‹ Discours préliminaire de l'EncyclopédieChapitre 2 sur 73 · I. — La vie de d’Alembert · texte numérisé non relu

I. — La vie de d’Alembert

La vie de d’Alembert est pleine de conirastes qui lui donnent une physionomie toiite particuliere parmi les grands homnies du xvm® siecle.

Le 17 novembre 1717, on relevait, sur les marches de T^glise Saint-Jean-Lerond, le baplistere de Notre-Dame de Paris, I’enfant debile et presque mourant du chevalier Destouches, general d'artillerie, et de M"’® de Tencin, une chanoinesse dont le frere fut plus tard cardinal et archeveque de Lyon. Baptise sur la demande d’un commissaire de police, il est eleve avec des soins infinis par M™® Rousseau, « la pauvre vitriere ». Aupres d’elle, il reste jusqu’a 50 ans, dans une petite chambre mal aer(5e et de laquelle on voit trois aunes de ciel; il y revient au sortir des salons

INTRODUCTION

les plus brillants, comme il placera I’eloge des arts mecaniques a cote de celui des beaux-arts et des belles-lettres. Gr^ce a la famille de son pere, il entre au college des Quatre-Nations : il marque un gout fort vif pour la poesie latine et pour les belles-lettres, puis pour les mathemaliques. D’ailleurs, il fait toutes ses etudes avec un succes tel que le souvenir s’en conserva dans le college. Personne cependant n’a juge plus severement cet enseignement qui lui avail fait perdre, disait-il plus tard, les annees les plus precieuses de sa jeunesse. Janseniste et cartesicn comme ses maitres, il croit aux idees innees, aux tourbillons et a la premotion physique; il commente I’Epitre de saint Paul aux Remains, et laisse esperer un nouveau Pascal. Mais si, par la suite, il fut toujours, comme ce dernier, I’adversaire des Jesuites, il menagea moins encore « la canaille janseniste ». Il ne se borna pas aux sectes. Un sibcle environ apres les Pensees,

. VEncyclopedie affaiblit peut-etre plus le catholicisme, que I’Apologie de Pascal ne lui avail rendu de force: Quant a Descartes, d’Alembert I’admira toute sa vie; mais il n’eii fut de meme ni des idees innees, ni des tourbillons. Seules les mathematiques et les belles-lettres lui furent toujours egalement clieres; c’est ainsi, et non a coup sur comme I’esperaient ses maitres, qu’il rappelle Pascal.

Avec les 1200 francs de rente que lui avail

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