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Discours pour le 20e anniversaire du sacre de Mgr. Taché, archevêque de St. Boniface [microforme]

PAR M. RAYMOND, V. G, Supérieur du Séminaire de St, Hyacinthe, Prononcé à Boucherville Le 23 novembre 1871,

“# Attendite vobis et universo gregi, in quo vos Spiritus Sanctus posuit episcopos regere Ecclesiam Dei,quarm acquisivit sanguine suo.”?

(Act. XX, 28.)

Il y a aujourd'hui vingt ansdans une petite ville du midi de la France, avait lieu un événement solennel en luimême, 6 qua certaines circonstances rendent particulièrement remarquable pour nous, C'était le sacre d’un eévèque, soul avec ces pompeuses et imposantes cérémonies attachées a ce rito sacré, qui expriment la grandeur et la sainteté de la dignité pontificale.

Celui que l'Esprit Saint plaçait en ce jour pour régir une portion de l'Eglise de Dieu était un jeune homme de 28 ans, Il venait d'au-del i de l’'Océan,d'au delà de contrées lointaines et étenduss,des régions glacées de l'Amérique du Nord.

Le Pontife qui lui donnait l'onction sainte, était ce vénérable fon dateur de la C: ongrégation des Oblats qui jetait alors un si grand éclat sur cette Eglise de Marseille, dont le pre:mier Evêque a été Lazare, l'ami de Jésus,[l avait ponr aide à cette consécra tion lo Pontife de la ville même ou

elle se faisait, lequel depuis, a rempli avec tant de mérite le siège de Saint Martin,et qui vient d'être appelé à porter la civilisation dans la cité éclairée de la foi par St. Denis, mais qui,par les horreurs dont elle a été récemment le théâtre, s’est plavre au dessous de l’état sauvage, et n'offre à son nouvel Evèque qu’un trône pontifical rougi du sang de trois de ses prédécesseurs immédiats.

L'autre pontife consécrateur, alors coadjuteur de Mgr, de Montrial, devait être le fondateur de l'Evêché de St, Hyacinthe, où il a laissé un si édifiant souvenir de ses vertus. Il était accom pigné d’un prêtre, que ses éminentes qualités allaient appeler bientot à la dignité épiscopale, pour rendre servieo lai aussi aux deux 6 glises de Montreal et de St, Hyacinthe. Vous le voyez, c'était une fète religieuse que, represontée par trois de ceux ” etaient ou devaient ètre ses pontifes, la Nouvelle.

lrance célébrail dans l'ancienn.

Cette fète, voici que nous y participons eujourd'hui, 20 ans après qu'elle a eu lieu, parle souvenir que nous en rappelons, Mais pourquoi l'anniversaire s'en célèbret-il dans cette paroisse d'une manière si solennelle et avec une 81 vive expression d’allé:

gresse Le

C'est que celui qui rend l'hommage de sa gratitude au Dieu, qui à pareil jour Jui a conféré la dignité pontificale avec toutes los grâces qui l'accompignent, est de votre part l'objet du plus vif et du plus respectueux intérêt.

C'est du milieu de vous qu'il est sorti pour s'élever à la hauteur nù vous l'ho

noïez. Il n’est pas des vôtres par sa paissanc: ; mais il l'est par le séjour qu'ila fait au milieu de vous dès ses plus jeunes années, par la première éducation qu'il a reçue, jar ses parents maternels, descendants de cette noble famille identifiée avec cette paroisse, à qui elle adonné son nom. Il vous eat cher par les relations qu'il a entretenues avec Vous, par les paroles si éloquentes et si édifiantes dont il a nourri souver.t vos âmes.

Oui, réjouissez-vous, citoyens de Boucherville, l'honneur attaché au nom de Sa Grâce, Mur. l'Archevêque de St.

Jonifaca,rejaillit sur vous, Réjouissez vous, pasteur vénérablo de cette paroisse qui avez une tend’esse si vive, pour celui à qui vous avez préparé une fète si magnifique, et qui, lui, s'associe à l'affection, à l'estime et au respect de ceux qui, depuis tant ‘d'années sont l'obje* de votre zèle si plein de dévouement.

