IHKRÏÉ RELIG lElISE : COLPORTACiE
Quand je vois sur les étalages publics, des estampes bieu plus contraires aux mœurs que les mauvais livres ; quand je vois la provocation extérieure à la débauche, provocation contre laquelle nous nous sommes élevés naguère, et qui continue encore aujourd'hui; quand je vois tous ces faits, je demeure convaincu qu'il ne s'agit pas ici de la morale universelle, mais de la religion de la majorité. (Sensation!)
On dit : — Vous colportez des livres de controverse î Vous troublez les consciences, vous agitez le pays !
Sans doute. Ces attaques dirigées par un culte contre un autre culte, cela remue les esprits ! mais je suis de ceux qui aiment mieux Je trouble de la rue, que la paix du cimetière : je suis de ceux qui croient que l'échange des idées, la lutte des idées est chose nécessaire, utile en religion comme en politique ! Il s'agit d'un droit, d'un droit plus compromis qu'on ne se l'imagine, plus contesté qu'on ne croit. (Interruption).
Je vois au fond des interruptions, la négation du droit de dire tout ce qu'on pense sur tous les cultes. Oh! avec des notions réelles de liberté, il n'y aurait pas de question. (C'est vrai !) Il n'y a pas de questions chez les peuples libres; pour nous, il y en a encore une. Nous n'admettons pas encore les belles paroles de M. Dupin : les cultes n'ont pas le droit de se déplaire; il faut qu'ils se supportent; qu'ils se supportent avec leurs agressions, avec leurs différences, avec leurs critiques réciproques.
Répétons-le : les cultes n'ont pas le droit de se déplaire.
Voilà la vérité, et, si vous remontiez un peu en arritîre,
si vous remontiez jusqu'à la discussion de la loi sur
les controverses, de la loi qui a la prétention de protéger
1 religion de la majorité, de I^^ loi de 1828, vous seriez
44ri DISCUTES POLITIQUES
surpris, aujounriiui c|ue nous sommes si timides en inati^n' de libtTtô, \y>us seriez surpris de voir jusqa'où Ton |K)rtail Tuudaoe dos principes, l'audace de la pensée ot Ad roxpivssion.
Faitos attention, Messieurs, c'est un souvenir que je ut» voudrais pjis voir si' perdre; il vaut la peine d'être recueilli. (Attention générale.)
Kn 18±2, lorsqu*on discutait sur le droit de controverse, ropi>osition de cette époque, peu nombreuse en face d'une majorité compacte et rétrograde (Mouvenienl), se crut obligée de sortir en masse de la Chambre, pour protester contre l'esprit d'une telle loi. C'étaient Its Chauvelin, les Benjamin Constant, les Rératry, le» Foy, les Sebastiani, les Saint-Aulaire, les Delessert, les Manuel. Ils sortirent tous. Mais avant de sortir, ils avaient tenu un beau et noble langage. Vous écouterez plus volontiers les paroles de Manuel que les miennes. (Très bien !) Tâchons d'en faire notre profit.
« Vous savez ce que dit la charte, au sujet des religions. Elle promet liberté entière et protection égale pour toutes. Or, en quoi consiste la liberté pour une religion? Consiste-t-elle uniquement en ce qu'on puisse suivre ses dogmes, professer son culte et rester fidèle à ses serments? Non, Messieurs, la liberté d'une religion comporte encore essentiellement le droit de soutenir qu'eUe est la seule bonne, le droit de chercher à faire des prosélytes, et la rédaction actuelle porte atteinte à cette liberté.
» J'entends dire que ce ne serait pas leur faire outrage, ni les tourner en dérision. Eh quoi ! lorsque je dirai à quelqu'un qui a été élevé dans une religion, et qui aime cette religion, comme il le doit; lorsque je lui dirai que tel dogme qu'il vénère est uae erreur complèWi we
hlIîERTV; RFLICIEUSE : COLPORTAGE 447
hérésie; il ne regardera pas cela comme un outrage! Eh bien, Messieurs, ce que j'aurai fait, il est évident que j'avais le droit de le faire ; mais il est évident que l'article tel qu'il est rédigé me le défend, ou me punira de l'avoir fait. »
Puis, Manuel faisait entendre d'autres paroles bien remarquables, car il les empruntait à M. de Gourvoisier, Garde des sceaux à cette époque. Écoutez M. de Gourvoisier. (Écoutez!)
