ENVAHIE, DANS U DISCUSSION SUR LE NOUVEAU GOUVERNEMENT A ÉTABLIR
(24 f^rrloi- IR4« )
Messieubs,
Au nom du peuple, je vous demande un instant de silence !
Au nom du peuple, partout en armes, maître de Paris, quoi qu'on fasse [ouil oui), je viens prolester contre l'espèce de gouvernement qu'on est venu proposer à cette tribune. (Très bien! très bieni bravo I dans la foule.) Je ne fais pas comme vous une chose nouvelle, car en 1842, lors de la discussion de la loi de régencCi seul dans cette enceinte j'ai déclaré qu'elle ne pouvait point être faite sans un appel au pays. {C'est vrai I très bien!)
On vient tout à l'heui'e de vous parler de la glorieuse révolution de 1789. Prenons bien garde que les hommes qui en parlent ainsi n'en connaissent pas le véritable esprit, et ne veuillent pas surtout en respecter la constitution.
En 1791, dans le texte même de la constitution, on n déclaré nue l'Assemblée constituante — l'Assemblée Conslituante, comprenez-le bien — avec des pouvoirs spéciaux, n'avait pas le droit de faire une loi de régence, et qu'il fallait un appel au pays, pour la faire.
C'est le texte même de la constitution de 1 791 .
Or, Messieurs, depuis doux jours nous nous battons pour
le (Iroil. Eh bien I si vous résistez, et si vous prétendez qu'un gouvernement par acclamalion, un gouvernement éphémère qu'emporte la colère révolutionnaire, si vous prétendez que ce gouvernement existe, nous nous battrons encore au nom de la constitution de 1791 qui plane sur le pays, qui plane sur notre histoire^ et qui veut qu'il y ait un appel f;iit à la nation pour qu'une régence soit possible.
Ainsi pas de régence possible pas de régence possible, ainsi qu'on vient d'essayer de l'implanter d'une façon que je dirais véritablement singulière et usurpatrice.
Comment! tout h coup, sans nous laisser délibérer, vous-même majorité, venir briser la loi que vous avez faite contre nos efforts en 1842! vous ne le voudriez pas! c'est im expédient qui n'a pas de racines dans le pays.
Au nom même du droit que, dans les révolutions mêmes, il faut savoir respecter, car on n'est fort que par le droit, je proteste, au nom du peuple, contre votre nouvelle usurpation. {Bravai bravo! vive Ledru^Rollinl)
Vous avez parlé d'ordre, d'effusion de sang. Ah ! l'effusion de sang nous touche, car nous l'avons vue d'aussi près que personne. Eh bien ! nous vous déclarons encore ceci : l'effusion de sang ne peut cesser que quand les principes et le droit seront satisfaits ; et ceux-là qui viennent de se battre se bâtiront ce soir si l'on méconnaît leurs droits. [Ouil mii!)
Au nom de ce peuple qui est tout, je vous demande quelle espèce de garanties votre gouvernement, qu'on intronisait, qu'on essayait d'introniser tout à l'heure, quelles garanties il nous donne? [Bravos dam la foute!)
Messieurs, en parlant ainsi au nom du peuple, j'ai la prétention, je le répète, de rester dans le droit, et j'invoque deux souvenirs ! {Concltiez ! œncluez !)
En 1815, Napoléon a voulu abdiquer en faveur du roi de Rome. Le pays était del)Out, le pays s'y est refusé.
En 1 850, Charles X a vonUi abdiquer p^nf son petit-fils. Le pays était debout, le pays s'y est refusé.
Aujourd'hui, le pays est debout, et vous ne pMvez rien faire sans le consulter.
Je demande donc, pour rae réAnmc^, un gouvernement provisoire {Ouil (ml)j no(i pas nommé par la Chambre, (non! nanl), mais par le peuple; un gouvernement provisoires ot im appel immédiat à une convention qui régularise les droits du peuple. {Bravo I brar^o!)
FIN nu I*«IEIIIEI: VilIUUC.