‹ Discours préliminaire de l'EncyclopédieChapitre 25 sur 73 · Encyclopedic : « le passage de I’une d V autre · texte numérisé non relu

Encyclopedic : « le passage de I’une d V autre

DE L’ENCYCLOPEDIE

quelque maniere le moyen de rapprocher jusqu’a un certain point, les hommes qui paraissent difierer le plus. En effet, toutes nos connaissances se reduisent priinitivement ^ des sensations, qui sont a peu pres les memes dans tous les hommes; et I’art de combiner 3t de rapprocher des idees directes, n’ajoute proprement h ces memes idees, qu’un arrangement plus ou moins exact, etune enumeration qui peut etrerendue plus 011 moins sensible aux autres. L’homme qui combine aisement des idees, ne differe guere de celui qui les combine avec peine, que comme celui qui juge tout d’un coup d’un tableau en I’envisageant, diflfere de celui qui a besoin pour I’apprecier qu’on lui en f'asse observer successivement toutes les parties : Tun et Taiitre en jetant un premier coup d’oeil, ont eu les memes sensations, mais elles n’ont fait, pour ainsi dire, que glisser sur le second; et il n’edt fallu que I’arreter et le fixer plus longtemps sur chacune, pour I’amener au meme point ob Tautre s’est trouve tout d’un coup. Par ce moyen, les idees reflechies du premier seraient devenues aussi b portee du second, que des ^ idees directes. Ainsi il est peut-etre vrai de dire qu’il n’y a presque point de science ou d’art dont on ne pbt a la rigueur, et avec une bonne logique, instruire I’esprit le plus borne; parce qu’il y en a peu dont les propositions ou les regies ne puissent elre reduites k des notions simples, et disposees entre elles dans un ordre si immediat, que la chaine ne se trouve nulle part interrompue. La lenteur plus ou moins grande des operations de I’esprit exige plus

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