‹ Discours préliminaire de l'encyclopédie (volume 2)Chapitre 28 sur 87 · L INTRODUCTION · texte numérisé non relu

L INTRODUCTION

manque d'élégance et de clarté, parce que jamais il n'a professé ; « il se réserve, ajoute-t-il, d'éclairer chaque page par la lecture de la suivante : c'est ce qu'on appelle manquer de méthode ». Cette assertion, contestable pour les travaux mathématiques, est tout à fait fausse pour le Discours, mais on comprend qu'on l'ait émise. On s'attend à ce qu'un géomètre procède par synthèse et énonce d'abord les propositions qu'il veut établir, ensuite les raisons qui les justifient. Ainsi fait Descartes, quand il énumère les règles de sa méthode ou les maximes de sa morale provisoire. Mais il faut se souvenir que d'Alembert, comme Pascal, a inventé plutôt qu'appris les mathématiques. «Les grands géomètres, dit-il d'ailleurs dans VÉloge de Bernouilli, connaissent cette espèce de paresse qui préfère la peine de découvrir une vérité à la contrainte peu agréable de la suivre dans l'ouvrage d'autrui. » Souvent donc il a ^recours à l'analyse, il expose, les unes après les ) autres, les raisons qui motivent, ou les exemples ( qui éclairent la proposition à démontrer, et ( celle-ci ne vient qu'en dernier lieu. Semblable- I ment le physicien nous dit ses observations, ses / expériences et nous soumet seulement ensuite les ^ i lois qu'il en tire par induction. Il en résulte que ■ Diderot, le sectateur des sciences naturelles, et d'Alembert, le mathématicien, procèdent d'une façon identique; que le Prospectus et le Discours sont composés d'après la même méthode; que l'En-

cyclopédie, par suite, a eu, sous leur direction commune, unité et succès *.

Mais quelquefois aussi d'Alembert et Diderot suivent une marche synthétique *.

En recourant successivement, et selon les besoins de l'exposition, à l'analyse et à la synthèse, ils ont certes évité la monotonie et donné à leur œuvre un caractère plus littéraire, mais ils ont laissé croire, par cela même, qu'ils n'avaient pas de méthode. En réalité, nous n'avons eu qu'à réunir les résumés placés par eux au début ou à la fin des diverses parties du Discours et du Prospectus, pour présenter, de l'un et de l'autre, une vue synthétique, qui en fait saisir sans peine l'enchaînement.

1. En ce qui concerne le Discours préliminaire^ on trouvera p. 21, 1. 30-33; p. 22, 1. 1-5, le résumé des recherches instituées dans les pages 14 à 21. De même quelques lignes, p. 24, 1. 8, sqq.; p. 47, 1. 7-14, nous donnent les résultats qui ont été obtenus par la division de la physique et de la philosophie ; il y a encore des résumés de ce qui a été trouvé précédemment p. 55, 1. 28, sqq.; p. 66, 1. 30; p. 69, 1. 21-22; p. 105, 1. 16-23, 1. 24-28, etc. Ainsi Diderot indique, p. 136, 1. 18-25, les divisions antérieures du Prospectus, puis p. 141, 1. 5 à 8; p. 143, 1. 30-31; p. 145, 1. 24-30, celles qui suivent, et d*Alembert termine le ^cour« préliminaire, p. 159, 1. 1-2, en annonçant qu*il « a tout dit sur l'Encyclopédie ».

2. Ainsi le premier nous avertit, p. 33,1. 18 sqq., qu'il va jeter ïes yeux sur l'espace parcouru et les deux limites entre lesquelles sont concentrées les connaissances accordées à nos lunaières naturelles; il nous annonce, p. 40, 1. 1-2, qu'il va être question de l'ordre dans lequel se sont succédé les connaissances relatives à celles dont il a été jusque-là question. La méthode synthétique est encore suivie par lui, pour l'exposition, »ttx pages 48, 1. 22, sqq.; p. 51, 1. 9, sqq.; p. 58,1. 2, sqq.; p. 66, 1-31, sqq.; p. 76, 1. 8, sqq., etc. Le second l'emploie à son tour, P- 133, l. 15, sqq. p. 136, 1. 25-27, etc., etc.

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