‹ Discours préliminaire de l'EncyclopédieChapitre 46 sur 73 · Encyclopedie : « etcmt · texte numérisé non relu

Encyclopedie : « etcmt

iiieme convenir que cet usage a contribue k rendre Jalumiere plus generale, si n^anmoins c’est etendre reellement I’esprit d’un peuple, que d’en etendre la superficie. Gependant il resulte de Ik un inconvenient que nous aurions ^ dd prevoir. Les savants des autres nations a qui nous*avons donne Texemple, out cru avec raison qu’ils ecriraient encore mieux dans leur langue que dans la n6tre. L’Angleterre nous a doncimites; I’AHemagne, ou le latin semblait s’^tre rel'ugie, commence insensiblementkenperdre l’u*sage : je ne doute pas qu’elle ne soit bientdt suivie par les Suedois, les Danois etles Russes Ainsi, avantlafin du xviiie siecle, un pliilosoplie qui voudra s’instruire k fond des decouvertes de ses predece.sseurs, sera contraint de charger sa memoire de sept k liuit langues differentes; et aprhs avoir consume k les apprendre le temps le plus precieux de sa vie, il mourra avant de commencer k s’instruire. L’usage de la langue latine, dont nous avons fait voir le ridicule dans les matieres de goiU, ne pourrait etre que tres utile dans les ouvrages de pliilosophie, dont la clarte etla precision doiveutfaire tout le merite, etqui n’ont besoin qued’une langue universelle et de convention. Il serai t done k souliaiter qu’on retablit cet usage ; mais il n’y a pas lieu de I’esperer. L’abus dont nous osons nous plaindre est trop favorable a la vanite et k la paresse, pour qu’on se fl'atte de le deraciner. Les pliilosophes, comme les autres ecrivains, veulent etre lus, et surtout de leur nation. S’ils se servaient

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