Encyclopedic : « des Corneille el des llacine
DE L’ENCYCLOPEDIE
cieux, que I’auteur n’avait en ce genre auciin modele, ni parmi les anciens, ni parmi nous. Son Histoire dc diaries XII, par la rapidite et la noblesse du style, osL digne du heros qu’il avail a peindre; ses pieces iLigilives superieures a toutes cedes que nous esliinons le plus, suffiraient par leur nombre et par leiir merite pour iminortaliser plusieurs ecrivains. Que ne puis-je en parcourant ici ses nombreux et adiuirabies ouvrages, p.ayer a ce genie rare le tribal d’eloges qu’il merite, qu’il a regu tant de fois de ses compatriotes, des etrangers, et de ses ennemis, et auquel la posterite mettra le comble quand il ne pourra plus en jouir !
Ce ne sont pas la nos seules richesses. Un ecrivain judicieux, aussi bon citoyen que grand philosopbe, nous a donne sur les principes des lois un ouvrage decrie par quelques Frangais *, applaudi par la nation et admir6 de toute I’Europe; ouvrage qui sera un monument immortel du genie et de la vertu de son auteur, et des progr^s de la raison dans un siecle, dont le milieu sera une epoque memorable dans I’histoire de la philosophic. D’excellents auteurs ont .ecrit riiistoire * ancienne et moderne; des esprits justes et eclaires Font approfondie ; la comedie a acquis un nouveau genre, qu’on aurait tort de rejeter, puisqu’il en resulte un plaisir de plus, et ^ que d’ailleurs ce genre meme n’a pas ele aiissi inconnu des anciens
1. Encyclopedie : « par quelques Frarujais et estime de loiile I’Europe. D’excellents auteurs out dcrit V histoire », etc.
2. Encyclopedie : « ont ecrit Vhistoire; des esprits justes et eclaires », etc.
3. Encyclopedie : « et qui n’a pas ete aussi inconnu ». Meme texte dans I’edition de 1759.
qu’on voudrait nous le persuader; enfin nous avons plusieurs romans qui nous empechent de regretter ceux du dernier siecle.
Les beaux-arts ne sont pas moins en honneur dans notre nation. Si j’en crois les amateurs eclaires, notre ecole de peinture est la premiere de I’Europe, et plusieurs ouvrages de nos sculpteurs n’auraient pas ete desavoues par les anciens. La musique est peut-etre de tons ces arts celui qui a fait depuis quinze ans le plus de progres parmi nous. Gr^ce aiix travaux d’un genie m&,le, hardi et fecond, les etrangers qui ne pouvaient souffrir nos symphonies, commencent a les godter, et les Frangais paraissent enfin persuades que Lulli avait laisse dans ce genre beaucoup a faire. M. Rameau, en poussant la pratique de son art k un si haut degre de perfection, est devenu tout ensemble le module et I’objet de la jalousie d’un grand nombre d’artistes, qui le decrient en s’efforgant de I’imiter. Mais ce qui le distingue plus particulibrement, c’est d’avoir reflechi avec beaucoup de SLicces sur la tlieorie de ce rneme art; d’avoir su trouver dans la base fondamentale le principe de riiarmonie et de la mdlodie; d’avoir reduit par ce moyen k des lois plus certaines et plus simples, une science livree avant lui k des rdgles arbitraires ou dictees^par une experience aveugle. Je saisis avec empressement I’occasion de celebrer cet artiste philosophe dans un Discours destine principalement a I’eloge des grands hornmes. Son merite, dont il a, force notre siecle k ‘ convenir, ne sera bien connu