MM. DEVLIN ET MERCIER
Durant toute sa carrière, M. Devlin s’est distingué par l'honnêteté et la fermeté du caractère, par la pratique des vertus sociales, par lesacrifice deses intérêts privés à l'intérêt général.
Il a été un homme de devoir, un homme d'honneur, un homme de foi. Il a été grand par le sentiment comme il a été Là par l'intelligence, et l’âme )0P le rangera dans la radieuse Éenéo des apôtres du bien et de vérité, et, dans cette province, l’honorera comme un intrépide défenseur 2485"
des droits de La langue française et des minorités.
On s'est grandement étonné, en certains milieux, du fait que le comté essentiellement canadien-français de Nicolet l'eût élu en 1906, et lui eut constamment renouvelé sa confiance. Ceux qui ont éprouvé ce sentiment ignoraient sans doute que M. Devlin, Irlandais d'origire, mais Français de coeur, avait, en 1894,dans un discours à la Chambre des Communes, revendiqué hautement les droits de la langue française.
ignoraient peut-être que les Nicolétains avaient une dette de reconnaissance et d'honneur envers lui.
En effet, au mois de juillet 1895, en plein Parlement, à Ottawa, un ministre avait accusé le clergé catholique, et nommément Monseigneur Gravel, évêque de Nicolet, d'avoir voulu influencer une décision judiciaire. Il avait terminé sa tirade de la façon suivante: ‘Le clergé de cette ‘“ Eglise trouve sage et juste de re- “ courir à des moyens qui sont non “ seulement défendus, mis encore “punis par le droit commun du ‘“ Canada.”
M. Devlin releva cette accusation e., prit la défense de notre clergé en général et de Monseigneur de Nicolet, en particulier. Il le fit avec son éloquence coutumière: écoutez plutôt quelques extraits de son discours en cette circonstance.
“ Je doute qu’une insulte comme ‘“ celle que contient cette pnrase, pro- “ férée il y a une semaine par le Con- “ trôleur des Douanes et répétée hier
la ‘‘ dans cette enceinte, ait jamais été
“lancée à la face des évêques du ‘“ Canada.”
vatéhies: Dre nt peste sethtremeeemn sé cris ie ii
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“Il insulte non seulement l’Evé- ‘‘que de Nicolet, dans cette Chambre, ‘““mais encore tout le clergé catholi- ‘ue...
“C'est un sure, Monsieur l'O- ‘’rateur, et l’un des pires outrages ‘““perpétrés dans cette Chambre et je ‘“’profite de cette occasion, non pas ‘‘comme catholique, mais comme mem- “bre de la Chambre des Communes, ‘‘et comme citoyen du Canada, pour ‘““brotester contre cette insulte lancée “à la face d'hommes d’un caractère ‘beaucoup plus élevé que celui du “Contrôleur des Douanes; dont la
“position est beaucoup plus noble “ns du Contrôleur des
Ausei, Monsieur, je ne vous le cache pas, j'éprouve beaucoup de reconnaissance pour eeux qui m'ont appelé à proposer cette adresse, surtout parce que cela me fournit l’avantage, comme citoyen de cette province, comme ami de notre re-
tté collègue, comme député de
Nicolet, de proclamer chaleureusement, à la suite de Sa Grandeur Monseigneur. Brunault, que jamais les Nicolétains n'ont oublié et que toujours ils se rappelleront ce que feu M. Devlin a fait pour Monseigneur Gravel, leur premier Evêque.
Ministre de la Colonisation, il fut l’ami sincère et dévoué du colon. Durant les dernières années de ea vie, miné par la terrible maladie qui devait l'emporter, on le vit entreprendre de pénibles voyages dans le but d'améliorer le sort de cette classe u’il affectionnait particulièrement.
râce à son zèle infatigable, la colonisation a progressé rapidement et, dans son administration, il a réalisé à la lettre cette belle parole: ‘“En fait de bien à répandre, le devoir ne cesse que où le pouvoir manque”’.
Généreux et bon, il s'est dévoué, il s’est sacrifié pour sa province, pour son pays; il est mort à la peine, et voilà pourquoi nous demandons à tous ceux qui l’ont aimé de laisser aujourd'hui se mêler à leur douleur les
regrets du pays.
Le Gouvernement à droit À toutes
nos félicitations pour lui avoir donné comme successeur son confident, son compagnon de chaque jour, peut-être son meilleur ami, le fils d'un des lus vaillants champions de la race rançaise en ce pays, Honoré Mercier.
Héritier d’un grand nom, l'honorable ministre de Colonisation saura, j'en suis convaincu, se montrer digne de l'importante mission qui lui est confiée, et il tiendra à honneur de consacrer ses efforts, son énergie, ses talents à la réalisation intégrale des patriotiques projets que son vénéré père avait formés pour assurer à notre province l'extension pacifique de sa place dans la Confédération.
MM. McKENZIE ET MITCHELL
Vous souvient-il, Monsieur, du conseil de Louis Veuillot ? ‘Si Dieu vous ‘‘disait: Quel don veux-tu? Comme ‘‘vous êtes tenus par la justice de “Dieu de ne demander pour vous que ‘“‘ce qui peut en vous être utile aux ‘autres, dites hardiment: Seigneur, la “largeur d’âmel”’
Je le rappelle bien respectueusement, feu McKenzie possédait à un degré suréminent ce don magnifique; ce fut là sa qualité maîtresse.
Appartenant à une minorité, il sut, par son esprit de tolérance, l’aménité de son caractère, l’activité qu'il mettait à rendre justice égale à tous et à respecter les droits de chacun, ca ter la confiance de ses concitoyens de race et de croyance différentes, tellement que, en 1912, il fut élu, dans le comté en majorité catholique et français de Richmond, à une pluralité de 1465 voix, obtenant 70 p. c. des suffrages donnés.
Voulez-vous connaître ses idées sur l'esprit qui doit dominer dans les relations des deux grandes races de ce pays? Elles sont exprimées dans l’extrait suivant du discours qu'il pronon-
a à l'inauguration du monument
ercier. Voici ce qu'il disait: ‘Les représentants des deux grandes races ue la volonté de la divine Provience a désignées pour vivre côte-àcôte dans cette grande province...
sont ici réunis, non seulement pour rendre hommage au nom de Mercier, le grand disparu, mais aussi pour attester de la vivante réalité d'un esprit fraternel triomphant des dissensions passées et supérieur aux étroites bornes qui séparent les races. Puisse cet esprit se perpétuer! Ce sera la plus grande gloire de notre pays.” Si Monsieur McKenzio a donné, toute sa vie, des preuves évidentes de sa largour d'âme, il faut bien reconnaître aussi que les citoyens du comté de Richmond l'ont traité, non sans raison avec beaucoup de magnanimité.
£t cette grandeur d'âme, ils l'ont manifestée à nouveau en acelamant son successeur, l'honorable trésorier qui, à plus d'un titre, méritait cet honneur. Nous apprécions à leur juste valeur ses connaissances légales, son aptitude aux affaires, son talent d'organisation, son esprit pratique, et ses qualités nous garantissent qu'il saura conduire à bonne fin les finances de la province.
Ce qui nous réjouit davantage, cendant, c'est de le savoir animé de a même largeur d'âme que son prédécesseur, et, vous me permettrez bien, Monsieur, de commetttre une indiscrétion, j'ai été profondément touché de la délicate attention qu'il a eue de
répondre en français au message de félicitations que je lui avais adressé lors de sa nomination.