner la peine de mort. Sa thèse a été combattue par MM. Julien Goujon et Léveillé, et finalement la Chambre, par 542 voix contre 3, a accordé le bénéfice de l'urgence au projet de loi du général Mercier.
Le procès du a Chambard »
La cour d'assises de ]a Seine est appelée, le 5 novembre 1894, ^ juger le procès intenté par le ministère Dupuy à M. Gérault- *
Richard, rédacteur en chef du Chambard, pour outrages à M. Casimir-Perier, président de la République*. Après une courte dé-