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A PROPOS DE L'ARBITRAGE

Je ne puis que prendre acte avec joie des bonnes intentions des non moins bonnes gens qui font campagne en faveur de l'arbitrage. Il ne suffit pas, cependant, d'organiser un tribunal international, de banqueter, de prononcer des discours ou d'écrire des articles de journaux pour faire avancer la question d'un seul pas.

Ce qui fait l'intérêt des tribunaux ordinaires, c'est qu'il y a une sanction de force pour leurs arrêts. Quand juge ou jury ont prononcé une sentence, il n'est pas sûr du tout que, sans le secours de la gendarmerie, le condamné se rendît à la prison, au bagne, ou même à l'échafaud. La force armée classique veille à l'exécution des arrêts de justice, et, par ce moyen, ces arrêts sont autre chose qu'un simple passe-temps.

Quand le tribunal de La Haye aura dit que l'Angleterre a tort, je suppose, et que la Hollande a raison, comment obligera-t-on le fort à se soumettre à la décision qui le condamne à s'incliner devant le faible? Cette question n'a pas beaucoup préoccupé jusqu'ici, et pour cause, les politiques excellents qui se font honneur de palabrer sur la vertu de l'arbitrage. Rien n'est si malheureux que cette négligence, car, aussi longtemps que le tribunal international ne disposera

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