‹ Discours préliminaire de l'EncyclopédieChapitre 48 sur 73 · Encyclopedic : « le · texte numérisé non relu

Encyclopedic : « le

repandu dans son ouvrage, jiont la reputation croit de jour en jour, cette noblesse et cette elevation de style qui sont si propres aux matieres philosophiques, -et qui dans les ecrits du sage doivent etre la peinture de son ^me.

Cependant la pliilosophie, en songeant h plaire, parait n’avoir pas oublie qu’elle est principalement faite pour instruire; c’est par cette raison que le godt des systeines, plus propre k flatter I’imagination qu’^L eclairer la raison, est aujourd hui presque absolument banni des bons ouvrages. Un de nos meilleurs pliilosophes semble lui avoir porte les derniers coups b L’esprit d’hypothfese et de conjecture pouvait 6tre autrefois fort utile, et avait nienie ete necessaire pour la renaissance de la pliilosophie , parce qu’alors il s’agissait encore moins de bien penser, que d’apprendre h penser par soi-meme. Mais les temps sont changes, et un ecrivain qui ferait parmi nous I’eloge des systeines viendrait trop tard. Les avantages que cet esprit peut procurer maintenant sont en trop petit noinbre pour balancer les inconvenients qui en resultent; et si on pretend prouver I’utilite des systeines par un tres petit nombre de decouvertes qu’ils ont occasionnees autrefois, on pourrait de m^ine conseiller h nos geometres de s’appliquer h la quadrature du cercle, parce que les efforts de plusieurs mathematiciens pour la trouver, nous ont produit quelques theor^mes. L’esprit de syst^me ® est dans la physique ce que la meta-

1, M. I’abb6 de Condillac, de I’Acaddmie royale des sciences de Prusse, dans son Traite des sysiemes. (Note de d’Alembert.)

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