‹ Discours préliminaire de l'encyclopédie (volume 2)Chapitre 76 sur 87 · Encyclopédie : « que lui doit cet ouvrage · texte numérisé non relu

Encyclopédie : « que lui doit cet ouvrage

4. Encyclopédie : « comme Acier, Aiguille, Ardoise, Anairao, Animal, Agriculture, etc. »

5. Encyclopédie : « quHl a publié séparément il y a quelques nuit ».

La logique peut se distribuer en art de penser, en art de retenir ses pensées y et en art de les communiquer,

Vart de penser a autant de branches que rentendement a d'opérations principales. Mais on distingue dans rentendement quatre opérations principales, V appréhension j le jugement, le raisonnement, et la méthode. On peut rapporter à V appréhension, la doctrine des idées ou perceptions ; q.u jugement, celle des propositions ; au raisonnement et à la méthode, celle de V induction et de la démonstration.

Mais dans la démonstration, ou Ton remonte de la chose à démontrer aux premiers principes, ou Ton descend des premiers principes à la chose à démontrer : d'où naissent

Y analyse et la synthèse.

Vart de retenir a deux branches, la Science de la mémoire même, et la Science des suppléments de la mémoire. La mémoire, que nous avons considérée d'abord comme une faculté purement passive, et que nous considérons ici comme une puissance active que la raison peut perfectionner, est ou naturelle, ou artificielle. La mémoire naturelk est une affection des organes ; Vartificielle consiste dans la prénotion et dans Vemblème ; la prénotion sans laquelle rien en particulier n'est présent à l'esprit ; ïembléme par lequel Vimagination est appelée au secours de la mémoire.

Les représentations artificielles sont le supplément de to mémoire. Vécriture est une de ces représentations : mais on se sert en écrivant, ou de caractères courants, ou de caractères particuliers. On appelle la collection des premiers,

Y alphabet ',\es autres se nomment c/ii/fres : d'où naissent les arts de lire, d'écrire, de déchiffrer, et la Science de Vorthgraphe.

Vart de transmettre se distribue en Science de l'instrument du discours, et en Science des qualités du discours. La Science de l'instrument du discours s'appelle grammaire. La Science des qualités du discours, rhétorique.

La grammaire se distribue en Science des signes, de la prononciation, de la construction, et de la syntaxe. Les signes sont les sons articulés ; la prononciation ou prosodie, l'art

ou SYSTEME DES CONNAISSANCES HUMAINES 169

de les articuler ; la syntaxe, l'art de les appliquer aux différentes vues de l'esprit, et la construction y la connaissance de l'ordre qu'ils doivent avoir dans le discours, fondé sur l'usage et sur la réflexion. Mais il y a d'autres signes de la pensée que les sons articulés : savoir le geste et les caractères. Les caractères sont ou idéaux, ou hiéroglyphiques, ou héraldiques. Idéaux, tels que ceux des Indiens qui marquent chacun une idée, et qu'il faut par conséquent multiplier autant qu'il y a d'êtres réels. Hiéroglyphiques, qui sont l'écriture du monde dans son enfance. Héraldiques, qui forment ce que nous appelons la science du blason.

C'est aussi à Y art de transmettre, qu'il faut rapporter la critique, la pédagogique, et la philologie. La critique qui restitue dans les auteurs les endroits corrompus, donne des éditions, etc. La pédagogique qui traite du choix des études, et de la manière d'enseigner. La philologie qui s'occupe de la connaissance de la littérature universelle.

C'est à Vart d embellir le discours qu'il faut rapporter la versification, ou le mécanique de la poésie. Nous omettrons la distribution de la rhétorique dans ses différentes parties, parce qu'il n'en découle ni science, ni art, si ce n'est peutêtre la pantomime, du geste ; et du geste et de la voix, la déclamation.

La mwale, dont nous avons fait la seconde partie de la Mence de Vhomme, est ou générale, ou particulière. Celle-ci se distribue en jurisprudence naturelle, économique et politique. La jurisprudence naturelle est la Science des devoirs de l'homme seul; V économique, la Science des devoirs de l'homme en famille ; la politique, celle des devoirs de l'homme en société. Mais la morale serait incomplète, si ces traités n'étaient précédés de celui de la réalité du bien fA du mal moral-, de la nécessité de refnplir ses devoirs, d'être ^on, juste, vertueux, etc., c'est l'objet de la morale générale.

Si l'on considère que les sociétés ne sont pas moins obligées d'être vertueuses que les particuliers, on verra naître îes devoirs des sociétés, qu'on pourrait appeler Jurisprudence naturelle d'une société; économique d'une société;

commerce intérieur, extérieur, de terre et de mer; et politique d'une société.