Et ne me serait il pas permis à moi d'exprimer l'allégresee et l'honneur que je ressens ? Celui devant qui je m'incline pour rendre hommage à 8a dignité et recevoir sa bénédiction a été soumis À mon autorité; celui qui à reçu mission du Ciel pour enseigner du haut de la chaire épiscopalo a écouté mon humble enseignement, C'est ce qui explique pourquoi on a voulu que ma voix 8e fit entendre en cette circonstance, Je crains que vous n'ayez À regretter que ma parole ait été imposée à votre attontion : mais un désir qui m'a été exprimé a été pour moi un ordre auquel j'ai du obérr,

À la pensée de ces vingt uns d'épiscopat, remplis de tant d'actes, de zèle, de dévouement et de tant de travaux pour la sanctification des âmes, j'ai com

pris plus que jamais, et je viens vous faire sentir ce que c'est qu'un évèque lans la fonction salutaire qu'il est chargé de remplir dans l’Eglise de Dieu.

La missiondivine de l'Evèque,les devoirs qui lui sont imposés, le motif qui doit l’animer sans cesse dans l'exercice de sa charge, tout cela se trouve exprimé dans les paroles de l’Apotre :

“Attendite vobis et universo grogi, ete.”

L'Evèque, c'est l'Esprit Saint qui l'établit : ‘‘Spiritus sauctus posuil vos episcopos.” Il lui transmet en une cer:

taine mesure, la mission que le Christ a reçue de lui,l’onction divine conférée à l'humanité sainte du Verbe incarné, Jésus s’est appliqué lui-même ces paroles d'fsaie : ‘Spiritus Domini super me....propter qued unxit me...

evangelizare pauperibus nisit me.”'(Luc IV 18.)

Ce saint esprit, en se répandant sur le Pontife qu'il constitue, lui communique une autorité qui esiune participation de la puissance divine, et en méême temps il l’embrâse de cette ardeur qui est son essence, ot qui va le porter à être, lui aussi, pour les âmes un prin cipe de sanctification en las évangélisant—surtout celles qui ont un besoin plus spécial de la foi qui éclaire et qui console : — ‘evangelizare pauperibus misit me.”

L'Evèque doit gouverner la portion de l'Eglise qui lui est confiée : “regere ecclesiam Dei” Il faut qu'il l'éclairo par sa doctrine, qu'il la défende contre les attasues dont elle pourrait être l'objet, qu'il la dirige et la fasse uvancer ‘uns la voie du salut,

Oh !'pour cela, quelle sainteté il lui faut à lui-même, et en même temps quelle sollicitude pour les âmes ! Aussi

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il est dit : ‘ Attendite vobis et univer- 80 gregi.”

L'évèque doit se surveiller lui même pour éloigner de sa personne tout ce qui pourrait nuire à sa mission sacrée, et sans cesse il faut qu'il ait l'œil fixé sur les fidèles dont il a la garde, qu’il leur donne toutes ses pensées et ses sollicitudes, et qu'il ait pour eux un amour qui le porte, s’il est nécessaire, au plus héroïque dévouement.

Et quel est donc le motif qui doit produire ce zèle/ L'apôtre nous le dit :

‘‘regere esclesiam Dei, quam acquisivit sanguine suo.” Ces âmes confiées à l'évêque, un Dieu s'est incarné pour les sauver, un Dieu a versé tout son sang dans Les plus affreux supplices, a subi la mort pour elles, Oh! oui, les âmes qui forment l'Eglise lui appartiennent; il les a payées assez cher : ‘‘acquisivit sanguine su0.”" Et quand portant la vue sur ces âmes, l’'Evêque les voit teintes du sang d'un Dieu, peut-il ne ne pas se sentir embrâsé pour elles do l'amour le plus tendre et, par une suite nécessaire, du zèle le plus ardent,

Jésus-Christ avait passé sur la terre enseignant la vérité, faisant le bien — “pertransivit benefaciendo.” [ Act. 10] Etant le son pasteur, il avait donné sa vie pour ses brebis ‘“ Bonus pastor animam suam dat pro ovibus suis.”— (Jean 10)

Il faut que son œuvre 8e continue.

