Encyclopedic : « en
H2 DISCOURS PRfiLIMINAIRE
de Descartes et de Newton. Onblie loiigtemps pour Rohault et pour Regis, et encore assez peu connu de la multitude, il commence enfin avoir parmi nous des lecteurs et quelques partisans. G’est ainsi que les personnages illustres, souventtrop au-dessus deleur siecle, travaillentpresque toujours en pure perte pour leur siecle meme; c’est aux 4ges suivants qu’il est reserve de recueillir le fruit de leurs lumieres. Aussi les restaurateurs des sciences nejouissent-ils presque jamais de toute la gloire qu’ils meritent; des esprits ^ fort inferieurs la leur arrachent, parce que les grands hommes se livrent ^ leur genie, et les hommes * mediocres ^ celui de leur nation. II est vrai que le temoignage que la superiorite ne peut s’empecher de se rendre a elle-meme, suflitpour la dedommager des sulfrages vulgaires : elle se nourrit de sa propre substance; et cette reputation donton est si avide, ne sert souvent qu’^ consoler la mediocrite des avantages que le talent a sur elle. On peut dire en effet que la renommee qui public tout, raconte plus souvent ce qu’elle entend que ce qu’elle voit, et que les poetes qui lui ont donne cent bouches, devaient bien aussi lui donner un bandeau.
La philosophic, qui forme le goiU dominant de iiotre siecle, semble par les progres qu’elle fait parmi iious, vouloir reparer le temps qu’elle a perdu, et se vengerde I’espfece de mepris que lui avaient marque nos p^res. Ce mepris est aujourd’hui retombe sur'
ferudition, et n’en est pas plus juste pour avoir
1. Encyclopedie : « ties hommes ». Meme texte dans I’edilion de 1159.