L*OEUVRE XXI
détruire ce qui existe, sans savoir comment on le remplacera ou au risque de réunir, contre les novateurs, tous ceux qui tiennent au passé en compromettant sans aucun profit sa tranquil- Kté. Aussi ne faut-il pas faire croire à Talliance des rois et des prêtres : il est préférable, selon lui, de montrer aux premiers qu'ils sont, eux aussi, intéressés h la diminution, bien plus à la disparition du fanatisme. D'ailleurs il n'attaque guère le premier; mais il se défend, lui et les siens, avec vigueur et avec esprit; il rend alors les coups au centuple. L'Abus de la antique en matière de religion a pour objet de « venger les philosophes des reproches d'impiété dont on les charge souvent mal à propos, en leur attribuant des sentiments qu'ils n'ont pas, en donnant h leurs paroles des interprétations forcées , en tirant de leurs principes des conséquences odieuses et fausses qu'ils désavouent, en voulant enfin faire passer pour criminelles et pour dangereuses des opinions que le christianisme n'a jamais défendu de soutenir ». S'il écrit Y Essai sur la société des gens de lettres et des grands, sur la réputation, sur les Mécènes et les récompenses littéraires, c'est qu'il croit nécessaire de rappeler aux premiers le souci de leur dignité — le rôle de courtisan étant le plus bas que puisse jouer un homme de lettres — et aussi leur force; de rappeler aux seconds que les autres hommes sont leurs égaux par l'intention de la nature, plusieurs