‹ Discours populairesChapitre 14 sur 18 · JO · texte numérisé non relu

JO

avec des désinences diverses, Italiens, ^Espagnols, Français, parlent à peu près la même langue. C’est cette ressemblance qui atteste notre fraternité.

J’entends dire souvent qu’en lisant les écrivains modernes de l’Espagne ou de l’Italie, on se plaint de n’y plus retrouver les belles formes de langage du seizième siècle; on dit que les gallicismes y dominent. On ne s’aperçoit pas qu’un même progrès de civilisation a rapproché les peuples et les langues. Les Espagnols du dix-neuvième siècle parlent comme les Français du dix-neuvième siècle, parce qu’ils ont le même esprit et qu’ils ont le même instrument pour rendre leurs pensées. Le rapprochement du langage répond à la communauté des besoins, des idées, des sentiments. J’ai donc raison de dire que l’Amérique espagnole est de notre famille; les Américains sont des frères plus jeunes, si vous voulez, mais enfin ce sont des frères : nous devons avoir pour eux un redoublement de sympathie, il faut les aimer plus tendrement.

Mais, dira-t-on peut-être, il est bien tard pour s’occuper de l’Équateur; il y a longtemps que l'événement est arrivé. A Paris, centre des nouvelles du monde entier, les événements se précipitent avec furie; chaque malin on veut trouver dans son journal au moins une révolu* lion ou un changement de dynastie. Que n’attend-on pas du journal et des journalistes ? {Rires.)

Sans doute un événement qui date de l’année dernière est déjà vieux pour nous, mais c’est une raison de plus pour agir, une raison de plus pour apporter notre offrande si modeste qu’elle soit. Permcttez-moi une comparaison. Quand une femme perd le mari qu’elle aime, le premier jour elle est entourée de ses parents, de ses amis ; on vient à son secours ; ou a peur qu’elle ne s’ennuie, qu’elle ne reste seule avec ses larmes. Tout cela.

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