Encyclopédie : « Tune, pour ainsi dire place
sances les unes des autres. Tout s'y rapporte à nos besoins, soit de nécessité absolue, soit de convenance et d'agrément, soit même d'usage et de caprice. Plus les besoins sont éloignés ou difficiles à satisfaire, plus les connaissances destinées à cette fin sont lentes à paraître. Quels progrès la Médecine n'aurait-elle pas faits aux dépens des sciences de pure spéculation, si elle était aussi certaine que la Géométrie? Mais il est encore d'autres caractères très marqués dans la manière dont nos connaissances nous affectent et dans les différents jugements que notre âme porte de ces idées. Ces jugements sont désignés par les mots d'évidence, de certitude, de probabilité, de sentiment et de goût.
L'évidence appartient proprement aux idées dont l'esprit aperçoit la liaison tout d'un coup; la certitude à celles dont la liaison ne peut être connue que par le secours d'un certain nombre d'idées intermédiaires, ou, ce qui est la même chose, aux propositions dont l'identité avec un principe évident par lui-même, ne peut être découverte que par un circuit plus ou moins long; d'où il s'ensuit* que selon la nature des esprits, ce qui est évident pour l'un peut quelquefois n'être que certalin ^ pour un autre. On pourrait encore dire, en prenant les mots d'évidence et de certitude dans un autre sens, que la première est le résultat des opérations seules de l'esprit, et se rapporte aux opérations^ métaphysiques et mathématiques; et que la