‹ Discours préliminaire de l'EncyclopédieChapitre 26 sur 73 · Encyc’opedie : « les · texte numérisé non relu

Encyc’opedie : « les

ou moins cette chaine, et I’avantage des plus grands genies se reduit a en avoir moins besoin que les autres, ou plutdt la former rapidement et presque sans s’en apercevoir.

La science de la communication des idees ne se borne pas a mettre de I’ordre dans les idees m^mes; elle doit apprendre encore ci exprimer chaque idee de la maniere la plus nette qu’il est possible, et par consequent a perfectionner les signes qui sont destines ^ la rendre : c’est aussi ce que les hommes ont fait peu k peu. Les langues, nees avec les societes, n’ont sans doute 6t6 d’abord qu’une collection assez bizarre de signes de toute espece, et les corps naturels qui tombent sous, nos sens, ont ete en consequence les premiers objets que Ton ait designes par des noms. Mais aiitant qu’il est permis d’en juger, les langues dans cette preniiere formation *, destinee k I’usage le plus pressant, ont dft etre fort imparfaites, peu abondantes, et assujetties a bien peu de principes certains; et les arts ou les sciences absolument necessaires pouvaient avoir fait beaucoup de progres, lorsque les regies de la diction et du style etaient encore k naitre. La communication des idees ne souffrait pourtant gu^re de ce d^faut de regies, et V meme de la disette de mots; ou plutdt elle n’en souffrait qu’autant qu’il etait necessaire pour obligor chacun des hommes h augmenter ses propres connaissances par un travail opiniSitre, sans trop se reposer sur les autres. Une communication trop facile pent tenir quelquefois I’^me engourdie, et nuire aux efforts

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