Encyclopedie : « les gens mediocres
change d’objet. On s’imagine que nous avons tire des ouvrages des anciens tout ce qu’il nous importait de savoir; et sur ce fondement on dispenserait volontier§ de leur peine ceux qui Yont encore lesconsulter. II semble qu’on regarde I’antiquite comme un oracle qui a tout dit, et qu’il est inutile d’interroger; et Ton ne fait gu^re plus de cas aujourd’hui de la restitution d’un passage, que de la decouverte d’un petit rameau deveine dans le corps humain. Mais comme il serait ridicule de croire qu’il n’y a plus rien ^ decouvrir dans I’anatomie, parce que les anatomistes se livrent quelquefois a 'des recherches, inutiles en apparence, et souvent utiles par leurs suites, il ne serait pas moins absurde de vouloir interdire I’erudition, sous pretexte des recherches peu importantes auxquelles nos savants peuvent s’abandonner. G’est etre ignorant ou presomptueux de croire que tout soit vu dans quelque matiere que ce puisse etre, et que nous n’ayons plus aucun avantage k tirer de I’^tude et de la lecture des anciens.
L’usage de tout ecrire aujourd’hui en langue vulgaire, acontribu6 sans doute h- fortifier ce prejug6, et peut-etre est ‘ plus pernicieux que le prejuge meme. Notre langue s’etant * repandue par toute I’Europe, nous avons cru qu’il etait temps de la substituer a la langue latine, qui depuis la renaissance des lettres etait celle de nos savants. J’avoue qu’un philosophe est beaucoup plus excusable d’ecrire en frangais, qu’un Frangais de faire des vers latins; je veux bien
Encyclop6clie : «'et est peut-Stre ».