« Du moment que vous voudrez imposer des restrictions au droit qu'a chaque croyant de dire tout ce quHl pense des croyances étrangères à la sienne ; du moment que vous voudrez montrer des châtiments à celui que Dieu même a chargé d'annoncer sa foi, il bravera les uns et franchira les autres. V empêcher ez-vous d^ appeler les cultes étrangers des cultes adultères? De les traiter d'impies et de sacrilèges?.,. »
Vous voyez que les expressions sont fortes ; elles sont de M. de Gourvoisier; je n'oserais pas en dire autant. Je continue : « d'attaquer les dogmes et les rits étrangers ? de les qualifier d* abominables erreurs ou d* infâmes profanations? Voilà le langage que les ministres d'tin culte, que les simples prêtres ont, religieusement parlant, le droit de tenir. Voilà, n'en doutez pas, si vous le provoquez, le langage qu'ils tiendront, et il suffira qu'un seul ait tenu ce langage^ et qu'en vertu de votre loi on ait essayé de Ven punir, pour que tous unanimement se croient obligés de répéter la même cœifession de foi. » (Approbation à gauche.)
Messieurs, cela vous paraît bien audacieux, n'est-eo pas? bien exagéré, bien embarrassant! (On rit.)
>Lusjo vais au ilovaiit «l'une objection personuelle. On 1110 dira peul-t^tre (c'est uue pensée qui est néi sans doute dans l*esprit do plusieurs de mes collègues) ou uio ilira : ^ — Vous prenez bien aisément votre parti dos attaques dirigées contre un culte qui n'est pas le ViMro. No soriez-vous pas plus sensible s'il s'agissait du dogme protestant? » (Mouvoinont d'attention.)
Non, Messieurs. Et plus jo rosi)ecte, plus j'accepte cortainos vérités, plus je suis humilié pour elles, de la proloction (pi'on vont leur doimor on police correctionnoilo. ( Appml^tion à gauclie.) CVst so délier de ces vérités, que de rochorcher pour elles de telles protections, thii, jo suis honteux pour le christianisme, quand jo vois quo los attaques dirigées contre lui, sont l'objet tlo poursuites devant les tribunaux.
Ma profession de loi, ello est tout entière dans ifaulros iKtfoles, belles aussi (j'aime mieux faire parler los antres quo de parler moi-môme) elle est dans les |>iirolos quo j'emprunte à deux hommes fort différents, à un philosophe, et à un chrétien.
Voici les premières. Le philosophe, c'est Jefferson ; ol voici l'immortel considérant qu'il écrivait en tête du bill de 178o, sur la liberté religieuse :
« Considérant que la vérité est grande et forte; qu'elle ne peut que triompher en la laissant faire; que l'erreur, après tout, n'a pas de plus redoutable ennemi que la vérité, et que celle-ci n'a pas à redouter la lutte, si l'intervention humaine ne la prive de ses armes naturelles ; savoir : la libre discussion, devant qui l'erreur ne peut longtemps subsister. . . »
Telle est la déclaration du philosophe : passons à celje (lu chrétien.
a 4'aurais honte, disais révê(|ue protestant Warburtpn^
j'aurais honte d'écrire une ligne pour la défense de la vérité religieuse, si je ne pensais pas que tous les hérétiques jouissent d'une égale liberté pour l'attaquer. »
Voilà, Messieurs, ma profession de foi.
M. DupiN. — Et moi aussi.
M. DE Gasparin. — Ne croyez pas que les attaques aient été épargnées au culte de la minorité. Messieurs, j'aurais pu ramasser vingt, cent ouvrages plus violents, plus injurieux que ceux auxquels on a fait allusion !
Je pourrais vous citer des mandements d^évêques. Je ne m'en afflige pas, ils ne me blessent pas le moins du monde ; je trouve que c'est un droit dont on use avec plus ou moins de discernement, mais enfin c'est un droit. Je crois, Messieurs, que lorsque M. l'Évêque de La Rochelle, par exemple, a parlé des colporteurs (puisqu'il s'agit de colportagej^ en les traitant de cœurs pervers, de perfides aventuriers, de dangereux vagabonds, de ministres du démon (On rit), je crois, Messieurs, qu'il a écrit des paroles injurieuses dont il n'a point eu à se repentir, et que la circulation du mandement n'a point été entravée. (On rit.) Je m'en félicite. Je serais fâché qu'il y eût des obstacles à la critique, même la plus vive, dirigée contre les protestants.
