CHÀTSÀU DE LA BORDE
adjurer de rester fermes, et qu'il faut appeler à la défense des principes proclamés par leurs pères. Une heure solennelle va sonner pour cette bourgeoisie.
Elle peut reprendre un grand ascendant sur le peuple français. Il dépendra de ses représentants à l'Assemblée de faire un acte politique qui, pour jamais, nous débarrasse de Tanarchie et de la dictature. Oui, si ces bourgeois petits ou grands, selon une formule récente, comprennent la gravité de l'intérêt du moment, ils peuvent, en se ralliant fermement autour du drapeau de la République, en imposant silence aux conspirateurs et aux intrigants, ils peuvent sauver de leurs propres mains la République, c'est-à-dire assurer encore à eux et à leurs descendants de longues et bienfaisantes années d'influence sur la direction des affaires publiques, c'est-à-dire préparer et cimenter l'union des classes ; c'est-à-dire fonder sur un pacte d'indissoluble alliance, entre le prolétariat et la bourgeoisie, le relèvement et la grandeur môme de la France I (Adhésion unanime. — Bravos).
Voilà le rôle que ces hommes peuvent jouer. Pourquoi, messieurs, nous serait-il défendu d'espérer? Les nations ont aussi leurs années de bonheur, et la nôtre a été assez éprouvée pour qu'enûn la fortune puisse lui sourire. Pourquoi nous serait-il défendu d'espérer que ces hommes comprennent l'étendue et la noblesse de leur mission?
Revenus à Versailles, après avoir entendu et écouté les populations qu'ils ont visitées, ils rapporteront, comme moi-même, une impression unanime, causée par une même pensée irjritée, qui éclate de toutes parts, qui est semblable sur tous les points du territoire, et qui, partout, se traduit par ces paroles : Prenez garde ! républicains, c'est le monde moderne qui est en péril; mais prenez garde surtout, vous, conservateurs, car si la réaction que quelques-uns préméditent venait à s'accomplir, elle serait le prélude et la préface de la plus terrible révolution ! Donc les droits et les intérêts sont ici d'accord pour tracer une ligne de conduite semblable à ceux qui sont les héritiers de la Révolution française, aux descendants de cette bourgeoisie
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qu'on appelait autrefois le Tiers-Etat^ et à ceux qui appartiens nent à ces nouvelles couches sociales nées à la vie publique depuis rétablissement du suffrage universel, qui ne demandent ni injustices, ni désordres, mais qui veulent exercer leurs droits.
il faut que cette union se fasse en présence de cette Europe qui nous épie, et qui s'apprête à nous faire cette suprême injure de défendre, à la face de la France, la liberté de penser que nous aurions laissés périr. Deviendrions-nous ce dernier boulevard de l'esprit clérical, et assisterions-nous à ce spec<tacle honteux pour nous d'une nouvelle Sainte-Alliance, défendant cette fois, non pas l'ancien régime, mais Tesprit moderne et ses droits? Messieurs, je n'en puis , je n'en veux pas douter : les héritiers de la Révolution française, les hommes qui aiment leur pays écarteront de la France cet horrible avenir. Est-ce que tout le monde ne s'est pas baltu pour la défendre ? Est-ce que tout le monde, en France, n'a pas donné pour panser ses blessures? Eh bien ! l'égalité unanime des sacrifices implique aujourd'hui Tégalité définitive et incontestée des droits politiques, et je le dis bien plus au nom du patriotisme qu'au nom du parti républicain: la République est nécessaire; il faut qu'elle soit forte et respectée ; elle ne'peut l'être que par la concorde et l'action de tous les républicains. Poussons donc à l'union de toutes nos forces contre l'ennemi commun. (Oui ! oui I — Bravos.)
Il faut qu'à la rentrée de TAssemblée, tous ceux qui se réclament du principe électif, qui reconnaissent que la monarchie est un régime politique épuisé, qu'on ne peut plus faire vivre cette grande, cette ardente, cette besogneuse démocratie sous la tutelle d'un roi; il faut que tous ces hommes oublient leurs querelles, leurs antagonismes, leurs divisions, et que tous, réunis dans une seule et même pensée, remontant à 89, s'inspirantdecet esprit qui réveilla, exalta et sauva la France, disent ensemble : nous ne nous séparerons pas sans avoir assuré la République dans ce pays pour nous et nos descen^* dants»
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 l'imioD de tous les républicains de la veille, de Tavanlveille et du lendemain; car, à l'heure du péril, il n'est plus de ces distinctions à faire; à l'union de tous les républicains pour sauver la patrie I (Sensation. — Bravos et acclamations.)