Ll établit son église ; il lui donne un chef qui, revêtu de sa propre infaillibilité, maintiendra la vérité qu'il est vonu ensoiguer, et qui aura dans 8a juridiction suprême, la clef du réservoir où #ont renfermées les grâces qui doi:

vaut couler sur les âmes,

Mais il faut d'autres Pontifes qui aillent répandre partout et cette vérité etces grâces, Le Christ a établi

Pierre le chef de son église ; mais il a dit à tous ses apôtres: comme mon re m'a envoyé, je vous envo'o, “sicut iisit me Pater, et ego mitto vos.” (Jean XX, 21). Et les voici, qui, animés de l'esprit de leur divin maitre, vont jusqu'aux extrémités du monde retirer les âmes des voies de l'erreur et de l'iniquité,leur appliquer les mérites du sang du Christ, et cela en s’imposant les plus grands sacr fices, en versant aussi leur sang pour attester la vérité de la doctrine qu'ils préchent.

À leur parole qui se fait entendre partout, la croix établit sur la terre son empire de sanctification.

Les Evêques ont en partie À remplir la mission apostolique, ou plutôt celle du Christ lui-même. Ainsi que lui, il faut qu'ils enseignent, que leur he au milieu des peuples soit un nienfait continuel, qu’ils n’épargnent aucun soin, aucune fatigue pour chercher les brobis égarées ; que partout ils répandent la grâce des mystères divins dont ils sont les dispensateurs, ‘ dispensatores mysteriorum Der.” [le Cor. 1V 1] Ce feu que Jésus est vena apporter sur la terre, ils sont chargés de l’allumer dans tous les cœurs. Eux aussi, ils ont à produire ia vie,et uno vie abondante en grâces, en paix, on bonheur,même temporel. Ego veni ut vitam habeant et abundantius hubeant (Jean X 10). Et si, pour communiquer la vie aux autres, il faut qu'ils versent leur sang, ils le donneront ; et alors, cette Eglise particulière qu'ils auront fondée ou conservée,ils l’auront acquise pour la gloire de Dieu et celle du Christ par leur propre sang,‘ acquisivit sanguine Su0.

Voilà la mission de l'Evêque, telle que Jésus-Christ l'a instituée. A:telle

été remplie ? C’est demander si lemonde est encoredans les ténèbres du paganisme, si la croix règne sur la terre, 8i l'Eglise a prévalu contre les portes de l'enfer, si A civilisation chrétienne 4 étendu ses bisnfaits sur la société. Tout cela a é16 accompli par l’action personpelle, ou l’impulsion des Evêques, euxmêmes envoyés, dirigés par le Pontife Suprême, et toujours, avec un dévouement allant souvent jusqu’au sacrifice de la vie.

Voyez les Evêques des premiers temps du christianisme : ils fondent les diverses églises en les cimentant de leur sang. Quel glorieux martyre que celui de ces pontifes, animes de l'esprit apostolique, St. Ignace, St.

Polycarpe et ce saint évêque de Lyon, Jrénée qui entre au Ciel, à latête de 18 milles fidèles, formés à j’héroïsme par ses doctrines et ses exemples, et immolés avec lui pour la gloire du Dieu, mort sur une croix pour les hommes |

À la persécution, succède pour l'Eglise, l'attaque de l’hére qui, sielle eût dominé, eût anëé l'œuvre du Christ. L'orthodoxie triomphe, grace aux écrits si pleins de science et d’éloquence,aux travaux infatigables ot à l’indomptable courage à résister à toutes les séductions et à toutes los violences, que font admirer ces grande Evêques, appelés les Pères de l'Eglise ; entre autres, St, Athanase, le défenseur de la divinité du Christ à Nicée, St, Cyrille, le vongeur do la maternité divine de Marie à Ephèse: St. Jean Chrysostôme, dont l’éloquence foudroie toutes les errours ev tous les vices ; et cet homme au génie et au cœur incom.

parables, St. Augustin, dont les écrits sont encore l’arsenal où l'Eglise prend ses plus fortes armes pour défendre 508

plus hautos et ses plus mystérieuses doctrines.