Je serais bien fâché que des livres comme, par exemple, le Présent et F Avenir, ce livre dans lequel toutes les injures sont réunies, ne fussent pas libres; je serais bien fâché qu'on en fit Fobjet d'une poursuite correctionnelle. Et cependant, que voit-on dans ce livre? La simonie protestante; le protestantisme, religion de luxure; la vie scandaleuse de MM. les Ministres de l'Évangile ; le protestantisme, religion d'argent; la Réforme produisant une immoralité sans borne (Sen-
sation), une complète négation de toute religion divine. On y voit rindigne métier que font tous les ministres protestants, soi! en se jouant de la Bible et du salut éternel des âmes, soit en ne songeant, dans leur facile et oiseux métier, qu'à sacrifier au dieu de la fortune, à se produire dans les salons, jet à nourrir leur chair indomptée de sensualisme et de terrestres plaisirs. (Mouvements divers.)
J'en suis blessé plus que vous, mais Dieu me préserve de jamais demander la répression de semblables délits : (me protection contre de pareilles attaques ! (Bruit.)
Messieurs, il y a ici de grands principes engagés. On peut être fatigué de discuter les grands principes, et je crois que personne n''en est plus fatigué que nous. (Réclamations.)
Je m'applique le reproche à moi-même. Nous aimons à faire des affaires, à discuter des chemins de fer. Nous nous dépêchons de vivre et de mourir. (On rit.) Quant aux grands principes, nous n'en voulons plus ; laisseznous faire nos affaires au jour le jour; laissez-nous gouverner, gouvernailler comme nous voudrons, tant bien que mal. (Bruyantes exclamations. — A gauche : Très bien !)
Tout le monde, Messieurs, a Sa part de responsabilité dans un pareil état de choses. Quand on s'amoindrit, r[uand on évite les discussions de principes, quand on vit au jour le jouT, c'est la faute de tout le monde. C'est la faute des députés assis sur ces bancs, c'c^st notre faute à tous, si nous n'agrandissons pas notre horizon, si nous ne retendons pas, si nous nous renfermons daj[is les faits, si nous redoutons les discussions de principes.
Il s'agit de la minorité. Or la minorité, c'est un droit;
la minorité religieuse a autant de droit a être respectée, que la minorité politique. Ce n'est pas de telle ou telle religion, ce n'est pas d'un fait, ce n'est pas d'un intérêt qu'il s'agit ici ;, il s'agit d'un droit, et c'est parce que c'est un droit que je vous en parle.
Messieurs, si c'était autre chose qu'un droit, vous devriez me fermer la bouche.
On ne doit pas produire ici des intérêts, des situations individuelles. On ne produit ici, on ne défend ici que des droits. (C'est vrai!) C'est un droit que je défeiîds, un droit essentiel pour tous. Savons-nous qui, demain, sera de la minorité politique ou religieuse? Messieurs, respect aux minorités, toujours !
Ce droit, il a une autre forme, il a un autre nom dans d'autres pays. Car, en matière de discussion, nous oublions sans cesse une chose, c'est de renverser les hypothèses. Représentez-vous la minorité religieuse en Angleterre : elle a un autre nom, son droit est aussi sacré. La minorité religieuse d'Angleterre, est-ce qu'elle ne trouble pas l'Angleterre, comme la minorité religieuse en France? Elle la trouble, ellela trouble profondément, et elle a raison ; elle trouble l'Angleterre par ses réunions, par ses controverses, par son colportage. C'est en publiant, en répandant ses fameux tracts, que la minorité religieuse fait son chemin en Angleterre ; qu'elle crée le puséisme ot le catholicisme ; c'est tout un !
Que diriez-vous demain, si vous appreniez que le gouvernement de la reine Victoria, s'appuyant sur certaines convenances, sur la crainte de blesser l'égalité des cultes, sur le besoin de protéger la religion d'État, sur le devoir de maintenir la paix publique ; que diries^ vous s'il interdisait de colporter des livres dangereux, offensants pour les croyances protestantes ?
blSCOl RS POLITIQTFS
Que diriez-YOUs, si ou venait argumenter comiDeYOOS eu Ang1etori*e ? Si Ton s'écriait: — U n'est pas juste que, taudis que la ci*éatiou de la moindre cure anglicane (entraîne raccomplissement de longues formalités, ki eallioliques puisseul bâtir et ouvrir des cattiédraleSy sav deiuander la permission de personne? Désormais d^DsIa (iraude-Hrtilague, dans ses colonios, dans cet immeme cuipire des Indes ouvert à l'activité chrétienne dé toulB \i\s conHunaious, aucun lieu de culte catholique ne len inauguré sans Tautorisation du gouvernement. — S vous appreniez une Uûle résolution, q[ue diriei-voos? Vous vous indigneriez, et je m'indignerais moi-màoe [»lus que vous. Ce qui est juste là, est juste id Kespeci au principe qui protège les aûnorités.