III. Science de la Nature. Nous distribuerons la Science de la Nature en physique et mathématique. Nous tenons encore cette distribution de la réflexion et de notre penchant à généraliser. Nous avons pris par les sens la connaissance des individus réels : soleil^ lune, SiriuSy etc. Astres ; air^ feu, terre, eau, etc., Éléments : pluies, neiges, grêles y tonnerres, etc., Météores; et ainsi du reste de Thistoire naturelle. Nous avons pris en même temps la connaissance des abstraits, couleur, son, saveur, odeur, densité, rareté^ chakwr, froid, mollesse, dureté, fluidité, solidité^ raideur, élasticité, pesanteur, légèreté, etc., figure, distance, mouvement, repos, durée, étendue, quantité, impénétrabilité.

Nous avons vu par la réflexion que de ces abstraits, les uns convenaient à tous les individus corporels, comme étendue, mouvement, impénétrabilité, etc. Nous en avons fait Tobjet de la physique générale, ou métaphysique des corps ; et ces mêmes propriétés, considérées dans chaque individu en particulier, avec les variétés qui les distinguent, comme la dureté, le ressort, la fluidité, etc., sontTobjetde la physique particulière.

Une autre propriété plus générale des corps, et que supposent toutes les autres, savoir la quantité, a formé Tobjet des mathématiques. On appelle quantité ou grandeur tout ce qui peut être augmenté et diminué.

La quantité, objet des mathématiques, pouvait être considérée, ou seule et indépendamment des individus réels, et des individus abstraits dont on en tenait la connaissance; ou dans ces individus réels et abstraits ; ou dans leurs eflPels recherchés d'après des causes réelles ou supposées ; et cette seconde vue de la réflexion a distribué les mathématiques en mathématiques pures, mathématiques mixtes, physicfh mathématiques.

La quantité abstraite, objet des mathématiques pures, est ou nombrable, ou éteruîue.

La quantité abstraite nombrable est devenue l'objet de

YaritJwiétique ; et la quantité abstraite étendue, celui de la géométrie.

L'arithmétique se distribue en arithmétique numéiHque ou par chiffres, et en algèbre ou arithmétique universelle par lettres, qui n'est autre chose que le calcul des grandeurs en général, et dont les opérations ne sont proprement que des opérations arithmétiques indiquées d'une manière abrégée : car, à parler exactement, il n'y a calcul que de nombres.

Ualgèbre est élémentaire, ou infinitésimale, selon la nature des quantités auxquelles on l'applique. Vinfinitésimale est ou différentielle ou intégrale : différentielle, quand il s'agit de descendre de l'expression d'une quantité finie, ou considérée comme telle, à l'expression de son accroissement, ou de sa diminution instantanée ; intégrale, quand il s'agit de remonter de cette expression à la quantité finie même.

La géométrie, ou a pour objet primitif les propriétés du cercle et de la ligne droite, ou embrasse dans ses spéculations toutes sortes de courbes : ce qui la distribue en élémentaire et en transcendante.

Les mathématiques mixtes ont autant de divisions et de sous-divisions, qu'il y a d'êtres réels dans lesquels la quantité peut être considérée. La quantité considérée dans les corps en tant que mobiles, ou tendant à se mouvoir, est l'objet de la mécanique. La mécanique a deux branches, la statique, et la dynamique. La statique a pour objet la quantité considérée dans les corps en équilibre, et tendant seulement à se mouvoir. La dynamique a pour objet la quantité considérée dans les corps actuellement mus. La statique et la dynamique ont chacune deux parties. La statique se distribue en statique proprement dite, qui a pour objet la quantité considérée dans les corps solides en équilibre, et tendant seulement à se mouvoir; et en hydrostatique, qui a pour objet la quantité considérée dans les corps fluides en équilibre, et tendant seulement à se mouvoir. La dynamique se distribue en dynamique proprement dite, qui a pour objet la quantité considérée dans les corps solides actuellement mus ; et en hydrodynamique, qui a pour objet la quantité considérée dans

les corps fluides actuellement mus. Mais si l'on considère la quantité dans les eaux actuellement mues, Vhydrodymmique prend alors le nom d'hydraulique. On pourrait rapporter la navigation à l'hydrodynamique, et la balistique, ou le jet des bombes, à la mécanique.

La quantité considérée dans les mouvements des corps célestes donne l'astronomie géométrique; d'où la cosmographie ou description de l'univers, qui se divise en uranographie ou description du ciel; en hydrographie ou description des eaux; et en géographie; d'où encore la cAronologie, et la gnomoniquc ou Y art de construire des cadrans.

