XXII INTRODUCTION
fort au-dessus d'eux par les talents, et qu'ils n sont tout au plus, aux yeux de la raison, que de vieillards en enfance qui auraient fait autrefoi de g"randes choses; enfin, que ce qu'il y a de plu honteux, pour les grands et pour la littérature c'est que des écrivains, qui déshonorent leur éta par la satire, trouvent des protecteurs encore plu méprisables qu'eux. C'est pour des raisons ans logues qu'il publie la Destruction des jésuite'. D'Alembert y met une certaine impartialité, e ce sens qu'il est « indifférent aux querelles d cette espèce ». De fait, il parle en bons terme de Tordre des jésuites et il rend justice à Por Royal. Mais il condamne les « vaines disputes qui ont troublé la religion et l'État : le gou vernement et les magistrats n'ont plus qu' réprimer et avilir également les deux partis. Le jésuites ont attaqué l'Encyclopédie et fait suj primer le premier volume, parce qu'on n'a pa voulu leur confier les articles de théologie : il ont, sur le conseil du gazetier janséniste, làch leur proie qui se mourait, pour attaquer de hommes pleins de vigueur qui ne pensaient poir à leur nuire. Ils en sont morts. Quant aux jar sénistes, — sur l'influence desquels ce livre nou fournit des renseignements fort intéressants qu'on n'a guère utilisés pour leur histoire, — il le traite plus durement encore, parce que la des truction de leurs adversaires les a déjà rendu insolents et les rendrait dangereux, si la raiso
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ne se pressait de les remettre à leur place. Il faut qu'une sage tolérance empêche toutes ces frivoles disputes d'être contraires au repos de TEtat et à Vunidn des citoyens.
Comme mathématicien, la gloire de d'Alembert est incontestable, quoiqu'on ait cherché à l'amoindrir de son temps et du nôtre. Il faudrait une longue étude pour parcourir, sinon pour épuiser le sujet. Qu'il suffise, dans cette rapide esquisse,, de rappeler les résultats les plus importants dont la science lui est redevable. Emule de Clairaut, d'Euler et de Daniel Bernouilli, dit Cournot, il donne le premier, après les tentatives infructueuses de Newton, la théorie mathématique de la précession des équinoxes; il attache son nom à un principe qui fait de toute la dynamique un simple corollaire de la statique; il a donc incontestablement droit à un rang éminent parmi les génies inventeurs. Avec Clairaut, il a rendu à la France le sceptre des mathématiques, qu'elle avait perdu après Descartes, Fermât et Pascal; il s'est préparé des successeurs dignes de lui, en encourageant Lagrange et Laplace, qui n'ont fait d'ailleurs que le continuer.
Le Traité de Dynamique contenait une méthode qui réduisait toutes les lois du mouvement des corps à celle de leur équilibre et permettait de mettre en équation tous les problèmes de dynamique. Pour un système de corps en mouvement, liés entre eux et réagissant les uns sur les autres,