Je le déclarais en commençant, je le répète en finiSBtti^ Ja minorité a besoin de conserver tous ses droits. Efe a besoin du colportage; toujours, elle a eu desoolpcvleurs chez nous. Ces colporteurs avaient jadis un lûitn iiom en France, ils s'appelaient meurciers. Son k chancelier de L'Hospital, qui ne les poursuivait f^ lui, ils parcouraient le royaume, eu portant des B^ et leurs petits livres.
Plus tard, ils ont eu l'honneur de souffi-ir beanoQip pour leur foi. La classe des colporteurs a fourni plus martyrs qu'aucune autre.
Aujourd'hui, il n'est plus question de cela. NolsB in'altribuera cette pensée ridicule et absurde» d'ott uihision à la persécution religieuse. Je ne sais pas
ni dans le pouvoir de personne. Mais je veux vo0
épargner la contradjcliou fâcheuse qui existe enlie ta
Mue UT É ueLigieuse : colportage -153
liberté de lait, que nous possédons à peu près, et la théorie de la persécution, que vous conservez gratuitement.
Toujours nous avons eu, et toujours notis aurons des hommes qui parcourront le pays en vendant des Bibles, ^ en vendant des traités d'édification, en vendant des ^ ouvrages de controverse. Et ne croyez pas que les petits ' obstacles qui peuvent leur être suscités, les arrêtent un ' moment.
Savez-vous quelle est la puissance de la foi, quelle ' est sa force? (Bruit.) Je ne citerai pas ces mission- ^ naires, qui répondent aux calomnies par Théroïsme chrétien. Mais jetez les yeux autour de vous, à droite, à
} gauche, dans TEcosse, dans le canton de Vaud! Voyez des milliers de pasteurs, des pères de famille, qui, du jour au lendemain, pour une idée, pour un principe, pour une croyance, pour Tindépendance du spirituel, ont jeté loin d'eux le pain du jour, la subsistance de leurs enfants !
Telle est la force de la foi. Les colporteurs sont pauvres ; ils sont humbles, ils n*ont rien qui frappe les regards ; ils n'emploieront jamais aucun moyen de résistance violent, et cependant, ces hommes sont forts. Us sont forts, parce qu'ils croient, parce qu'ils regardent plus haut que notre horizon, que notre petite et grande politique; ils regardent plus haut que cela ; ils ont plus d'ambition que vous ; ils ont une ambition si haute, que nos ambitions vulgaires s'y absorbent et s'y perdent.
N'allez pas, gratuitement, sans nécessité, blesser de telles croyances, affronter de tels courages.
J'appuie donc les conclusions du rapport. Leur sens est net, précis. La réclamation qu'elles accueillent est assurément fort modeste. Que vous demandons-nous?
De nous replacer dans la situation où nous éiiODS il y tn mois. Ce n'est pas trop demander. Mais songes-y;j vous le dis avec calme et sérieux, parce que j'exprin iri une résolution bien arrêtée; si Ton ne noas accord pas cola, si Ton oppose de nouvelles entraves à l'exff cke d*un droit nécessaire, eh bien, nousHnémes, nos prendrons sur notre dos la balle du colporteur, non irons vendre des Bibles, affronter vos procès, et nos faire jeter en prison !
i-l gaiu'he. — Très bien ! très bien ! (Murmures a ceain».)
Apivs ini discours <lo M. Martin du Nord, Garde <ki sceaux, le O*' Agénor de Gasparin reprend la parole.
Le C^'' a. de Gasparin. — Je n'ai nulle envie de rentitr dans la discussion, je veux seulement rétablir les bit
Ils sont tout autres que ne.je dit H. le Garde des sceam Si les petits livres auxquels M. le Garde des sceaux U allusion étaient placés sous les yeux de la Ghandn ils seraient jugés moins sév(Vement, i\ coup çùr, etpo^ sonntî n'oserait les comparer î\ ceux dont j'ai parlé n» même. Mais laissons ce parallèle, auquel nous n'av€0 rien à perdre, et posons la question.
