LES TREMBLEMENTS DE TERRE DE L’ÉQUATEUR
Discours prononcé à la salle Hertz le 24 février 1869.
Mesdames, Messieurs,
Au nom des organisateurs de cette soirée, permettezmoi tout d’abord de vous remercier d’avoir répondu à l’invitation qui vous été adressée et d’avoir bien voulu venir à cette réunion. Nous usons aujourd’hui d'un droit qui nous a été nouvellement rendu. On s’est réuni d'abord pour se revoir après une longue séparation, ensuite pour s’instruire mutuellement, pour discuter ensemble, quelquefois même pour se quereller, cela arrive aux meilleurs amis. Ce soir au contraire nous sommes réunis par un sentiment moral, par l’idée de faire une démonstration en faveur d’un peuple malheureux. Les Anglais excellent dans ce genre de réunion. Il ne se produit pas dans le monde un événement important, une catastrophe terrible sans que les Anglais se rassemblent ; ils parlent beaucoup, mais ils donnent beaucoup, ils sont aussi prodigues de. leur bourse que de leurs paroles. Nous, nous avions perdu l’habitude de parler, et nous avions aussi un peu perdu l’habitude de donner. — Ce qui prouve que la liberté et la générosité vont du même pas. {Assentiment.) Depuis quelque temps nous recommençons à