La quantité considérée dans la lumière donne Voptique. Et la quantité considérée dans le mouvement de la lumière, les différentes branches d'optique. Lumière mue en ligne directe, optique proprement dite ; lumière réfléchie dans un seul et même milieu, catoptrique; lumière rompue en passant d'un milieu dans un autre, dioptrique. C'est à Voptique qu'il faut rapporter la perspective,

La quantité considérée dans le son, dans sa véhémence, son mouvement, ses degrés, ses réflexions, sa vitesse, etc., donne V acoustique.

La quantité considérée dans l'air, sa pesanteur, son mouvement, sa condensation, raréfaction, etc., donne la pneumatique.

La quantité considérée dans la possibilité des événements donne Vart de conjecturer; d'où naît V analyse des jeux de hasard.

L'objet des sciences mathématiques étant purement intellectuel, il ne faut pas s'étonner de l'exactitude de ses divisions.

La physique particulière doit suivre la même distribution que l'histoire naturelle. De l'histoire, prise par les sens, des astrcSy de leurs mouvements^ apparences sensibles, etc., 1* réflexion a passé à la recherche de leur origine, des causes de leurs phénomènes, etc., et a produit la science qu'on appelle astronomie physique, à laquelle il faut rapporter la science de leurs influences, qu'on nomme astrologie; d'où

Vdstrologie physique, et la chimère de V astrologie judiciaire. De l'histoire, prise par les sens, des vents, des pluies, gréleSj tonnerres, etc., la réflexion a passé à la recherche de leurs origines, causes, eflets, etc., et a produit la science qu'on appelle météorologie.

De l'histoire, prise par les sens, de la mer, de la terre, des fleuves, des rivières, des montagnes, des flux et reflux, etc., la réflexion a passé à la recherche de leurs causes, origines, etc., et a donné lieu à la cosmologie ou science de iunivers, qui se distribue en uranologie ou science du ciel, en aérologie ou science de Vair, en géologie ou science des continents, et en hydrologie ou science des eaux. De l'histoire «les mines, prise par les sens, la réflexion a passé à la recherche de leur formation, travail, etc., et a donné lieu à la Science qu'on nomme minéralogie. De l'histoire des Plantes, prise par les sens, la réflexion a passé à la recherche de leur économie, propagation, culture, végétation, etc., et a engendré la botanique, dont Vagriculture et le jardinage sont deux branches.

De l'histoire des animaux, prise par les sens, la réflexion a passé à la recherche de leur conservation, propagation, usage, organisation, etc., et a produit la Science qu'on nomme zoologie; d'où sont émanés la médecine, la vétérinaire, et le manège; la chasse, la pêche et la fauconnerie; Vanatomie simple et comparée. La médecine (suivant la division de Boerhaave) ou s'occupe de l'économie du corps humain et raisonne son anatomie, d'où naît \d. physiologie; ou s'occupe de la manière de le garantir des maladies, et s'appelle hygiène; ou considère le corps malade, et traite des causes, des différences, et des symptômes des maladies, et s'appelle pathologie; ou a pour objet les signes de la vie, de la santé, et des maladies, leur diagnostic et pronostic, et prend le nom de séméiotique; ou enseigne l'art de guérir, et se sous-divise en diète, pharmacie et chirurgie, les trois branches de la thérapeutique.

L'hygiène peut se considérer relativement à la santé du corps, à sa beauté, et à ses forces; et se sous-diviser en

hygiène proprement dite, en cosmétique, et en athlétique. La cosmétique donnera Vorthopédie ou Vart de procurer aux membres une belle conformation ; et Vathlétique donnera la gymnastique, ou Vart de les exercer.

De la connaissance expérimentale ou de l'histoire prise par les sens, des qualités extérieures sensibles, apparentes, etc., de corps naturels, la réflexion nous a conduit à la recherche artificielle de leurs propriétés intérieures et occultes ; et cet art s'est appelé chimie. La chimie est imitatrice et rivale de la nature : son objet est presque aussi étendu que celui de la nature même ; ou elle décompose les êtres ; ou elle les i^evivifie, ou elle les transforme, etc.

La chimie a donné naissance à Valchimie et à la magie naturelle. La métallurgie ou Vart de traiter les métaux en grand est une branche importante de la chimie. On peut encore rapporter à cet art la teinture.

La nature a ses écarts, et la raison ses abus. Nous avons rapporté les monstres aux écarts de la nature; et c'est à l'abus de la raison qu'il faut rapporter toutes les sciences et tous les arts, qui ne montrent que l'avidité, la méchanceté , la superstition de l'homme , et qui le déshonorent.

Voilà tout le philosophique de la connaissance humainCy et ce qu'il en faut rapporter à la raison.

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