Et les Evêques de ce temps, c'étaiont les consolateurs de toutes les infortunes, les défenseurs de tous les droits, et les pacificateurs des familles et des sociétés. Ils onposaient nvec succès la force morale de leur € 'nité et de leur caractère aux passions » , aux violences des empereurs. Quel admirable rôlo que celui de St. Basile, faisant trembler Valens sur son trône, ou celui de St, Ambroise, reprochant au péril de 8a vie la mort de (Gratien au tyran Maxime, ou interdisant l'entrée de l'Eglise à Théodose, souillé du sang de Thessalonique |

Voici les Barbares qui ravagent tout etne font de l'empire romain qu’une immense ruine.—De toutes parts, los Evêquos vont au-devant d'eux ; ils

} arrêtent leurs dévastations, puis ils los

convertissent ei les civilisent. Par l’ascendant de leurs vertus et de la force divine qui est en eux, ils domi-

nent ces rcis qu'ils ont amenés à la foi chrétienne, et ils dirigent ces législations qui Unt fait les nations européennes ce qu'elles sont devenues. Qu'on se souvienne du mot d'un célèbre écrivain protestant : La France a été formée par les Evèqnes, comme une ruche par les abeilles.

Ft cette action, si éminemment civi.

lisatrice des Pontifes de l'Eglise, était le fruit des plus pénibles labeurs ot d'un zèle qui affrontait le martyre.

Admirez entre autres ce saint qui abondonne l'Angleterre, sa patrie, pour aller évangéliser l'Allemagne ; il éprouve des fatigues incroyables, il rencontre les plus puissants obstacles ; mais, d'abord simple missionnaire,

uis revêtu de la dignité épiscopale, il répand la foi ot la civilisation dans los

diverses contrées de la trermanie ; il fait cosser les mœurs cruelles et dissolues, fonde de : nombreux monastères d'hommes et de femmes, établit des Evêques dans les lieux qu'il avait lui-mème évanii ilisés, étonne par 868 vertus et par les miracles qu'il opère,

et termine sa carrière apostolique par un cruel, mais glorienx martyre. Cet Evêque c'est St. Boniface, patron de l'Archidiocèse dont nous vénérons le titulaire, héritier du n zèle et en même temps que son nom.

Mais qu,ai-j; besoin de continuer cotte énuméra'ion des services rondus par tant de Pontifos et à la religion et a la société, pour vous faire connaitre ce qu'est l'Évèque dans l'Eglise do Dieu

Un jour, l'illustre Evêque de Césarée St. Basile le Grand, ayant défendu avec énergio les droits do l'Eglise, devant le ministre de l'Empereur, celui-ci fui dit que personne ne lui avait encore parlé avec cette liberté.

C'est répondit le saint, que vous n'avez pas encore rencontré d'Evèque

Cette parole ne saurait vous être adressée, fidèles de cette paroisse et de ce diocésede Montréal. Vous Favez ce que c'est qu'un Evèque. Et «i l’on vous demandait de définirce qui constitue [a dignité, ou plutôt Ja charge épisco] pale, vous repondriez :

Un Evêque, "est un homme qui, 2 du gouvernement spirituel d’un

territoire } lus où moins vaste, n'est animé que d’un sentiment, ie desir de gloritier Dieu en sauvant les âmes qui lui sont confiéca: qui, pour atteindre ce but, se livre aux fatigues los plus pénibles, à des travaux qui étonnent, sans aucun relâche, sans aucun ménagoment pour sa santé etses forces, à

l'âge même où Île repos est un droit accordé à l'homme par la nature : c'est nn pasteur qui, par ses paroles et ses ec r'its, nourrit Sans Cesse son ‘roupeau de la saire doctrine et en même temps proscrit partout l'erreur avwec une énergie qui l'en rond victorieux :

ui, en mettant au service des âmes, toutes |°8 resources spirituelles que peut offrir un zele ardent, fonde pour tous les besoins et toutes les misères, des institutions qui s'élévent de toutes paris, à sa parole, commo par enchantement ; et qui, en retour de Ja sollicitude pleins d’intérèêt qu'il leur manifeste sans cesgse, recoit des populations soumises à son autorité un hommage de respect, de reconnais sance et d'adniiration.

Les autres diocèses de co para peuvent dire aussi cequ'est un Evêque, aux vertus dontils reçoivent l’édifi cation, au zèle plein de soi cttade dont ils sont l'objet, de Ia part des pasteurs qui les régissent,