Je n'ai pas bien compris, c*est ma faute, les demièri> [>aroles de M. 1(3 Garde des sceaux.
Voicîi œmment la commission a conclu :
Quant au colpoilage dans Tintérieur des maisou^ i' est libre, il n'est. assujetti ni à rautorisaiion préalable, ni à l'obtention d'un brevet de libraire ; des instr.ucti(»i^ doivent être données dans ce sens aux autorités locah^
Quant au colportage sur la voie publique, il- est buj?< à 1 application de la loi de -1834. Je Tai peconfiu ibop
même. Mais la commission pense qu'on a abusé de la loi de 1834, et qu'il est à désirer que les autorités municipales reçoivent des instructions plus libérales.
Telles étaient, j'en appelle à la loyauté de M. le Rapporteur et des membres de la commission, telles sont les deux conclusions du rapport. Si ces conclusions sont adoptées par M. Je Ministre, le débat est terminé. (Très bien î)
M. DuGABÉ, de sa place. — Je demande la parole.
(M. Dugabé incrimine ce qu'il appelle : « le scandaleux épisode de l'apostasie du sieur Maurette ; » il déclare que dans le département qu'il représente : « un procureur du roi et le juge d'instruction ont dû faire une descente, pour saisir des livres dont la distribution et le colportage alarmaient les consciences : ils les ont saisis chez un pasteur protestant 1)
M. DE Gasparin. — C'est ici une question de bonne foi. Elle serait tranchée si on relisait le rapport, les conclusions du rapport. On y verrait quels sont les souvenirs les plus exacts : ceux de M. Dugabé ou les mieas.
Ma mémoire me fait peut-être défaut, mais je crois avoir déclaré au sein de la commission, que des faits nombreux avaient motivé la pétition. 11 était inutile de his rechercher d'ailleurs ; la pétition les racontait ellemême, le rapport en fait mention.
Ses conclusions libérales tendent à ce qu'on use mieux que par le passé, de la loi de 1834. Et voilà que cies conclusions auront pour effet d'appeler une surveillance plus sévère sur les colporteurs î Jamais je n'ai vu de transformation plus prompte, plus miraculeuse. (On rit.)
Quant à certains fait«, dont f*hcmorabIe M. Dugabé a
iSn DISCOITKS POLITIQUES
parlo pal- allusions, je IiMlispensc de garder le âlence; il peut parlor ((uaiid il voudra. Je lo prie de vouloir bien rit(T les livres conlrairesauxmœurSy qu'on trouve chez les pastt'urs protestants ; il est libre à cet égard. Le scnudnie dans Tairairc Maurette, ce sont les imputations sans preuves portées ici ; démenties ici, l'autre jour eneore, samedi : t'ormellcment démenties, sans qu'on ait pu répondre ; imputations qui tendent à présenter un homme honorable, comme ayant passé d'unereligioD à Tautre pour se venger de l'interdiction de son évéqu. (lornme s'il n'était pas facile de comprendre que ^interdi^ lion était, non la clause, mais le résultat du changement (.1 fjnuche . C'est cela !)
Ne portons pas ici, croyez-moi, des questions deper sonnes ; c'est à regret que je les vois repûaltre sans ceoe; que je vois qu'on cherche à envenimer le débat, fc prends des principes, je discute des principes autant que je le puis, et on revient sans cesse avec des bits personnels, des faits inexacts. On vient passionner h Chambre, abaisser le débat, écarter les questions de principe, empêcher la Chambre de s'occnper des conclusions du rapport.
Ces conclusions, eu conteste-t-on le sens ? Qu'elte soient relues, qu'elles soient replacées sous les yeuxdf la Chambre. Vous verrez qu'elles sont conformes, non pas à l'opinion de l'honorable M. Dugabé, naais à cdie que j'ai exprimée tout à l'heure. Ce sont ces conclusions, je suppose, qu'accepte M. le Garde des sceaux, et c'est sur o(îs conclusion^ (pie la Chambi'e aura à se prononcer. (Aux voix î)
LIBERTÉ RELIGIEUSE : COLPORTAêE 457
La Chambre, après quelques paroles prononcées par M. le Garde des sceaux, est consultée :
M. LE Président. — La commission a proposé le renvoi de la pétition à M. le Garde des sceaux et à M. le Ministre de l'intérieur.
Y a-t-il opposition? (Non! non!)
Le double renvoi est prononcé.