Le mérite de l'Evêque se décèle d'autant plus, que les circonstances des temps ou des lieux où l'a placé PE:

prit-Saiut, offrent plus de matiôre à son zZè!e et à son dévouement

ra à l'œuvre, celui qu'à pareil

jour, l’onction sacrée éleva à la dignité

re ficale Monseigneur, pardonnez-moi ce que

je vais vous dire, Aujourd'hui, comme

il y a 20 a18, que votre modestie s'incline encore pour faire un sacrifice. Ce n'est pus de votre gloire qu'il s'agit: c'est de celle de la religion si chère à vôtre âme. J'ai droit à y rattacher davantage les esprits et les cœurs de ceux qui m'écoutent; ce droit ou plutôt ce devoir, je ne puis Île faire céder à une humilité qu'au reste je

m'eMuicerai de blesser le sible,

Mes frères, ilv a dans le langage ccclésinstique, une expression qui dit la force de l'affection et la stabilité du lien qui unissent l'Evèque À son diocèse, Il est appelé l'Epoux de l'Eglise. confiée à ses soins. Eh bien / le missionnaire de Ja Risiste Pobue connaissait très-bien quel engagement il allait contracter ; il savait qui il devait épouser,

À l'âge où il avait à choisi dans laquelle il avait à

moins pos-

la voie parcourir la

vie,il avait pu entrevoir le monde offrir à ses talents et à son cœur des séductions : illes méprisa: il lrisa les liens qui le retenaient à nne famille, la plus justement chère à son affection. Unecommunauté de religieux venait de s'établir dans le pays, je veux dire cette congrégation des

Oblats dont le zéle a pro duit tant de fruits de grâce parmi nous, et s'est étendue en si peu de temps snrun si vaste domaine , il y eutra: car c'étuit là qu'il pensa it pouvoir satisfaire davantage la passion de son cœur, Île dévouement,

Et bientôt le voici partant pour cos contrées si éloignées de tout ce qu'il a de plus cher, et où ii sait qu'il aura À supporter des fatigues, des privations

dont l'idée seulo fait frémir. La mission de la Rivière Rouge, telle qu'elle était alors, était certainement

la plus pénible des missions du monde quand aux dificuités que la nature des lieux pouvait offrir, Vous savez ce qu a eu à affronter le jeune missionnaire ;ves royages s1 longs et si remplis de fatigues, sous le climat le plus rigoureux ; Ces nuits où pour prendre

le somineil, il avait la neige pour ouche, ot la voute du ciel pour toit;

ces jours fréquents où lo manque de provisions amenait des jeûnes faisant sentir la faim, ces années entières où il fallait s'abstenir de l'aliment essentiel de l’homme, le pain; et toutes ces difficultés qu'il y avait : vaincre, pour chercher, pour comprendre, pour insiruire ces peuplades habitant ces lieux ai disgraciés de la nature,

Eh bien ! en acceptant l'épiscopat, c'était former un lien permaunent avec ces misères c'était

épouser cette contrée avec les rigueurs de ses climats glaces, avoc ses sauvages dont les mœurs excitent tant de répngnance, avec les travaux et Îles sollicitudes si pe jibles qu’elle offrait à ceux qui voulaient l’'évangéliser. Mais si l'élu à la dignité e piscopale hésita à en recevoir l'honneur, il agréa volontiers le dévouement qu'elle imposait.

Il tendit avec joie son doigt à l'anneau qui le liait plus étroitement à sa chère mission ; et il y revint avec une crosse, qu’il savait v’être qu'une c roi.

Il accomplit la parole de l'Apôtre :

il se donna tout entier à son troupeau.

Attendite universo greg. 1l ne s’épar-

na pas plus Evèque, qu'il ne l'avait ê ait simple prètre. Aujourd'hui vous le voyez dans toute la pompe de sa dignité, entouré des ministres subalternes de l'Eglise, et recevant de res:

péctueue hommages. Mais là, du moins dans les premières annees, ilne con- 1 aissait guères les égards dus à l'autorité épiscopale. Comme il nous l'a dit si ingénieusement lui-même, il avait un Evé èque pour le servir ; et au besoin cet Evèque se faisait le serviteur des autres,

À son dévouement personnel se joint la sollicitude de sa chargequi l'oblige à pourvoir auxbesoins Les missions diver.

ses de ce territoire immense s'étendant

PDT 0 VA ES ps Pt D mL em D ess Den Pt nn OS ee Op, éd LD Pa — + “x

Jisqu'aux régions polaires, Il lui faut préparer el onvoyer des prêtres aux postes qui les réclament, quelque fois aller les y installer Ini:-même Il lui faut s'occuper de tout le matériel nécessaire pour toutes et cela avec restreintes.

un collée, plie ceux

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